Le successeur de Mark Carney devra être bilingue

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Jim Flaherty, ministre fédéral des Finances, et Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada.

Ottawa doit trouver un successeur à Mark Carney, l'actuel gouverneur de la Banque du Canada, qui deviendra en juillet prochain gouverneur de la très influente Banque d'Angleterre.

Selon le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty, qui nomme le gouverneur de la Banque du Canada sur recommandation de son conseil d'administration, le bilinguisme sera une «condition essentielle» pour obtenir le poste.

Au cours du dernier processus de sélection en 2007 ayant mené au choix de Mark Carney, le bilinguisme était aussi une condition essentielle. «C'était une condition essentielle en 2007 et c'en est toujours une», a dit la directrice des communications du ministre Flaherty, Mary Ann Dewey-Plante.

Il y a un an, le gouvernement Harper a nommé un vérificateur général (Michael Ferguson) et deux juges de la Cour suprême (Michael Moldaver et Marshall Rothstein) unilingues anglophones. Depuis sa création en 1934, aucun francophone n'a dirigé la Banque du Canada (les huit gouverneurs étaient tous anglophones).

À Québec, le gouvernement Marois estime que le prochain gouverneur de la Banque du Canada doit être bilingue, mais pas nécessairement francophone.

«Il y a beaucoup de très bons candidats québécois francophones, mais la première qualité à rechercher, c'est d'être un bon économiste et d'avoir un bon jugement, dit le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau. M. Carney a fait un travail impeccable. La preuve qu'il faut se fier aux qualités (d'économiste), c'est qu'il a été embauché à la Banque d'Angleterre malgré le fait qu'il ne soit pas citoyen britannique. Le bilinguisme est nécessaire et comme il y a beaucoup d'excellents candidats bilingues, ça ne sera pas une difficulté (de trouver un gouverneur bilingue).»

La Banque du Canada ne pouvait pas donner de détails hier sur les critères de sélection du prochain gouverneur, puisque le départ de Mark Carney n'était pas prévu. Le conseil d'administration de la Banque du Canada se réunira la semaine prochaine. Même si le bilinguisme n'est pas un critère de sélection du gouverneur dans la loi, il était une «condition essentielle» en 2007. Les deux derniers gouverneurs de la Banque du Canada (David Dodge et Mark Carney) étaient bilingues.

Parmi les candidats à la succession de Mark Carney, le premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, est né à Montréal et est capable de faire des entrevues en français, même si son français est parfois hésitant.

Un autre prétendant, l'économiste Don Drummond (ex-haut fonctionnaire du ministère des Finances et ex-économiste en chef de la Banque TD), est bilingue. Le Québécois Jean Boivin a aussi des états de services intéressants pour obtenir le poste (il a été sous-gouverneur de la Banque du Canada avant d'accepter le mois dernier un poste de sous-ministre adjoint aux Finances), mais il n'a que 42 ans (Mark Carney avait été nommé très jeune, à 43 ans).

Jean Boivin a fait son doctorat à Princeton en 2000 sous la direction d'un professeur qui a depuis quitté le milieu universitaire: Ben Bernanke, maintenant président de la Réserve fédérale américaine.

Hier, le quotidien torontois The National Post spéculait sur un autre candidat potentiel à la succession de Mark Carney: le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty, qui a été contredit par le premier ministre Stephen Harper il y a deux semaines au sujet de la date du déficit zéro. Le français du ministre Flaherty est hésitant, mais il est capable de lire des déclarations en français.

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