Les Canadiens devront payer leur bacon plus cher

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S'il y a peu de risque qu'une pénurie de bacon ne se produise au Canada, le... (Photo: PC)

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Paola Loriggio
La Presse Canadienne
Ottawa

S'il y a peu de risque qu'une pénurie de bacon ne se produise au Canada, le prix du porc augmentera considérablement durant les six prochains mois en raison des réserves limitées de cette viande, estime le Conseil canadien du porc (CCP).

Selon le directeur général du CCP, Martin Rice, les consommateurs canadiens auront plus de difficulté à trouver du porc à un prix relativement bas et devront payer entre 50 cents et 1 $ de plus par kilo.

Il a toutefois ajouté que le porc demeurerait moins coûteux que le boeuf et le poulet mais que la hausse pourrait pousser certains à bannir le bacon de leur déjeuner.

La menace d'une pénurie a déclenché une frénésie sur le Web, plusieurs internautes y allant de faux messages de désespoir sur les réseaux sociaux.

M. Rice a fait valoir que l'impact de cette nouvelle sur les amateurs de bacon ne se comparait nullement au dur coup encaissé par les producteurs de porc du pays, qui sont plusieurs à lutter pour leur survie.

Une grave sécheresse aux États-Unis a fait grimper le prix des céréales, qui constituent une part importante de l'alimentation des porcs, ont rapporté de nombreuses organisations de l'industrie porcine.

Martin Rice a expliqué que cette situation forçait les fermiers à vendre leurs troupeaux parce que les prix de détail n'augmentent pas assez rapidement pour compenser les sommes records déboursées pour nourrir les porcs.

Ces inquiétudes font écho à celles exprimées par une organisation de fermiers britanniques, la National Pig Association, qui a prédit que les problèmes actuels provoqueraient une pénurie mondiale de bacon et de porc l'an prochain. D'après elle, les éleveurs de porc de partout à travers le monde ressentent les effets de la crise et se débarrassent de leurs animaux.

Au moins deux producteurs de porcs canadiens majeurs se sont placés sous la protection de la loi sur la faillite durant les dernières semaines et M. Rice a prévenu que d'autres pourraient les imiter sous peu si le gouvernement ne leur vient pas en aide.

Big Sky Farms, le deuxième plus important éleveur de porcs au Canada, et Puratone Corp. ont tous les deux mentionné les coûts élevés associés à l'alimentation des bêtes dans les raisons les ayant acculés à la fallite.

Martin Rice a précisé qu'il coûtait environ 180 $ pour élever un porc qui ne pouvait rapporter que 150 $ sur le marché. Il a indiqué que, malgré la hausse des prix du porc qui devrait avoir lieu d'ici l'été prochain, beaucoup de fermiers ne pourront pas tenir le coup jusque-là.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, a affirmé dernièrement qu'il avait demandé à son ministère d'examiner toutes les possibilités offertes par les programmes existants pour venir en aide aux producteurs de porc.

Aux États-Unis, le gouvernement a mis en place une initiative favorisant l'achat de porc afin de prêter main-forte à ses éleveurs. La Chine a quant à elle commencé à faire des réserves afin de parer à toute pénurie ou flambée des prix.

Selon le ministère fédéral de l'Agriculture, le Canada envoie chaque année pour 2,6 milliards $ en produits porcins à plus de 100 pays, ce qui en fait le troisième plus important exportateur de porc au monde.

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