ALÉNA: pas de panique au Canada

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Pierre Marc Johnson, avocat et négociateur québécois pour le traité de libre-échange Canada-Europe

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(Québec) Quel avenir pour l'Accord de libre-échange nord-américain avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche? La menace du nouveau président de mettre à la poubelle l'ALÉNA est reçue avec une bonne dose de scepticisme par ceux qui ont suivi les progrès du libre-échange Canada-États-Unis depuis 1988.

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Pierre Pettigrew, ex-ministre fédéral au Commerce international

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Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

Photo Alain Roberge, archives La Presse

Jean Charest

ancien premier ministre du Québec  

À Ottawa comme à Québec, Jean Charest a toujours été un ardent défenseur du libre-échange. L'arrivée de Trump, « c'est l'inconnu, personne ne peut savoir, c'est plein de risques, mais il y a aussi de belles opportunités ». Sur l'ALÉNA, « ses commentaires visaient surtout le Mexique, et non le Canada. Si le traité était annulé, on retomberait à l'entente de libre-échange Canada - États-Unis de 1988, on ne tombe pas dans le vide. Ce n'est pas la fin du monde. Trump n'a pas réfléchi là-dessus, ses conseillers vont lui apprendre ce qui va arriver s'il "scrappe" l'ALÉNA ». Les chaînes de production sont étroitement imbriquées au-delà des frontières, « au Mexique, 40 % de ce qui est exporté aux États-Unis est composé de pièces manufacturées aux États-Unis », relève l'ancien premier ministre.

Pierre Pettigrew

ex-ministre fédéral au Commerce international  

Quand il parle d'abolir l'ALÉNA, le président Trump « n'a jamais mentionné le Canada ». Une fois au pouvoir, le président « va voir que le Congrès, les Paul Ryan de ce monde sont très favorables aux échanges commerciaux ». Une renégociation peut permettre « d'améliorer éventuellement l'ALÉNA. Il a joué son rôle pour gagner l'élection, je ne suis pas paniqué du tout. Il faut être vigilant, voir qui va diriger son équipe de transition », estime M. Pettigrew, joint à Calgary. L'abolition de l'Obamacare, qui protège 20 millions d'Américains moins fortunés, n'aura pas d'impact ici et n'entraînera pas à la baisse les programmes sociaux canadiens, croit-il. Sur l'énergie, « les signaux sont beaucoup plus positifs, prenons les bonnes nouvelles aussi ! »

Pierre Marc Johnson

avocat et négociateur québécois pour le traité de libre-échange Canada-Europe  

« M. Trump a mentionné une remise en question [de l'ALÉNA] dans un contexte électoral que l'on connaît, qui était accompagnée de beaucoup d'autres affirmations. Je pense qu'il est prématuré de penser qu'il se passera quoi que ce soit. [...] C'est impossible à anticiper. Et il faut dire que ce n'est pas la première fois que la notion de remise en cause de l'ALÉNA est soulevée. »

Carl Grenier

ex-sous-ministre à l'Économie à Québec et spécialiste des ententes commerciales  

Proche des négociations sur le libre-échange Canada-États-Unis pour le gouvernement du Québec, Carl Grenier ne croit pas que l'impact sur les exportations québécoises et canadiennes sera important. « M. Trump a parlé en généralités. C'est le style des candidats aux États-Unis, mais il va entrer maintenant dans les détails et voir que l'abolition de l'accord va désavantager les entreprises américaines. »  Il vise plus le Mexique que le Canada. « C'est assez curieux, il imagine que les négociateurs mexicains ont été meilleurs que les Américains. Or quiconque a négocié avec les Américains peut vous dire que ce n'est jamais le cas. Ils sont retors, se servent de leur poids, de leur marché. Ils déterminent les règles du commerce depuis 1945 », observe M. Grenier. « Tout est tellement enchevêtré qu'on ne peut penser qu'on peut détricoter ce qu'on veut en tirant sur un fil. S'ils pensent qu'il peuvent se retirer dans leur coquille, ils vont voir qu'ils vont se faire mal aussi. »

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