Honda annonce le départ de son PDG

Takanobu Ito, à gauche, serre la main de... (Photo Shizuo Kambayashi, AP)

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Takanobu Ito, à gauche, serre la main de son successeur Takahiro Hachigo.

Photo Shizuo Kambayashi, AP

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Agence France-Presse

Le troisième constructeur japonais d'automobiles, Honda, a annoncé lundi le départ surprise de son PDG, Takanobu Ito, dans un contexte difficile pour le groupe qui a été contraint récemment à une série de rappels, notamment pour cause de coussins gonflables défectueux de son compatriote Takata.

Le dirigeant de 61 ans, qui avait rejoint Honda en 1978 avant d'en prendre la tête en juin 2009, va rester au sein du groupe en tant que conseiller et continuera à siéger au conseil d'administration.

Il sera remplacé par Takahiro Hachigo, 55 ans, au terme de la prochaine assemblée générale, prévue fin juin 2015. Ce dernier, qui a débuté sa carrière chez Honda en 1982, a occupé des postes de responsabilité aux États-Unis, en Europe et plus récemment en Chine.

Le constructeur n'a pas détaillé dans le communiqué les raisons de ces changements, déclarant simplement que le but est d'étendre «les activités mondiales de la compagnie».

Lors d'une conférence de presse, les dirigeants ont réfuté tout lien avec les rappels, soulignant qu'un responsable responsable de la qualité avait déjà été nommé pour s'attaquer à ce problème, et le sujet Takata n'a pas été abordé.

M. Ito a expliqué qu'il était temps pour lui de passer la main à une nouvelle équipe plus jeune, prête à «relever les défis importants» qui attendent le groupe.

Fin janvier, le constructeur avait abaissé, pour la deuxième fois, ses prévisions annuelles, ployant sous les coûts des rappels.

Premier client de l'équipementier Takata, il a vu exploser les charges liées à cette affaire à l'origine de nombreux incidents et au moins cinq décès, principalement en Amérique du Nord, alors qu'il a dû convoquer au garage 13 millions de véhicules à lui seul ces dernières années. Il fait en outre l'objet de poursuites judiciaires aux États-Unis.

Dans ces conditions, Takanobu Ito avait fait part du projet du constructeur de s'approvisionner auprès d'autres entreprises, selon des propos rapportés par la presse. «Le risque est grand quand on se repose trop sur un seul fournisseur», avait-il souligné.

Au-delà du cas Takata, la firme a également dû rappeler, à plusieurs reprises, des citadines hybrides Fit et d'autres modèles pour divers problèmes techniques. Treize de ses responsables ont été sanctionnés par une réduction momentanée de leur salaire de 10 ou 20%.

Outre ces problèmes de qualité, Honda a souffert d'un environnement compliqué au Japon, où l'économie peine à se remettre du relèvement en avril dernier de la taxe sur la consommation, et en Chine, où le marché automobile a ralenti.

Pour l'ensemble de l'exercice qui s'achèvera fin mars, le fabricant de la berline Accord, compacte Civic et citadine Fit anticipe désormais un bénéfice net de 545 milliards de yens, en repli de 5,1% sur un an, et un résultat opérationnel de 720 milliards (contre respectivement 565 et 770 milliards escomptés précédemment).

Grâce aux effets favorables de change, ses revenus devraient être cependant plus élevés que prévu, à 12 900 milliards de yens (+8,9%).

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