Industrie porcine: Atrahan, un géant en devenir

L'usine de transformation de porcs d'Olymel à Saint-Esprit,... (Photo Martin Tremblay, Archives La Presse)

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L'usine de transformation de porcs d'Olymel à Saint-Esprit, dans Lanaudière. L'entreprise de Yamachiche Atrahan a établi un partenariat avec Olymel, ce qui devrait engendrer la création de plus de 350 emplois.

Photo Martin Tremblay, Archives La Presse

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Atrahan, une entreprise de Yamachiche, en Mauricie, qui se spécialise dans la transformation du porc, envisage l'avenir avec confiance. L'entreprise a établi un partenariat avec Olymel, la grande société québécoise de la transformation de viande, ce qui devrait se solder par la création de plus de 350 emplois.

Dans cette foulée, «Olymel deviendra le plus grand producteur de porc au Canada», affirme le vice-président d'Atrahan, Denis Trahan. De plus, l'entreprise est en train de prendre un virage technologique grâce auquel la transformation passera de 1 million de porcs à 2 millions d'ici 2020.

Avec la mondialisation, plusieurs PME canadiennes ont opté pour des partenariats pour mieux faire concurrence aux géants de leurs marchés. Atrahan, dont 40% de la production annuelle est vendue à l'étranger, a aussi choisi cette stratégie pour mieux conquérir des parts de marché.

«Nous avions des clients en Russie avant les crises politiques. Depuis la guerre en Ukraine et la crise en Crimée, le marché russe est fermé aux entreprises étrangères», a dit M. Trahan.

«Maintenant, nous visons la Chine. Avec ses 1,6 milliard d'habitants, ce marché est très important pour nous.»

Partenariat avec Olymel

Il y a plus d'un an, la société signait un contrat de partenariat avec Olymel, une entreprise appartenant à La Coop fédérée. Durant la même période, Olymel est devenue partenaire de Lucyporc, un autre abattoir situé à Yamachiche. Le partenariat entre Olymel et Atrahan permettra à ce dernier de rapatrier la production et les 430 employés de Lucyporc quand celui-ci cessera ses activités, dans un peu plus de deux ans.

Or, 2020 sera l'année du grand essor.

D'ici là, des robots découperont la viande chez Atrahan. Ce virage vers la technologie fait partie d'un plan d'investissement de 80 millions sur les trois prochaines années. 

«Les infrastructures seront modernisées, et la superficie de l'espace de travail sera doublée pour atteindre plus de 400 000 pieds carrés. Des équipements, des automates et des robots à la fine pointe de la technologie seront installés», affirme Denis Trahan.

Ces investissements permettront à l'abattoir de Yamachiche de créer 350 emplois. En tenant compte du partenariat avec Olymel, «Atrahan deviendra l'usine qui emploie le plus grand nombre de personnes en Mauricie, soit environ 1200 employés, et le plus moderne des transformateurs porcins au Canada. Olymel deviendra le plus grand employeur industriel de la région».

Une entreprise qui vient de loin

M. Trahan a retracé fièrement l'histoire de l'abattoir que ses parents, Achille et Gertrude Trahan, ont fondé en 1956 à Yamachiche, dans la région de la Mauricie. 

«Au début, on transformait un boeuf, cinq moutons et un porc par semaine. À l'époque, les cinq ou six employés venaient manger à la maison chaque midi. Chaque semaine, ma mère lavait à la maison les sarraus souillés de sang des travailleurs dans des bassinets d'eau de Javel», raconte-t-il.

Soixante ans plus tard, Atrahan emploie plus de 360 personnes et génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 250 millions de dollars.

Pour atteindre ces sommets, Denis Trahan précise que «le chemin n'a pas été toujours facile». Au début des années 80, les Trahan entreprennent de transformer l'entreprise. 

Ils abandonnent la transformation du boeuf et des moutons et se spécialisent dans celle du porc. «C'était la tendance à cette époque. Il fallait se spécialiser pour être plus rentable. Ainsi, on pouvait utiliser les mêmes équipements et faire des économies d'échelle, a indiqué M. Trahan. De ces années-là, des abattoirs ont pris leur envol. D'autres ont disparu ou sont restés très petits.»

En 1997, Atrahan investit 3 millions dans ses infrastructures et équipements. La même année, le nombre d'employés passe de 45 à 150. Depuis, la croissance a continué. 

De 1997 à 2017, le nombre d'employés a plus que doublé pour atteindre plus de 360. Quant à la production annuelle, elle est passée de quelques centaines de milliers à plus de 1 million de porcs transformés, sur les 20 dernières années.

«Depuis 2003, Atrahan se classe année après année parmi les sociétés les mieux gérées au Canada », soutient M. Trahan, qui a pris les rênes de l'entreprise avec son frère au début des années 2000. L'entreprise exporte dans plus de 50 pays.

Bien implantée dans la région

«Mes parents font partie du paysage de Yamachiche. Ça a pris de la croissance. On fait partie du paysage et on a toujours eu l'appui de la communauté», a affirmé sereinement le vice-président d'Atrahan. Ce dernier mentionne que son entreprise crée, en plus des emplois directs, un grand nombre d'emplois indirects chez les sous-traitants en automatisation dont elle est cliente. «Atrahan a toujours été un bon citoyen corporatif et a toujours eu l'appui des instances municipales et régionales.»

«Le secteur porcin se globalise, Atrahan est prête à faire face à l'avenir», conclut Denis Trahan.

L'industrie porcine au Québec en chiffres (2014)

  • Ventes de 3,4 milliards de dollars
  • Plus de 28 000 emplois générés
  • 62 % des revenus des transformateurs proviennent des marchés extérieurs12 établissements sous inspection fédérale abattent 99 % des porcs du Québec. Cinq disposent d'une capacité d'abattage de plus de 1 million de porcs annuellement.

Source : ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec

Olymel en chiffres

  • 11 500 employés
  • 3,2 milliards de chiffre d'affaires
  • Troisième producteur de porc au Canada
  • La société exporte dans plus de 65 pays

Source : olymel.ca




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