GM a «déclaré la guerre au Canada», dit Unifor

General Motors a «déclaré la guerre au Canada» en menaçant de déménager une... (PHOTO DAVID GOLDMAN, ARCHIVES AP)

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David Paddon
La Presse Canadienne
Toronto

General Motors a «déclaré la guerre au Canada» en menaçant de déménager une plus grande partie de la production du véhicule utilitaire sport Equinox de l'Ontario vers le Mexique, a indiqué jeudi le président national du syndicat Unifor, Jerry Dias.

Selon M. Dias, le constructeur automobile a brutalement informé le syndicat, mercredi, que la production de l'Equinox serait augmentée au Mexique et que celle de l'usine CAMI à Ingersoll, en Ontario, serait réduite si la section locale 88 du syndicat poursuivait la grève qu'elle a entamée il y a 25 jours.

Le chef syndical a estimé que General Motors voulait profiter de la faiblesse des salaires des travailleurs mexicains au détriment des travailleurs mieux payés du Canada et des États-Unis, comme permis par l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

«General Motors a vraiment déclaré la guerre au Canada», a déclaré M. Dias lors d'un entretien téléphonique depuis Washington, DC, où les négociations sur l'ALÉNA se déroulent. «GM nous dit - et dit au Canada - qu'il va augmenter la production au Mexique et qu'il va inonder le marché nord-américain d'automobiles construites au Mexique.»

Un porte-parole de GM - qui a demandé l'anonymat parce que l'entreprise n'aime pas commenter en période de négociations - a expliqué dans un entretien que le constructeur ne voyait pas d'autre possibilité que celle d'explorer d'autres options de production. Selon lui, c'est ce qui a été dit à M. Dias mercredi.

L'entreprise dit ne pas pouvoir accéder à la demande du syndicat de garantir des investissements et la sécurité d'emplois parce que ces questions font partie de dossiers commerciaux à plus long terme.

«Nous avons été très clairs dès le début en indiquant que ce sont des questions commerciales à long terme et des questions de marché pour lesquelles nous ne serons pas en mesure de nous engager», a affirmé le porte-parole.

Jerry Dias a précisé qu'Unifor ne baisserait pas les bras au sujet de l'usine CAMI et a suggéré que le syndicat pourrait élargir ses efforts pour défendre les emplois dans l'ensemble du secteur automobile ontarien.

Aux yeux de M. Dias, la situation à l'usine CAMI est un parfait exemple d'une tendance qui se poursuit depuis des années - GM ajoute des usines au Mexique et ferme des installations au Canada et aux États-Unis.

«C'est le côté sombre de l'ALÉNA, ce dont les gens ne veulent pas parler. Les travailleurs mexicains sont exploités et, en conséquence, nous perdons des centaines et des centaines de milliers d'emplois manufacturiers au Canada et aux États-Unis. Cela doit cesser.»

Le chef syndical s'exprimait alors que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, entamait une visite officielle au Mexique et que les négociateurs des deux pays poursuivaient les négociations sur l'ALÉNA avec les États-Unis, à Washington.

Plus tôt cette semaine, M. Trudeau a rencontré des politiciens et des chefs d'entreprises dans la capitale américaine dans le cadre de la stratégie canadienne de négociation sur l'ALÉNA.




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