Nouveau syndicat Unifor: le président veut transformer le mouvement ouvrier

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Jerry Dias, vice-président de TCA, a été choisi... (PHOTO GALIT RODAN, PC)

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Jerry Dias, vice-président de TCA, a été choisi samedi au congrès de fondation d'Unifor, né de la fusion de TCA et du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).

Jeff Mackay
La Presse Canadienne
TORONTO

Jerry Dias, le nouveau président du plus récent - et plus gros - syndicat du secteur privé du Canada, espère que son nouveau poste l'aidera à changer la face du mouvement ouvrier canadien.

Les Travailleurs et travailleuses canadien(ne)s de l'automobile (TCA) et du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) ont fusionné pour former un nouveau groupe appelé Unifor.

M. Dias, vice-président de TCA, a été élu avec près de 87% des voix samedi au congrès de fondation d'Unifor à Toronto, qui a réuni environ 4000 personnes.

«Unifor est là parce qu'il est temps d'arrêter de jouer de façon défensive et de commencer à se porter à l'attaque», a déclaré M. Dias dans un discours inaugural enflammé. «Il est temps d'arrêter de réagir et de commencer à établir une stratégie.»

M. Dias a semblé particulièrement intéressé par les relations des travailleurs avec le gouvernement.

«Le gouvernement conservateur a décidé de mettre à l'épreuve notre droit démocratique d'organiser et de récolter des cotisations syndicales. Ils isolent les syndicats. Ils attaquent nos finances. Ils attaquent notre capacité à représenter nos membres», a dit M. Dias.

«Aujourd'hui, il faut déjouer le statu quo et s'assurer que le gouvernement rencontrera un formidable ennemi s'il décide, en effet, de s'en prendre au mouvement syndical ouvrier.»

L'une des prochaines batailles entre le gouvernement et Unifor pourrait toucher le secteur des télécommunications. M. Dias a déclaré être fortement opposé à la possible venue de Verizon sur le marché canadien, affirmant que cela mettrait à risque beaucoup d'emplois.

L'homme de Burlington, en Ontario, a soutenu qu'il tiendrait la promesse d'Unifor de dédier 10% de ses revenus à l'organisation d'espaces de travail et au recrutement de nouveaux membres.

Il a aussi affirmé qu'Unifor accueillerait des travailleurs qui sont habituellement exclus des négociations collectives et qu'il chercherait d'autres moyens créatifs et ambitieux pour grossir ses rangs.

La majeure partie de cette stratégie serait de tirer profit du mécontentement des jeunes chômeurs.

«Les jeunes d'aujourd'hui meurent d'envie de se syndiquer», a affirmé M. Dias, citant le soulèvement des étudiants québécois et le mouvement Occupons en exemple.

«Les jeunes en ont assez, ils voient que la société les laisse derrière et ils ne l'accepteront pas.»

Au Québec

La section québécoise d'Unifor sera dirigée par Michel Ouimet, également vice-président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le bureau exécutif national d'Unifor comptera aussi trois autres Québécois : Marcel Rondeau, président du conseil québécois; Jean-Pierre Lafond, représentant du conseil de la foresterie; et Marc Rousseau, représentant du conseil des communications.

S'adressant aux délégués au congrès de Toronto, M. Ouimet a rappelé l'importance de l'action collective dans la syndicalisation.

«C'est ensemble, déterminés et impliqués que nous pouvons faire avancer nos droits, améliorer nos emplois et nous battre pour une société juste et équitable», a-t-il déclaré.

Le président national de TCA, Ken Lewenza, et le président du SCEP, Dave Coles, croient que l'organisation avait besoin d'un nouveau leadership.

Ils soulignent aussi le besoin de diversifier et d'élargir l'origine professionnelle de leurs membres.

«Ce congrès s'adresse à tous les travailleurs du pays, particulièrement à ceux qui travaillent dans des conditions précaires, qui sont exploités par leur employeur, qui ne peuvent vivre décemment parce que leurs patrons s'emplissent les poches avec les profits de leurs compagnies et corporations», a affirmé M. Coles dans un discours.

Le syndicat représentera pour l'instant 300 000 travailleurs oeuvrant dans environ 20 secteurs de l'économie, principalement dans la fabrication, les communications et les transports. Il représentera aussi certains employés des secteurs publics de la santé, de l'éducation et du transport.

«Nous reconnaissons que nous parlons au nom de 300 000 membres (...), mais dans les délibérations aujourd'hui, nous parlons de 30 millions de Canadiens, qui ont droit aux soins de santé, droit aux services à l'enfance et droit à de bons services publics», a déclaré M. Lewenza.

TCA et le SCEP ont voté l'an dernier pour fusionner, dans l'espoir de raviver le mouvement ouvrier national.

Les autorités ont affirmé que la nouvelle identité démontre que le syndicat cherche à élargir son champ d'action.

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