Hausse du taux directeur: les gagnants et les perdants

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La Presse Canadienne
TORONTO

La Banque du Canada a haussé mercredi son taux d'intérêt directeur pour la première fois en près de sept ans, soulignant du coup la bonne tenue de l'économie depuis le début de l'année. Une hausse des coûts de l'emprunt peut avoir des conséquences notables pour les Canadiens, ainsi que pour les industries plus fortement exposées aux taux d'intérêt et l'économie dans son ensemble. Voici une liste des «gagnants» et «perdants» du nouvel environnement des taux d'intérêt.

Les banques

Depuis que la Banque du Canada a réduit le taux directeur de sa politique monétaire près de zéro dans la foulée de la crise financière de 2008, les banques canadiennes ont vu leurs marges nettes sur les intérêts - la différence entre l'argent qu'ils empochent avec les prêts qu'ils accordent et celui qu'ils versent aux épargnants - être soumises à une certaine pression.

«Avec les taux d'intérêt qui continuaient à diminuer, elles ne pouvaient plus réduire leurs coûts de financement», observe l'analyste John Aiken, de la banque Barclays.

Par exemple, les banques financent la plupart de leurs prêts à partir des dépôts des épargnants, et elles ne veulent pas réduire les taux d'intérêt de leurs comptes d'épargne en deçà de zéro, explique M. Aiken. La hausse des taux allégera une partie de la pression exercée sur leurs marges nettes sur les intérêts.

Les sociétés d'assurance vie

Un autre secteur qui devrait profiter de la hausse des taux est celui de l'assurance. Les sociétés d'assurance vie ont des obligations qui sont, par définition, à très long terme, mais l'horizon de leurs investissements a tendance à être à bien moins lointain.

«Conséquemment, dans un environnement de taux d'intérêt en hausse, au fur et à mesure que les taux des actifs sont modifiés, on obtient un meilleur rendement que celui originalement calculé lors de la rédaction des contrats», note M. Aiken.

Cela dit, les grandes sociétés canadiennes d'assurance vie sont davantage exposées aux taux d'intérêt américains qu'à ceux du Canada, ajoute M. Aiken.

Les propriétaires

Ceux qui doivent refinancer leur hypothèque verront leurs paiements grimper en moyenne de quelques dizaines de dollars par mois. Déjà, en raison des signaux envoyés par la Banque du Canada, certaines institutions financières avaient commencé à relever leurs taux fixes.

«Il pourrait leur en coûter en moyenne 375 $ de plus par année, calcule l'économiste en chef de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie. Au Canada, c'est plus élevé. On parle d'environ 1000 $.»

Ce scénario se base sur une hypothèque de 240 000 $ financée sur une période d'environ 25 ans.

L'économiste en chef de la Banque Laurentienne anticipe un autre resserrement monétaire d'ici la fin de l'année, ce qui pourrait faire grimper à 750 $ l'augmentation annuelle pour certains.

«La bonne nouvelle pour le Québec, c'est qu'il y a eu l'élimination de la taxe santé, qui retourne 500 $ dans les poches des consommateurs», explique M. Lavoie. La baisse des prix du pétrole se traduit aussi par une économie d'environ 500 $.

Les épargnants

Les Canadiens qui accumulent leur argent dans des comptes d'épargne ne devraient pas beaucoup profiter de la hausse des taux d'intérêt. En effet, les banques seront promptes à hausser les taux d'intérêt des prêts, sans faire progresser autant ceux des comptes d'épargne, explique M. Aiken.

Cependant, les rendements de plusieurs instruments à revenus fixes - comme les certificats de placement garantis (CPG) et les fonds des marchés monétaires - vont vraisemblablement augmenter. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les rentiers et les gens qui ont investi dans des actifs à revenus fixes.

Les régimes de retraite

Les régimes de retraite à prestations déterminées calculent la somme d'argent qu'ils doivent s'assurer de détenir pour pouvoir payer les prestations promises en utilisant les rendements des obligations à long terme. Plus les taux d'intérêt sont faibles, plus les entreprises doivent mettre de l'argent dans leurs régimes de retraite. Une hausse des rendements des obligations à long terme réduira les montants que devront réserver les régimes à prestations déterminées pour assurer leurs engagements futurs et allégera le fardeau des entreprises qui offrent de tels régimes de retraite à leurs travailleurs.

Les gouvernements

De plus hauts taux d'intérêt ne sont pas une bonne chose pour les gouvernements, qui sont habituellement des emprunteurs nets et conséquemment doivent payer plus pour le service de leur dette. Puisqu'une plus grande partie des revenus d'imposition est engagée pour les paiements d'intérêt de la dette, il reste moins d'argent pour les dépenses des programmes comme ceux de l'éducation et des soins de santé.




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