Citadelle dans la canneberge et le miel

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Martin Plante, directeur général de Citadelle.... (Photo Citadelle)

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Martin Plante, directeur général de Citadelle.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Associée depuis près de 90 ans à la commercialisation du sirop d'érable, la coopérative Citadelle, de Plessisville, dans le Centre-du-Québec, élargit ses horizons en accueillant dans ses rangs des producteurs de canneberges et des apiculteurs.

Le mois dernier, le transformateur alimentaire annonçait la construction d'une usine de transformation de la baie rouge acidulée à Aston-Jonction, au carrefour des autoroutes 55 et 20. L'usine de 12 millions de dollars se spécialisera dans la production de canneberge entière séchée, un produit plus goûteux et juteux, selon Citadelle, que le raisin sec auquel on le compare habituellement. Les convoyeurs se mettront à rouler à l'été 2014.

Plus que du sirop d'érable

Citadelle ambitionne de devenir l'un des quatre plus importants transformateurs de canneberges du Québec. «On veut passer de 8 à 25 millions de livres en 5 ans», dit au téléphone son directeur général Martin Plante, que nous avons joint dans le Bas-du-Fleuve, où il effectue une tournée de ses membres.

Pour donner une idée, 25 millions de livres représentent un septième de la récolte québécoise en 2012 de 180 millions de livres.

Pareil investissement pourrait en surprendre plus d'un, tant Citadelle est associée au sirop d'érable dans l'imagerie populaire, mais pas les habitués. «Ça fait 10 ans que Citadelle commercialise la canneberge, a souligné M. Plante. Mais on n'était pas transformateur. Pour nous, la canneberge, ce n'est pas un nouveau secteur d'activité. Ça demeure de la transformation et de l'exportation de produits agroalimentaires québécois, 100% purs. C'est notre créneau», a-t-il ajouté.

C'est encore plus vrai depuis 2011 quand la coopérative s'est portée acquéreur du transformateur de canneberges Maison Bergevin, de Québec. «Dans notre planification stratégique, on a vite compris que pour croître, il fallait déménager l'usine», a dit M. Plante, d'où l'investissement à Aston-Jonction, au coeur du pays des canneberges.

Un nouvel acteur bien accueilli par l'industrie

Le Québec est le troisième producteur de canneberges en importance en Amérique du Nord, derrière le Wisconsin et le Massachusetts. Il a soufflé la troisième place à la Colombie-Britannique au tournant de la décennie. Depuis 2005, la production a plus que doublé.

La province compte maintenant 80 producteurs; 3 sur 4 sont situés dans le Centre-du-Québec, dans la cour de Citadelle. Fait à souligner, environ 65% de la récolte est transformée ici même au Québec, le seul endroit au Canada où il se fait de la transformation, clame, non sans fierté, l'Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ).

Pour l'industrie du petit fruit reconnu pour ses propriétés antioxydantes, antibactériennes et anti-inflammatoires, la venue d'un transformateur et exportateur d'expérience comme Citadelle est structurante, dit Monique Thomas, directrice générale de l'APCQ.

«Très présente sur les marchés d'exportation, Citadelle pourra faire profiter l'industrie de la canneberge de son expertise, dit-elle. C'est aussi une bonne nouvelle parce que ça ouvre des portes pour les producteurs. Citadelle a d'ailleurs signé de nouveaux contrats avec plusieurs producteurs.»

Pour assurer ses approvisionnements, la coopérative a changé son règlement pour pouvoir accueillir les producteurs d'atocas parmi ses membres. Déjà, 11 se sont joints à la coop, et d'autres sont sur la liste d'attente. Un poste d'administrateur leur est réservé au conseil d'administration.

Présente aussi dans le miel

Outre la canneberge, le miel s'est ajouté aux activités de Citadelle, qui a fusionné avec la Société coopérative agricole des apiculteurs du Québec en 2009. À sa dernière année financière, Citadelle a transformé 340 000 livres.

Malgré tout, l'érable demeure le pain et le beurre de Citadelle. «Les producteurs acéricoles sont les bâtisseurs de la coopérative», s'est plu à répéter M. Plante pendant l'entretien.

Environ 95% de ses ventes de produits d'érable se font hors Québec, dans 40 pays, grâce notamment à l'innovation. La coop a récemment gagné des prix pour ses perles d'érable, genre de caviar d'érable, au dire de M. Plante. Elle a reçu des éloges pour son contenant à sirop SmartSak, à bec verseur antigoutte refermable.

Son réseau de cinq bistros-boutiques Les délices de l'Érable sert de banc d'essai pour tester ses nouveautés. La cinquième adresse, située au terminal international de l'aéroport Montréal-Trudeau, ouvrira en décembre. Celle qui est située à la jetée nord-américaine accueille la clientèle depuis l'été.

Citadelle en un coup d'oeil

Fondation: 1925

Siège social: Plessisville

Chiffre d'affaires: 87 millions, dont 95% hors Québec

Production annuelle de sirop: 21 millions de livres

Employés: 300

Excédent net: 2,7 millions

Membres propriétaires: 1924

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