Le déclin des ventes de GM, Ford et Fiat Chrysler se poursuit aux É.-U.

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Le «Big Three» - General Motors, Ford et FCA US, ex-Chrysler - pâtissent principalement d'une saturation du marché, qui plafonne après huit années consécutives de hausse, selon les experts.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
New York

Le déclin des ventes des trois grands constructeurs automobile américains s'est poursuivi en juin, confirmant que 2017 pourrait marquer la première année de recul de nouvelles immatriculations depuis 2009.

Le «Big Three» - General Motors, Ford et FCA US, ex-Chrysler - pâtissent principalement d'une saturation du marché, qui plafonne après huit années consécutives de hausse, selon les experts.

En juin, GM n'a vendu que 243 155 voitures, en baisse d'environ 5% sur un an, contre une baisse de seulement 1,8% prévue par les analystes. Les chiffres officiels, publiés par le cabinet Autodata, sont attendus en fin de journée.

Après une hausse-surprise en mai, les ventes de Ford sont reparties à la baisse, accusant un déficit de 5,1% à environ 227 979 véhicules écoulés, tandis que FCA US a vu les siennes diminuer de 7,4% à 202 421 unités. Le recul est toutefois moindre que ce qui était redouté: soit 5,5% pour Ford et -10% pour Fiat Chrysler.

Outre la baisse de la demande, le mois de juin est traditionnellement une période difficile pour l'industrie automobile dans l'ensemble parce qu'il est intercalé entre le jour férié de «Memorial Day» en mai et la fête nationale américaine du 4 juillet. Les constructeurs ont tendance à faire de grosses promotions pendant ces deux événements pour attirer les ménages.

Production réduite

Les experts s'attendent en conséquence à ce que juin soit le quatrième mois consécutif de recul des ventes de véhicules neufs et s'inquiètent par ailleurs d'une hausse des stocks.

Les ventes pour l'ensemble de l'industrie exprimées en rythme annuel corrigé des variations saisonnières (SAAR) devraient s'établir entre 16,3 et 16,6 millions de véhicules, en baisse en moyenne de 2,3% sur un an et 2,3% comparé à mai dernier, selon les analystes de Kelley Blue Book et ceux d'Edmunds.com.

«Le marché automobile est en train de montrer de sérieux signes de faiblesse», estime Jessica Caldwell, chez Edmunds. «Même les VUS (4X4 de ville, NDLR), ne sont plus à l'abri d'une baisse de la demande», ajoute-t-elle.

Autre signe que le tableau d'ensemble est morose: après avoir longtemps résisté, GM a finalement admis la semaine dernière que 2017 allait sans doute marquer la première année de recul des ventes depuis 2009 en révisant à la baisse ses prévisions.

«Les ventes du marché américain sont modérées du fait d'un recul général (...) dans le segment des locations journalières», explique lundi Mustafa Mohatarem, chef économiste chez GM.

Il se veut néanmoins optimiste pour la seconde moitié de l'année, en raison de fondamentaux économiques «clairement positifs»: taux de chômage bas et une consommation des ménages américains solide.

Mais de l'avis de nombreux observateurs, les constructeurs automobiles présents aux États-Unis vendront en 2017 moins de 17,55 millions de voitures, record établi en 2016. C'est le cas de Tim Fleming chez Kelley Blue Book, qui fait remarquer que les constructeurs sont en train de réduire leur production pour l'ajuster à une «faible» demande.

«Tout ceci cimente le fait que 2017 sera une année de baisse», en conclut-il.

Lors du mois dernier, les constructeurs étrangers ont réussi, eux, à tirer leur épingle.

Toyota, le quatrième meilleur vendeur de voitures aux États-Unis, a écoulé 202 376 automobiles, en hausse de 2,1% sur un an, malgré un plongeon de 5,4% pour sa marque haut de gamme Lexus. Nissan a enregistré une hausse de 2% de ses ventes et Honda une légère progression de 0,8%.

Le groupe allemand Volkswagen poursuit son retour en grâce auprès des consommateurs, avec un bond de 15% de ses ventes, signe qu'il a tourné commercialement la page des logiciels conçus pour truquer les normes de pollution américaines.




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