Bonne année pour la pomme de terre

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Les cultivateurs souhaitent que le surplus de pommes de terre ne tire pas les prix vers le bas.

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La production de pommes de terre est en hausse au Canada. Les cultivateurs en ont récolté pratiquement 5 % de plus en 2015, par rapport à l'année précédente, selon les données de Statistique Canada dévoilées vendredi. Au total, ce sont 4,7 millions de tonnes de pommes de terre canadiennes qui ont été cultivées l'année dernière, l'équivalent de 1 milliard de sacs de 10 livres.

Une part importante de cette hausse vient du Manitoba, mais les producteurs québécois sont à la source de 37% de l'augmentation. «L'année 2015 a été exceptionnelle, explique Jean-Pierre Larouche, agriculteur de la région de Trois-Rivières. La météo a été parfaite: la pluie est arrivée au bon moment dans les régions où il y a beaucoup de cultivateurs.» C'est donc le rendement à l'hectare qui a augmenté. 

Bonne nouvelle: les pommes de terre se vendent bien.

Les cultivateurs souhaitent maintenant que ce surplus ne tire pas les prix vers le bas, le légume étant déjà parmi les moins chers du supermarché et la marge de profit des producteurs était mince. 

Globalement, au Québec, la consommation de pommes de terre est en baisse. La hausse du prix des aliments, en particulier la spectaculaire augmentation du prix de certains légumes observée depuis un mois, pourrait-elle jouer en sa faveur? 

«Ça pourrait être favorable», répond Clément Lalancette, directeur général des Producteurs de pommes de terre du Québec. Dans les faits, l'équation n'est pas si simple, dit-il. «Le prix de la viande rouge a aussi beaucoup augmenté», rappelle Clément Lalancette. Et pour une partie de la population, la pomme de terre accompagne une pièce de viande. Autre défi pour les cultivateurs: séduire les plus jeunes, moins enclins à mettre un gros sac de pommes de terre dans leur panier d'épicerie, explique Clément Lalancette. «Heureusement, précise-t-il, ils mangent beaucoup de poutine.» 

La hausse des créneaux 

Depuis une douzaine d'années, l'offre en pommes de terre s'est diversifiée. Les épiceries les proposent désormais en plusieurs formes et couleurs différentes. Les petites pommes de terre et les biologiques sont les secteurs en croissance, explique Clément Lalancette. Les producteurs et les emballeurs doivent garder cela en tête, dit-il, et offrir des produits mieux adaptés aux goûts des consommateurs. 

Pierre Vaillancourt, propriétaire de la ferme Valupierre de l'île d'Orléans, a justement décidé de miser sur un produit de niche. «La Gabrielle est une patate de créneau, dit-il. Sa saveur est particulière.» 

Lorsqu'il a commencé à livrer des pommes de terre avec son père, dans des poches de jute, l'agriculteur aurait difficilement pu croire parler un jour des différentes «saveurs» de la pomme de terre. Mais les choses ont changé. «Au début des années 90, nous avons introduit la pomme de terre à chair jaune», se rappelle Pierre Vaillancourt, qui cultive désormais une quinzaine de variétés, dont son produit chouchou, la Gabrielle, une pomme de terre parente de la ratte, mais de forme plus régulière. 

Un sac de trois livres de Gabrielle se vend autour de 3,59 à 3,99 $ au détail. Un prix comparable à celui d'un sac de 10 livres de pommes de terre à chair blanche, plutôt générique. Malgré cela, les consommateurs la choisissent, dit Pierre Vaillancourt, dont l'entreprise progresse tous les ans. «Les gens ont développé leurs goûts pour le vin, pour le fromage, estime le producteur. Ils développent aussi leurs goûts pour la pomme de terre.»

La fin des interdits 

Une pomme de terre bouillie contient environ 140 calories. Pilée, avec un peu de beurre, elle s'en tire généralement sous les 200 calories. 

Bien qu'une partie de la population ait mis définitivement de côté le concept des «p» interdits, catégorie maudite à laquelle appartenait la patate aux côtés des pâtes et du pain, bien des gens considèrent encore la pomme de terre comme un féculent plutôt qu'un légume, déplore Clément Lalancette, qui rappelle du même souffle qu'elle ne contient pas de gluten. 

«On est en train de réapprendre à manger la pomme de terre», dit Jean-Pierre Larouche. Un enjeu important pour la production québécoise est de trouver le moyen de retourner dans les cafétérias d'écoles. Il y a plusieurs façons de faire des frites sans utiliser la friteuse, dit le producteur.

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