Aliments Da Vinci en difficulté

Da Vinci, située dans l'arrondissement du Sud-Ouest, à... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Da Vinci, située dans l'arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, a ouvert ses portes en 1970. L'entreprise est la propriété de la famille Mazzaferro depuis trois générations. Aujourd'hui, elle donne du travail à 150 employés et compte plusieurs fournisseurs dans le milieu agricole. Da Vinci aurait parmi ses clients les grandes chaînes comme Metro et Loblaws.

(Montréal) Un des plus grands fabricants de pizza au Canada, Aliments Da Vinci, traverse des épreuves difficiles.

L'entreprise a des litiges avec certains fournisseurs, qui se plaignent de retards de paiements. Et l'Agence du revenu du Québec (ARQ) lui réclame 2,6 millions de dollars dans un dossier de TVQ, incluant pénalités et intérêts, somme à laquelle s'ajoute la TPS, pour un total de quelque 4 millions.

Da Vinci, située dans l'arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, a ouvert ses portes en 1970. L'entreprise est la propriété de la famille Mazzaferro depuis trois générations. Aujourd'hui, elle donne du travail à 150 employés et compte plusieurs fournisseurs dans le milieu agricole. Da Vinci aurait parmi ses clients les grandes chaînes comme Metro et Loblaws.

Le litige avec le fisc a été porté devant les tribunaux par Da Vinci le 21 juin. Revenu Québec soutient que Da Vinci lui a réclamé des crédits de TVQ en trop pour les années 2005 à 2009. Ces crédits ont été réclamés au moyen de fausses factures, affirme l'agence.

Da Vinci réplique qu'il n'en est rien. Les crédits réclamés découlent de taxes qu'elle dit avoir payées à des agences de personnel pour combler des besoins de main-d'oeuvre temporaire. «La totalité des factures sont de vraies factures», se défend Da Vinci dans sa requête.

Pour prouver ses dires, Da Vinci soutient qu'elle a demandé à ces agences des «attestations de conformité émises par la CSST» et qu'elle a même des litiges devant les tribunaux avec certaines.

La Presse a retracé deux litiges de Da Vinci avec des agences. La première des agences est située dans un bureau de l'arrondissement de Saint-Laurent et existe depuis longtemps. La seconde donne comme adresse un triplex d'une rue secondaire du quartier Villeray, à Montréal. Personne ne répond au téléphone, pas même une boîte vocale.

Par ailleurs, plusieurs fournisseurs se plaignent d'être payés en retard. Il y a deux semaines, le fabricant de boîtes de carton Ros-Mar Litho, de Baie-d'Urfé, a intenté une poursuite de 1,2 million contre Da Vinci, soutenant ne pas avoir été payé entre juin 2011 et avril 2012.

Depuis juin, deux autres fournisseurs ont obtenu de la cour des brefs de saisie contre certains actifs pour des factures impayées totalisant 45 000$ et 72 000$. À cela s'ajoute une hypothèque légale prise par Hydro-Québec sur deux immeubles de Da Vinci pour plus de 125 000$ d'électricité impayée.

Bref, les litiges s'accumulent. Pourtant, en décembre, Da Vinci a conclu une entente pouvant atteindre 30 millions avec Financement agricole Canada (FAC), une société d'État fédérale.

L'institution fait du financement à long terme et Da Vinci négocie maintenant avec une banque pour ajouter un financement à court terme (marge de crédit).

Le directeur régional, agro-entreprise, de Financement agricole Canada, André Surprenant, se veut rassurant, mais prudent. «Les recours des créanciers nous préoccupent, mais nous avons une étroite collaboration avec Da Vinci. Nous croyons qu'avec les interventions actuelles et les démarches auprès d'institutions financières, le client pourra stabiliser la situation et revenir à des états financiers qui vont permettre de respecter toutes les obligations», a-t-il dit.

«Ce n'est pas une situation facile. C'est un gros bateau et il est donc plus difficile à virer de bord.»

Joint au téléphone, le directeur général de Da Vinci, Franco Cammuso, affirme que tout rentrera dans l'ordre au cours des prochaines semaines. Certains des litiges des derniers mois ont été réglés à l'amiable, dit-il, ce que confirment nos vérifications.

Concernant le fisc, il répète que l'entreprise n'a pas fait de fausses factures. Quant à Hydro-Québec, M. Cammuso soutient que ses avocats sont en train de régler la question, que des fonds sont déposés en garantie.

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