Saab en faillite

Saab Automobile est successivement séparé de Scania, puis... (Photo: AFP)

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Saab Automobile est successivement séparé de Scania, puis de Saab Aviation, pour devenir une marque de General Motors.

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    Pia Ohlin

Le constructeur automobile suédois Saab (SAABF) s'est déclaré en faillite lundi, mettant fin à la longue agonie d'une marque emblématique malgré d'ultimes efforts entrepris depuis deux ans pour la sauver.

Une tentative désespérée de lever des fonds en Chine a été contrariée par l'ancien propriétaire de Saab, l'américain General Motors qui a refusé un transfert de brevets.

Le tribunal de Vänersborg a précisé lundi que 3 des principales compagnies du groupe se sont déclarées en faillite (Saab Automobile Aktiebolag, Saab Automobile Tools AB et Saab Automobile Powertrain) et qu'«il doit nommer un liquidateur rapidement».

Le propriétaire de Saab, le néerlandais Swedish Automobile (Swan), a confirmé que «la compagnie, sans l'apport de nouveaux fonds, devient insolvable et la déclarer en faillite est dans le meilleur intérêt de ses créanciers».

La justice suédoise a entériné lundi soir la faillite des entreprises et nommé des administrateurs judiciaires.

Le charismatique directeur général de Swan, Victor Muller s'est démené pour trouver un accord qui pourrait sauver Saab de la faillite, principalement auprès de deux groupes chinois, le constructeur Youngman et le distributeur Pang Da.

Mais General Motors, ancien propriétaire de Saab, a répété ce week-end encore qu'il s'opposerait au nécessaire transfert aux entreprises chinoises de brevets technologiques qu'il détient toujours pour les modèles 9-3, 9-5 et 9-4X.

Selon Swedish Automobile le chinois Youngman s'est alors rétracté.

«Finalement l'absence totale de coopération de GM a été un gros problème», a déclaré Muller lors d'une conférence de presse lundi à Trollhättan, soulignant qu'il avait lui-même perdu de sa poche 13 millions d'euros avec Saab.

Mais, a-t-il dit «certains ont exprimé un intérêt pour Saab».

«Bien que cela s'apparente à une fin, ça ne l'est pas nécessairement», selon Muller. «Ce pourrait être un nouveau départ, une possibilité pour Saab de renaître de ses cendres comme le Phoenix», a-t-il espéré.

Les tentatives pour vendre Saab à des partenaires chinois étaient perçues comme la dernière chance du constructeur suédois, déjà au bord de la faillite quand GM l'avait vendu à Swedish Automobile - Spyker à l'époque - au début 2010 pour 400 millions de dollars.

Vers la fin du 1er semestre 2011, Saab a été forcé d'arrêter sa production lorsque les fournisseurs ont cessé leurs livraisons pour cause de montagnes de factures impayées.

Saab emploie environ 3700 personnes, qui attendent encore leurs salaires de novembre.

Employés et syndicalistes ont réagi avec découragement après cette déclaration de faillite.

«C'est très triste», a déclaré Ulf Drufva, qui a travaillé pendant 39 ans à l'usine de Trollhättan, dont quatre années comme représentant syndical.

L'obstruction de GM à un accord avec les Chinois est «étrange», a-t-il souligné, cité par l'agence suédoise TT.

«C'est, dit-il, comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits».

Pour le dirigeant du syndicat des métallurgistes IF Metall, Stefan Löfven, cette faillite est un drame pour les employés et il a exprimé l'espoir qu'un nouveau repreneur puisse sauver Saab dans sa totalité.

«Un scénario qui verrait un démembrement de la compagnie serait bien pire et bien plus d'emplois seraient menacés», a-t-il assuré à TT.

Pour le maire de Trollhättan, Paul Aakerlund ancien représentant d'IF Metall chez Saab, il y a encore un avenir pour le constructeur.

«Je sais qu'il y a des acheteurs possibles pour la totalité de Saab et pour la faire tourner à Trollhättan», a-t-il avancé.

Mais d'autres sont moins optimistes.

«Je serais très surpris que quelqu'un reprenne Saab», a déclaré Lars Holmqvist, directeur exécutif de l'Association européenne des fournisseurs automobiles.

Fondé en 1937 avec l'aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s'était ensuite diversifié dans l'automobile.

La marque Saab si elle est appelée à disparaître dans l'automobile, demeure dans le secteur de l'aéronautique avec Saab AB.

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