Toyota versera 1,1 milliard de dollars en indemnités

Une voiture Toyota.... (Photo: AP)

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Une voiture Toyota.

Véronique Dupont
Agence France-Presse
New York

Le constructeur automobile Toyota va payer 1,1 milliard de dollars pour indemniser les propriétaires qui ont vu la valeur de leur véhicule baisser à la suite des rappels massifs menés entre 2009 et 2010, pour des questions de sécurité, un problème qui le poursuit trois ans après les faits.

«Toyota Motor Amérique du Nord a annoncé un accord pour mettre un terme aux poursuites liées à des pertes économiques aux États-Unis suite à des rappels», explique le constructeur dans un communiqué mercredi.

Il avertit qu'il va passer une charge de 1,1 milliard de dollars avant impôt pour être en mesure de financer cet accord amiable, portant sur des plaintes déposées en Californie (ouest).

Toyota n'admet ni ne nie aucune malversation ou erreur de sa part et affirme que la décision de conclure cet accord «a été difficile, surtout au vu des preuves scientifiques fiables et des évaluations indépendantes multiples qui ont confirmé que le système de contrôle électronique de Toyota était sûr», a commenté Christopher Reynolds, directeur juridique de la filiale américaine du groupe.

«Toutefois, nous avons estimé que tourner la page sur ce problème juridique (...) était dans le meilleur intérêt de notre entreprise, de nos employés, de nos concessionnaires et de nos clients», a ajouté M. Reynolds, estimant que le groupe pourra à présent «dédier plus d'énergie, de temps et de ressources à (sa) mission principale: fabriquer les meilleurs véhicules possibles».

Entre fin 2009 et 2010 Toyota avait rappelé quelque 12 millions de véhicules dans le monde à la suite de problèmes d'accélération involontaire et soudaine, parfois provoqués par des tapis de sol se bloquant dans la pédale d'accélération.

Le système électronique des voitures avait parfois été accusé d'être à l'origine du problème, ce qu'a toujours nié Toyota.

Aux États-Unis, ces problèmes d'accélérations inopinées auraient entraîné des dizaines d'accidents et provoqué une cinquantaine de décès.

Les dirigeants de Toyota, dont son patron Akio Toyoda, avaient dû s'adonner à des séances d'auto-critique lors d'auditions parlementaires très médiatisées devant le Congrès américain.

La réputation d'infaillibilité du groupe japonais en avait pâti et ses ventes avaient chuté. Il avait perdu sa place de numéro un mondial des ventes automobiles l'an dernier au profit de General Motors.

Toyota a toutefois effectué cette année un spectaculaire rebond et devrait regagner la première place mondiale au niveau annuel, qu'il a déjà récupérée depuis janvier en termes de ventes trimestrielles.

Si l'accord annoncé mercredi est approuvé par le tribunal californien où ont été regroupées toutes les plaintes, Toyota indique dans son communiqué qu'il lancera un programme pour «rajouter des garanties sur certains composants» et installera gratuitement un système de freinage d'urgence sur certains véhicules concernés par les rappels de 2009 et 2010.

«Si l'accord amiable est validé et que toutes les procédures d'appel sont annulées, Toyota offrira notamment des versements en numéraire à certains clients éligibles qui ont vendu ou rendu leur véhicule entre 2009 et 2010», entre autres bénéficiaires de l'accord, a annoncé le groupe.

Le montant de 1,1 milliard de dollars comprend également des dépenses de «programmes de formation des conducteurs et des fonds pour la recherche dans les technologies avancées de sûreté automobile», détaille Toyota.

Le groupe a déjà dû payer plus de 50 millions de dollars d'amendes aux États-Unis.

Selon le Wall Street Journal, cette affaire des accélérations involontaires lui a coûté 3,1 milliards de dollars en pertes de ventes, en amendes et en procès en tout genre.

Des plaintes concernant notamment des blessures ou des décès sont par ailleurs toujours en cours.

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