Enquête sur le miel de Protégez-vous: des apiculteurs québécois se défendent

À moins d'avoir un palais extrêmement sensible, on... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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À moins d'avoir un palais extrêmement sensible, on ne détecte pas la présence d'un sucre artificiel, en petite quantité, dans du miel naturel. Un producteur ou un transformateur malveillant peut donc être tenté de couper son miel pour réduire ses coûts.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

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Protégez-vous dévoile ces jours-ci les résultats de ses tests sur le miel qui ont trouvé un taux de non-conformité très élevé, 31 %. Dans le groupe des miels qui ne passent pas le test, un miel d'été québécois qui contenait du sucre artificiel. Les apiculteurs des Cantons-de-l'Est qui le produisent répliquent : c'est strictement impossible.

« On veut nettoyer notre réputation », dit Liliane Morel, de la ferme Les Trois acres de Dunham qui compte une centaine de ruches pour une production d'environ 15 000 lb de miel. 

Liliane Morel et son partenaire d'affaires et de vie Stephen Crawford veulent faire des tests sur leur miel d'été puisqu'ils ne comprennent pas du tout comment un de leur pots a pu contenir 6,5 % de sucre artificiel. 

« On n'utiliserait jamais du sucre », insiste-t-elle. 

Les Trois acres a reçu l'appui du Syndicat des apiculteurs du Québec et de l'Union paysanne dans ses démarches pour clarifier la situation. 

Le laboratoire mandaté par Protégez-vous a testé un seul pot pour chacun des 36 miels étudiés. 

La direction de Protégez-vous conserve sa totale confiance dans les résultats publiés. 

« Protégez-vous a confiance en son laboratoire, qui est hautement spécialisé dans les analyses que nous lui avons confiées. Nous avons d'autres échantillons, mais nous n'avons pas de raisons de croire que notre test serait erroné, donc nous ne prévoyons pas refaire de nouvelles analyses », a indiqué Julie Gobeil, la directrice du contenu et des communications. 

COMMENT DU SUCRE PEUT-IL SE RETROUVER DANS DU MIEL ?

Ce n'est pas un hasard si Protégez-vous s'est intéressé au miel : il s'agit d'un des aliments les plus falsifiés du monde. Car, à moins d'avoir un palais extrêmement sensible, on ne détecte pas la présence d'un sucre artificiel, en petite quantité, dans du miel naturel. Un producteur ou un transformateur malveillant peut donc être tenté de couper son miel pour réduire ses coûts. 

Mais du sucre peut se retrouver dans le miel involontairement à la suite d'une mauvaise manipulation de l'apiculteur ou d'un phénomène naturel, explique le président de l'Union paysanne Benoit Girouard, apiculteur lui-même.

Les apiculteurs peuvent ajouter de l'eau sucrée dans une ruche au printemps pour donner un coup de pouce à un nucléi plus faible. Normalement, le sirop reste dans la ruche du bas, celle qui abrite la reine, et ne devrait pas être mélangé avec le miel au moment de la récolte. Mais une erreur de manipulation peut toujours arriver, note Benoit Girouard. 

Cette explication ne tient toutefois pas pour le couple d'apiculteurs de Dunham : ils utilisent parfois leur miel pour partir les ruches au printemps. Il ne devrait donc jamais y avoir de sucre ajouté dans leur miel d'été. 

« L'autre phénomène, c'est un pillage », explique Benoit Girouard. Cela survient quand les abeilles trouvent du sucre è l'extérieur de la ruche et le ramène dans les rayons. Certains apiculteurs mettent un sirop sucré à l'extérieur de la ruche lors des premières sorties des abeilles pour donner une chance aux insectes et favoriser le développement de la colonie. 

Le pillage d'une ruche par un groupe d'abeilles étrangères est complètement indépendant de la volonté des producteurs et n'est pas du tout un cas de fraude alimentaire, dit le président de l'Union paysanne.




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