ALENA: le Canada est bien préparé, selon Michel Leblanc

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Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Bien que l'on sache bien peu de choses de la position canadienne, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, voit d'un très bon oeil la façon dont le pays se prépare à la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

« Au niveau canadien, on se prépare bien, affirme Michel Leblanc. J'ai l'impression qu'on fait nos devoirs et qu'on prend l'exercice au sérieux. On va chercher l'avis des organisations, des entreprises, des experts. Les mouvements syndical et agricole sont mis à profit aussi. On ne peut pas se préparer mieux que ça. Au niveau provincial, le milieu des affaires est mobilisé. Raymond Bachand [négociateur en chef pour le Québec] parle à tout le monde. »

Résolument optimiste, M. Leblanc souligne le changement de ton au sud de la frontière. Le discours aux États-Unis s'est considérablement adouci, selon lui. « Quand j'ai vu sortir ce que le président américain a mis comme objectifs de négociation, ça me semblait raisonnable. Le secrétaire au Commerce [Robert Lighthizer] me semble quelqu'un qui a une très bonne tête et qui est très conscient de la valeur du commerce avec le Canada. »

La CCMM a dévoilé hier ses 11 recommandations au gouvernement canadien en vue de la modernisation du traité, que la Chambre juge nécessaire.

« Si c'est une modernisation, quant à nous, c'est bienvenu, soutient M. Leblanc. C'est une bonne chose. On ancre cet accord dans un contexte où il y a maintenant des transactions sur internet, une plus grande mobilité des travailleurs et la concurrence de la Chine. Il y a toutes sortes de raisons de revoir cet accord. »

MOBILITÉ DES TRAVAILLEURS

Dans son mémoire, la Chambre souhaite que les pays signataires s'inspirent de la récente entente avec l'Europe en incorporant, par exemple, des chapitres sur le commerce électronique et sur la mobilité des travailleurs.

« Actuellement, c'est compliqué, reconnaît M. Leblanc. Les gens de l'industrie des services qui vont aux États-Unis faire des propositions ou des suivis après-vente sont toujours dans des positions complexes où il faut un permis de travail ou pas. Ç'a toujours été compliqué, mais avant, il y avait moins d'entreprises qui faisaient des offres de services et il y avait moins de PME tournées vers l'étranger, mais qui n'ont pas toujours les moyens d'ouvrir un bureau de vente au sud de la frontière. »

CONCESSIONS CANADIENNES

La Chambre se montre intraitable sur le mécanisme de règlement des différends. M. Leblanc voudrait même qu'il soit renforcé en lui donnant les pouvoirs et les règles de fonctionnement d'un vrai tribunal. Les Américains, de leur côté, rêvent de le voir disparaître.

En contrepartie, le Canada pourrait jeter du lest en ouvrant les contrats accordés par les provinces, les municipalités et les sociétés d'État aux Américains et aux Mexicains, suggère la Chambre. Le pays pourrait aussi se rallier à la position américaine en matière de protection de la propriété intellectuelle.

Les négociations commencent formellement le 16 août à Washington.




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