Ford annule la construction d'une usine au Mexique à cause de Trump

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Cette annonce intervient alors que le président désigné américain Donald Trump accentue sa pression sur les grands groupes américains afin qu'ils rapatrient leurs usines aux États-Unis, prenant tout particulièrement plus cible leurs investissements au Mexique.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
New York

Le groupe automobile américain Ford a annoncé mardi annuler la construction d'une nouvelle usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique afin d'investir dans une de ses installations dans le nord des États-Unis pour y fabriquer véhicules autonomes et électriques.

Cette annonce intervient au moment où le président désigné américain Donald Trump accentue sa pression sur les grands groupes américains afin qu'ils rapatrient leurs usines aux États-Unis, prenant tout particulièrement pour cible leurs investissements au Mexique.

Deuxième groupe automobile américain, Ford semble avoir entendu le message en revenant sur sa décision annoncée en avril de construire une usine à San Luis Potosí, au centre du Mexique, où il devait créer 2800 emplois directs et investir 1,6 milliard de dollars.

Dans un communiqué, le groupe assure désormais qu'il utilisera près de la moitié de cette somme (700 millions de dollars) pour augmenter les capacités de son usine de Flat Rock située dans le Michigan, un État du nord des États-Unis durement frappé par la désindustrialisation et où Donald Trump avait obtenu une victoire cruciale à la présidentielle.

Le PDG de Ford a toutefois assuré avoir pris cette décision en toute «indépendance».

«Nous n'avons pas conclu d'accord avec le président désigné», a affirmé dans un entretien avec la chaîne CNN Mark Fields, qui reconnaît toutefois en avoir discuté mardi avec le vice-président désigné Mike Pence.

«Nous avons fait ce qui est bon pour nos affaires, avant toute chose», a encore affirmé le PDG, justifiant ce changement de cap par «un environnement plus positif pour l'industrie manufacturière et l'investissement» aux États-Unis.

Cet investissement étalé sur quatre ans devrait créer 700 nouveaux emplois dans le Michigan et a été aussitôt salué par un des responsables du grand syndicat de l'automobile UAW chez Ford.

Pendant la campagne, mi-septembre, le candidat populiste s'en était directement pris à Ford en affirmant qu'il «ne fallait pas laisser» le constructeur délocaliser ses usines au Mexique, où la main d'oeuvre est bien moins coûteuse qu'aux États-Unis.

Peu après la victoire du candidat populiste le 8 novembre, M. Fields lui avait indirectement répondu en affirmant qu'il ne reviendrait pas sur ses projets d'investissements au Mexique.

À la mi-novembre, le président désigné avait déjà revendiqué une première victoire contre Ford en assurant avoir obtenu le maintien dans le Kentucky (centre-est) d'un site d'assemblage, selon lui, en partance pour le Mexique.

Son grand rival General Motors n'a pas non plus été épargné et s'est retrouvé mardi dans le collimateur du futur président américain, qui l'a menacé de sanctions douanières s'il ne fabriquait pas aux États-Unis les voitures qu'il y vend.

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