Trump lance sa plus virulente diatribe contre le Canada

Donald Trump s'est plaint des échanges commerciaux avec le... (Photo Jim Lo Scalzo, Archives AP)

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Donald Trump s'est plaint des échanges commerciaux avec le Canada dans trois domaines: le bois d'oeuvre, l'énergie et les produits laitiers.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
WASHINGTON

Le président américain Donald Trump a livré une autre attaque verbale contre le Canada - sa plus virulente jusqu'à maintenant.

M. Trump s'est plaint des échanges commerciaux avec le Canada dans trois domaines: le bois d'oeuvre, l'énergie et les produits laitiers.

Le président a indiqué qu'il en aurait plus long à dire au sujet de la négociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) d'ici quelques semaines, mais a laissé entendre qu'entre-temps, il allait durcir le ton.

«Nous ne pouvons pas laisser le Canada ou qui que ce soit d'autre profiter de la situation et faire ce qu'il a fait à nos travailleurs et à nos fermiers», a lancé M. Trump dans le bureau ovale.

«On inclut dans cela le bois d'oeuvre et l'énergie. Nous devrons nous asseoir à la table des négociations avec le Canada très, très rapidement.»

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Les détails auxquels il faisait référence demeurent nébuleux. En ce qui a trait à l'énergie, l'accord actuel garantit aux États-Unis un pourcentage fixe de la production de pétrole canadienne, sans frais d'importation. Pour ce qui est du bois d'oeuvre, les faibles prix du bois canadien ont permis de réduire les coûts des propriétés aux États-Unis, mais ont du même coup provoqué la colère de l'industrie américaine, qui accuse le Canada de faire du dumping.

M. Trump s'est montré plus clair au sujet des produits laitiers. Ses critiques lancées plus tôt cette semaine dans le Wisconsin étaient sans contredit dirigées vers les récentes modifications à la classification du lait et non vers l'enjeu à plus long terme du système de gestion de l'offre canadien.

«Le Canada, ce qu'il a fait à nos producteurs de lait, c'est disgracieux. C'est disgracieux, a-t-il avancé. Les règles, les réglementations, différentes choses ont changé - et nos fermiers du Wisconsin et de l'État de New York sont forcés de cesser leurs activités.»

Une taxe frontalière?

Au moment où ils s'apprêtent à amorcer des négociations sur le commerce cet automne, les États-Unis examinent la possibilité de poser d'autres gestes qui auront un impact au Canada.

Les États-Unis discutent ainsi de la possibilité d'imposer une taxe frontalière qui pourrait durement toucher certains produits importés, dont le pétrole canadien, source d'approvisionnement énergétique majeure au sud de la frontière.

Des décisions sont également attendues dans les prochaines semaines concernant les taxes sur le bois d'oeuvre canadien, un autre volet de la querelle qui divise une fois par décennie les producteurs canadiens et américains.

Donald Trump a fait ses plus récentes remarques au moment où il signait un décret présidentiel sur l'acier américain. Ses propos sont survenus alors qu'il venait de déclarer: «Je n'avais pas prévu faire ça», avant de se lancer dans une critique faisant écho aux remarques proférées cette semaine au Wisconsin.

Incidemment, l'un des invités dans son bureau pour la cérémonie de signature du décret était le président du syndicat des travailleurs de l'acier, Leo Gerard, un Canadien originaire de Sudbury, en Ontario.

Justin Trudeau veut discuter avec Washington

Justin Trudeau a rappelé jeudi que les États-Unis, comme bien d'autres pays, subventionnent leur industrie laitière et agricole à hauteur de plusieurs millions de dollars - si ce n'est de milliards.

Alors que le président américain, Donald Trump, adopte un ton plus grinçant face au Canada, le premier ministre a promis de continuer à protéger les producteurs agricoles - et notamment le système de gestion de l'offre - lors de futures négociations avec Washington.

«N'ayons pas la prétention que nous sommes dans un marché libre lorsqu'il est question d'agriculture», a déclaré M. Trudeau en entrevue avec l'agence américaine Bloomberg, juste avant que son homologue américain ne lance une nouvelle salve contre le Canada, cette fois du bureau ovale de la Maison-Blanche.

«Tous les pays protègent, pour une bonne raison, leur industrie agricole. Et nous avons un système de gestion de l'offre qui fonctionne très bien ici au Canada. (...) Les Américains et d'autres pays ont choisi de subventionner, pour plusieurs centaines de millions de dollars, sinon de milliards de dollars, leur industrie agricole, incluant celle des produits laitiers.»

M. Trudeau a estimé que les États-Unis jouissent actuellement d'un surplus commercial de 400 millions $ avec le Canada dans le secteur du lait. «Ce n'est donc pas le Canada qui pose un problème ici.»

Quelques minutes plus tard, Donald Trump s'est lancé dans une nouvelle attaque verbale contre les pratiques commerciales canadiennes et leur impact sur les intérêts américains.

M. Trump faisait écho et amplifiait les plaintes des gouverneurs du Wisconsin et de New York, qui estiment que la décision du Canada de créer une nouvelle catégorie de produits du lait a bloqué l'accès des producteurs américains au marché canadien.

M. Trudeau a pris connaissance des inquiétudes de ces deux États, mais a déclaré qu'il ne voulait pas réagir de manière excessive.

Il s'agissait des premiers commentaires de Justin Trudeau depuis que Donald Trump a critiqué l'industrie laitière canadienne, mardi, dans le Wisconsin.

L'ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, avait répliqué le même jour en écrivant aux gouverneurs de ces deux États pour leur dire que le Canada n'était pas à blâmer pour les difficultés de leurs fermiers, montrant plutôt du doigt la surproduction américaine et mondiale de lait.

«Toute conversation à ce sujet commence en reconnaissant les faits. Je comprends pourquoi certains gouverneurs tiennent un tel discours dans certains comtés. C'est de la politique», a déclaré M. Trudeau.

«Différents pays ont différentes approches et nous allons avoir une conversation appuyée sur les faits quant à la façon d'avancer pour protéger à la fois nos consommateurs et nos producteurs agricoles.»

- Avec Mike Blanchfield, La Presse canadienne

L'industrie laitière au Canada et aux États-Unis

- Le Canada compte environ 12 000 fermes laitières, avec 950 000 vaches.

- Près de 80 % du lait canadien est produit au Québec et en Ontario.

- Les États-Unis comptent plus de 49 000 fermes laitières, avec 9,3 millions de vaches.

- Les États de Californie, du Wisconsin et de New York sont les plus importants producteurs américains.

- Les fermes laitières canadiennes ont déclaré des revenus nets d'environ 6 milliards $ en 2015.

- Les fermes laitières américaines ont déclaré des revenus nets d'environ 34,2 milliards $ en 2016.

- Le gouvernement canadien estime que la balance commerciale entre les deux pays dans le secteur laitier est cinq fois plus avantageuse pour les États-Unis.

- Les exportations américaines de lait vers le Canada ont atteint 631,6 millions $ US en 2016.

- Les exportations canadiennes de lait vers les États-Unis ont atteint 112,6 millions $ en 2016.




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