Conrad Black se trouve à Toronto

Conrad Black et sa femme Barbara Amiel à... (Photo : Mark Blinch, Reuters)

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Photo : Mark Blinch, Reuters

Conrad Black et sa femme Barbara Amiel à leur arrivée à leur domicile de Toronto, vendredi.

Andy Blatchford et Paola Lorrigio
La Presse Canadienne
Miami

L'homme d'affaires déchu Conrad Black a été aperçu à sa résidence de Toronto vendredi, quelques heures seulement après avoir été libéré de prison en Floride.

M. Black a été incarcéré pendant 42 mois après avoir été reconnu coupable de fraude et d'entrave à la justice.

Des journalistes ont aperçu l'ancien magnat de la presse au moment où il était accueilli à la porte par sa femme Barbara Amiel.

M. Black et sa conjointe ont pris le temps d'échanger un baiser parmi les arbres en fleurs avant de rentrer à l'intérieur.

Mme Amiel est plus tard ressortie par la porte principale, mais avait peu de choses à dire aux journalistes sur l'état de santé de son mari.

«Cela n'a pas été facile, mais il ira bien, merci beaucoup. Soyez gentils avec mes chiens», a-t-elle déclaré.

Black se trouvait probablement dans un convoi de trois véhicules qui a quitté le Federal Correctional Institute de Miami vers 8 h 15, vendredi matin.

Des journalistes canadiens et américains ont constaté le départ rapide du convoi.

«Plus tôt aujourd'hui vendredi, une équipe du département américain de l'Immigration et des Services frontaliers ont ramené M. Conrad Black au Canada en accord avec l'ordre final de transfert», ont indiqué des responsables par voie de communiqué.

Il a ensuite été aperçu un peu avant 14 h à sa somptueuse résidence de Bridle Path, à Toronto.

M. Black avait renoncé à sa citoyenneté canadienne en 2001 pour accepter un titre de lord anglais, mais le gouvernement fédéral lui a accordé un permis de séjour temporaire d'un an.

L'ex-magnat des médias avait été envoyé en prison en lien avec des transactions commerciales effectuées alors qu'il était à la tête de l'empire de presse Hollinger. Il devait au départ purger une peine de 78 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'un total de quatre accusations par un jury de Chicago.

Le procès d'une durée de quatre mois a tourné autour des plaintes des actionnaires, qui affirmaient avoir été dépouillés de 6,1 millions $.

M. Black a passé la première partie de sa peine - environ deux ans et demie - au Coleman Federal Correctional Complex, en Floride. Il a ensuite été libéré sous caution en 2010 après qu'une cour d'appel eut renversé deux de ses trois condamnations pour fraude. L'homme est finalement retourné en prison en septembre dernier pour compléter sa peine réduite de 42 mois à Miami.

Le fait que le plus célèbre des barons canadiens de la presse était libéré de prison n'a pas semblé émouvoir la ville de Floride plus que nécessaire. Le Miami Herald a consacré une brève à l'affaire jeudi, mais rien le lendemain. Plusieurs habitants de l'endroit, lorsqu'interrogés à propos de M. Black, ont dit n'avoir jamais entendu parler de lui, bien loin des grands titres parus au Canada à l'annonce de sa libération à venir.

Au cours des journées précédant sa libération, Conrad Black soulevait en effet déjà les passions dans son pays d'origine.

Deux jours de vifs débats ont eu lieu à la Chambre des communes lorsqu'il a été annoncé que M. Black avait reçu une exemption temporaire des conditions strictes qui gardent habituellement les criminels loin du territoire canadien. Le leader du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a ainsi accusé les conservateurs d'avoir offert à M. Black un traitement de faveur en lui accordant la permission de revenir au pays, mais le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration Jason Kenney a insisté sur le fait que la décision d'approuver la demande de résidence temporaire de M. Black n'avait rien à voir avec de l'ingérence politique.

Conrad Black, originaire de Montréal, possédait autrefois un empire valant des centaines de millions de dollars et comprenait des journaux canadiens, américains et européens. M. Black a déclaré lors d'une entrevue l'an dernier que son premier passage en prison, lors duquel il a nettoyé des toilettes et encadré d'autres détenus, l'avait rendu plus «humble».

En tant qu'ancien dirigeant de Hollinger, M. Black contrôlait une entreprise médiatique regroupant entre autres le Daily Telegraph de Londres et le Chicago Sun-Times.

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