Le cidre québécois fait son nid à l'international

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Kiosque de vente du cidre de glace du Domaine Pinnacle,... (PHOTO FOURNIE PAR LE DOMAINE PINNACLE)

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PHOTO FOURNIE PAR LE DOMAINE PINNACLE

Kiosque de vente du cidre de glace du Domaine Pinnacle, dans une boutique de l'aéroport international de Hong Kong.

Fous des cidres de glace, de feu et effervescents, les Européens et les Asiatiques? Pas encore, bien que les exportations de la boisson augmentent. Timidement... mais sûrement!

«Nous souhaitons que le cidre de glace se boive partout dans le monde, lance François Pouliot, cofondateur et président de La face cachée de la pomme. Qu'il devienne l'emblème du Québec. Car c'est ce qui nous démarque et fait notre unicité. D'autres en font aux États-Unis, en Norvège et au Danemark notamment, mais tous ces producteurs se sont inspirés du Québec.»

Les ventes à l'étranger de la cidrerie de Hemmingford ont crû de 2% en 2 ans. Neige, son produit-vedette, est vendu dans 25 pays. Les exportations constituent désormais 12% des ventes totales de la cidrerie. «Le Québec reste de loin notre plus grand marché, dit François Pouliot. Cela dit, en octobre 2012, au festival international de vin d'Epcot, en Floride, Neige s'est retrouvé dans le top 5 des produits préférés et les plus achetés. Plus de 24 000 personnes ont payé 5$ pour une dégustation.»

Long processus

Mais il faut être patient et prêt "à prendre son bâton de pèlerin, comme le souligne André Coutu, PDG de Groupe Export agroalimentaire. Environ 90% de nos 400 membres font des affaires aux États-Unis, principalement sur la côte Est. Mais pour les cidreries, ce n'est pas facile. Les exportations augmentent, mais c'est un long processus. Seulement deux ou trois cidreries sont au stade d'exportateurs chevronnés.»

La Face cachée de la pomme et le Domaine Pinnacle, de Frelighsburg, comptent parmi celles-ci. «Les États-Unis sont le marché le plus complexe et difficile à percer à cause des lois, note Charles Crawford, président et fondateur du Domaine Pinnacle. Chaque État a ses particularités. Il faut avoir un distributeur par État. C'est beaucoup de travail sur le terrain. Par ailleurs, les pays producteurs sont généralement plus attirés par leurs produits. C'est aussi une question de prix. En France, par exemple, on achète une bouteille de vin pour quelques euros.»

«C'est vraiment difficile d'exporter, avoue aussi François Pouliot. À New York, on s'installe magasin par magasin. En France, où l'on connaît peu le vin étranger, aussi. Et les règles diffèrent d'un pays à l'autre. Aussi, dans le monde du vin, on est un très petit joueur. On remplit de 300 000 à 350 000 bouteilles par an. Alors qu'en Ontario, par exemple, un joueur moyen produit 1 million de bouteilles. Mais il faut être présent et faire goûter.»

En juin dernier, la cidrerie en était à sa sixième participation au salon Vinexpo de Bordeaux. «La première fois, en 2003, les organisateurs ne voulaient pas qu'on y soit, car notre produit n'était pas à base de raisins, se rappelle François Pouliot. Cette année, c'est la première fois qu'on est inscrit officiellement dans le catalogue des exposants.»

Investissements

La Face cachée de la pomme et Domaine Pinnacle, deux cidreries pionnières dans la province, investissent plusieurs centaines de milliers de dollars annuellement pour placer leurs produits à l'étranger et participer à des salons. «C'est énorme, soit environ 5% de notre chiffre d'affaires, lance François Pouliot. On voit les résultats à long terme. Là, on commence à nous appeler.»

«Idéalement, il faut travailler ensemble pour développer la catégorie, sinon ça restera toujours un produit de niche, estime Charles Crawford. Grâce à l'Association des producteurs de cidre de glace, on veut mettre nos efforts en commun pour percer d'autres marchés. On partage les frais pour les foires et les relations de presse. Mais, pour l'instant, c'est plus rentable de vendre localement.»

Des plus petites entreprises, telle Union libre, veulent effectivement consolider leurs acquis ici avant de faire voyager leur élixir, même si la cidrerie de Dunham a quintuplé sa production de cidre en 2013. «Environ une dizaine d'agents nous ont approchés dans la dernière année pour développer le marché de la Chine, raconte la copropriétaire Anouschka Bouchard. On a donc envoyé 150 caisses (1800 bouteilles). Tout s'est vendu. Mais y aura-t-il récidive? Nous n'avons pas de démarche structurée sur la Chine. On veut d'abord être un produit courant à la SAQ. »

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LE CIDRE AU QUÉBEC

85

Nombre de cidreries au Québec

6 millions $

Valeur estimée des ventes annuelles de cidre directement chez les producteurs et en exportation

10,2 millions $

Ventes annuelles des produits de la pomme (dont les cidres) à la SAQ

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