Libre-échange Canada-UE: marché conclu d'ici la fin du mois

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Le président de la Commission européenne, José Manuel... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rencontré le premier ministre Stephen Harper à Saint-Pétersbourg, en marge du sommet du G20 au début de septembre, ce qui aurait donné un coup de pouce au projet de libre-échange Canada-Union européenne.

(OTTAWA) Après plus de quatre ans de négociations, le Canada et l'Union européenne ont réussi à surmonter la presque totalité des obstacles qui empêchaient la conclusion d'un ambitieux traité de libre-échange transatlantique.

Et à moins d'un revirement de taille de dernière minute, le gouvernement Harper et la Commission européenne devraient annoncer d'ici à la fin du mois d'octobre avoir la conclusion d'un accord final, ont indiqué plusieurs sources à La Presse.

L'optimisme est tel dans les rangs canadiens que l'on se prépare déjà à vanter les mérites de cet accord non seulement au pays, mais aussi dans certaines capitales européennes, dont Bruxelles, siège de l'Union européenne.

Harper s'en mêle

La décision du premier ministre Stephen Harper de mettre son grain de sel dans les négociations a fait passer ce dossier en cinquième vitesse, selon nos informations. À deux reprises au cours du dernier mois, M. Harper a rencontré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, d'abord à Saint-Pétersbourg, en marge du sommet du G20, au début de septembre, et la semaine dernière à New York, en marge de l'assemblée générale des Nations unies.

«La décision de Stephen Harper de prendre ce dossier en main a véritablement changé la donne. Il fallait que le leadership politique joue un rôle dans les négociations pour qu'elles aboutissent. La majorité des obstacles à une entente a été surmontée. Et une entente devrait être annoncée d'ici la mi-octobre», a indiqué une source qui suit ces négociations de près ayant requis l'anonymat.

Dans le passé, les deux parties n'arrivaient pas à s'entendre sur l'accès au marché européen pour les producteurs canadiens de boeuf et de porc. Il y avait aussi des différends sur les services financiers, les médicaments et les appels d'offres des gouvernements provinciaux.

Plan de communication en préparation

Une autre source a indiqué que les négociations sont à toutes fins utiles terminées et que le gouvernement canadien planche actuellement sur un plan de communication pour expliquer les tenants et aboutissants de l'accord, le plus important jamais conclu par le Canada. Le 18 octobre aurait d'ailleurs été encerclé sur le calendrier comme date possible de l'annonce, mais rien n'est encore coulé dans le béton.

«Les négociateurs sont en train d'attacher les dernières ficelles. Ce n'est qu'une question de jours avant que l'annonce soit faite. Ce sera évidemment une entente de principe, sujette à approbation par les provinces et par les pays membres de l'Union européenne», a indiqué cette source proche des négociations.

Si le calendrier prévu est respecté, un accord pourrait être annoncé tandis que le gouvernement Harper énoncerait ses priorités dans un nouveau discours du Trône qui sera présenté le 16 octobre.

Le pessimisme, qui prévalait il y a deux mois à peine, a donc fait place à un optimisme prudent du côté des autorités canadiennes.

«Il y a un maintenant un contact et un canal de communication directe au plus haut niveau [des deux côtés de l'Atlantique]", a indiqué une source gouvernementale.

Au bureau du ministre du Commerce international, Ed Fast, on refuse toutefois encore de sabler le champagne, du moins publiquement. «Le propre de toute négociation est qu'il n'y a pas d'accord tant que tout n'est pas conclu. Dans ce sens, les négociations se poursuivent sur les enjeux en suspens, qui touchent tous les secteurs de l'économie canadienne», a affirmé Rudy Husny, proche collaborateur du ministre Fast.

«Notre objectif est clair: avoir le meilleur accès au marché européen, un marché de 500 millions de consommateurs, ce qui profiterait grandement à toutes les régions du Canada», a-t-il ajouté.

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QUATRE RAISONS POUR LESQUELLES CET ACCORD EST IMPORTANT

1) Le Canada deviendrait le premier pays industrialisé à conclure un accord de libre-échange avec l'Union européenne. Le Mexique (1997) et le Chili (2002) ont déjà un accord avec l'UE.

2) L'accord envisagé est le plus ambitieux jamais négocié par le Canada. Il doit notamment donner un accès aux marchés publics des provinces.

3) Les provinces ont participé aux négociations. Le représentant du Québec à la table des négociations est l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson.

4) Cet accord pourrait être le legs économique de Stephen Harper. Le gouvernement conservateur multiplie les efforts pour conquérir de nouveaux marchés afin de réduire la dépendance économique du Canada envers les États-Unis.

12 MILLIARDS

Les retombées économiques par année d'un accord pour le Canada

500 MILLIONS

Le nombre de consommateurs européens

10

Le nombre de traités de libre-échange conclus par le Canada avec divers pays, le plus important étant l'Accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique.

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