Des victimes d'Earl Jones à la rencontre du patron de RBC
Photo: François Roy, La Presse
Une assemblée générale des victimes du conseiller financier Earl Jones a eu lieu hier à Pierrefonds. Une cinquantaine d'entre eux doivent se rendre demain au siège social de la Banque Royale du Canada, à Toronto.
Le livre contient une soixantaine de lettres personnelles rédigées par des victimes d'Earl Jones. Leurs auteurs les ont envoyées l'été dernier à Gordon Nixon pour raconter leur histoire personnelle.
«Il n'a jamais répondu aux lettres», a déploré hier Ginny Nelles en marge de l'assemblée générale des victimes d'Earl Jones, qui a eu lieu dans une église de Pierrefonds.
«Nous avons simplement reçu des lettres formelles des avocats de la banque qui disaient ne pouvoir parler des cas personnels à cause du recours collectif», a ajouté Mme Nelles, porte-parole du groupe.
En février, les victimes d'Earl Jones ont intenté un recours collectif contre la Banque Royale, chez qui Earl Jones avait un compte en fidéicommis. Elles réclament 40 millions à l'institution.
Sue Brown, 66 ans, entend se rendre à Toronto demain. «J'ai travaillé pendant 15 ans pour les finances d'une entreprise et j'étais très proche de l'industrie bancaire. Pour moi, il n'y a pas de doute: les règlements n'ont pas été suivis.»
Mme Brown estime que la Banque Royale a fait preuve de laxisme en laissant Earl Jones encaisser les chèques de ses clients.
«Il a imité ma signature à plusieurs reprises pour prendre mes épargnes de retraite et mon assurance vie», a confié Sue Brown, qui soutient avoir perdu 250 000$ dans le scandale. Elle risque aujourd'hui de perdre sa maison de Beaconsfield.
Christiane Jackson, de Montréal, affirme qu'Earl Jones a imité sa signature pour encaisser quatre chèques totalisant 447 000$. Le financier déchu les aurait déposés à sa succursale de la Banque Royale, dans l'Ouest-de-l'Île.
«Quelqu'un arrive avec un chèque de 200 000$ et veut l'encaisser. La moindre des choses, c'est de regarder si la signature est bonne», a-t-elle dit.
À l'approche de Noël, les temps sont durs pour les victimes d'Earl Jones. «C'est une période très difficile, a convenu Sue Brown. Quand nous allons dans un magasin, nous pensons à nos petits-enfants et aux cadeaux que nous ne pourrons leur offrir.»
Les parents de ses quatre petits-enfants l'aident en achetant des cadeaux à sa place et en signant son nom sur les boîtes. «C'est très humiliant, mais j'ai le choix entre acheter des cadeaux ou faire l'épicerie», a-t-elle dit.
Earl Jones a reçu une peine de 11 ans de prison en janvier. Environ 150 victimes soutiennent avoir perdu un total de 75 millions.
De 1981 à 2008, le financier a placé tous les fonds de ses clients dans son compte de la Banque Royale, dans lequel il puisait pour ses fins personnelles. La poursuite soutient que la banque était au courant des irrégularités sur ce compte depuis au moins 2001.
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