Investissements en R et D: le Canada au fond du classement

Selon des statistiques de l'OCDE publiées hier, le... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Selon des statistiques de l'OCDE publiées hier, le Canada a investi 1,6 % de son PIB en R et D en 2014, loin derrière des pays comme la Corée du Sud (4,29 %), Israël (4,11 %) et le Japon (3,58 %).

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Le Canada fait piètre figure en matière d'investissements en recherche et développement (R et D). La part du PIB qui y est consacrée a reculé pour la cinquième année consécutive au pays, lequel se retrouve maintenant loin de la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon des statistiques de l'OCDE publiées hier, le Canada a investi 1,6 % de son PIB en R et D en 2014, loin derrière des pays comme la Corée du Sud (4,29 %), Israël (4,11 %) et le Japon (3,58 %). La Chine, qui partait de loin, connaît un essor fulgurant et vient de coiffer l'Union européenne avec des investissements massifs qui totalisent 2 % de son économie. La moyenne de l'OCDE se situe à 2,37 %. Les chiffres incluent autant les investissements publics que ceux faits par les entreprises.

« C'est inquiétant pour le Canada. Dans le monde concurrentiel d'aujourd'hui, l'innovation n'est pas un choix, mais une obligation. Il faut absolument établir un plan cohérent, en assurer la pérennité et le financer », dit Pascal Monette, directeur général de l'Association pour le développement de la recherche et de l'innovation du Québec (ADRIQ).

« La tendance n'est clairement pas à la hauteur des attentes », constate aussi Albert De Luca, associé et leader national du groupe mondial R et D et incitatifs gouvernementaux chez Deloitte. Selon lui, le manque d'investissements en recherche condamne l'économie canadienne à fluctuer au gré des prix des ressources naturelles.

« Nous perdons en autonomie. Ça nous condamne à espérer que le prix des métaux sera bon, que le dollar sera favorable... On espère des choses qui sont hors de notre contrôle. » - Albert De Luca, Deloitte

COMPÉTENCES DES TRAVAILLEURS

« Année après année, on fait beaucoup de déclarations sur le fait qu'il faut se tourner vers l'innovation, continue M. De Luca. Mais quand on regarde les mesures qui sont mises en vigueur, on constate soit qu'elles sont retardées pour des raisons budgétaires, soit qu'elles ne sont pas assez significatives pour avoir un impact. »

Pascal Monette, de l'ADRIQ, implore le gouvernement québécois d'investir en innovation malgré le contexte budgétaire difficile. Il parle notamment de développer les compétences des travailleurs et d'investir dans les infrastructures numériques ou la propriété intellectuelle.

« On dit toujours qu'il y a une colonne de revenus et une colonne de dépenses, mais je crois qu'il y en a une troisième : celle des dépenses qui rapportent des revenus à terme. L'OCDE le dit noir sur blanc : investir en recherche et en innovation rapporte aux économies qui le font », dit-il.

POURCENTAGE DU PIB INVESTI EN R ET D

CORÉE DU SUD 4,3 %

ISRAËL 4,1 %

JAPON 3,6 %

SUÈDE 3,2 %

ALLEMAGNE 2,8 %

ÉTATS-UNIS 2,7 %

FRANCE 2,3 %

CHINE 2,0 %

CANADA 1,6 %

RUSSIE 1,2 %

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