Sécheresse: les agriculteurs québécois en bonne position

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Les producteurs québécois de maïs-grain et de soya,... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Photo Alain Roberge, Archives La Presse

Les producteurs québécois de maïs-grain et de soya, épargnés par la sécheresse qui sévit aux États-Unis, pourraient profiter de cette flambée du prix du grain.

(Montréal) La sécheresse qui dévaste les États-Unis, la pire depuis 1956, fait exploser le cours du grain et les agriculteurs québécois pourraient bien en profiter.

«C'est une saison quasi idéale pour la majorité des producteurs, sauf dans certains coins de l'Outaouais et de la Gaspésie», dit Christian Overbeek, président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales.

«On a de la pluie une fois de temps en temps, chose qui manque dans certains États américains», dit-il.

Malgré la pluie qui a soulagé certaines zones desséchées du Midwest, le cours du maïs-grain se maintient près des 8$ le boisseau sur le continent. C'est le double d'il y a deux ans. Le soya atteint le prix record de 17$ le boisseau.

Selon le département de l'Agriculture des États-Unis, seulement 26% du maïs américain en culture actuellement est en bonne ou excellente condition, contre 45% en mauvaise ou très mauvaise condition.

La semaine dernière, 1800 comtés répartis dans 29 États ont été désignés zones de désastre naturel en raison de la sécheresse. Hier encore, 76 nouveaux comtés ont été ajoutés à la liste. Les États-Unis produisent 53% du maïs et 43% du soya mondial.

«L'an dernier, les prix étaient élevés aussi, dit M. Overbeek. Mais là, c'est annoncé que la production mondiale sera faible et que les prix seront assez élevés pour au moins un an. Il n'y a pas de nouvelles intéressantes pour apaiser le marché. Ajoutons la spéculation, ça donne du tonus au prix des grains.»

Haro sur l'envolée des prix

Selon M. Overbeek, qui possède une ferme à Saint-Hyacinthe, un prix de 200$ la tonne de maïs permet à un producteur de largement faire ses frais, mais les prix se dirigent cette année vers les 300$ et au-delà.

Le prix du grain a déjà stimulé l'abattage de bovins aux États-Unis, ce qui pourrait provoquer une baisse temporaire du prix de la viande, suivie d'une augmentation par la suite.

L'envolée du prix des denrées inquiète M. Overbeek, même si des agriculteurs comme lui pourraient en profiter.

«Il y a un frein à tout ça, c'est la capacité des acheteurs, en particulier dans l'élevage, dit-il. C'est agréable de vendre des grains chers, mais il faut prendre soin de notre marché. À moyen terme, il y a un danger avec les prix élevés, c'est qu'il n'y ait plus de clients pour l'acheter.»

«Et il y a des sociétés moins nanties où les gens pourraient souffrir, dit-il. C'est un jeu dangereux.»

Plusieurs experts s'inquiètent d'une répétition de la crise alimentaire de 2008. La situation diffère cette année, même si le résultat pourrait être le même, dit M. Overbeek. «En 2008, c'était plus une spirale spéculative, dit-il. Cette année, il y a des facteurs objectifs qui expliquent le prix du grain.»

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