Architecture: Lemay signera la promenade de Casablanca

Louis T. Lemay est président de la firme... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Louis T. Lemay est président de la firme d'architectes Lemay, la plus importante au Québec, avec quelque 400 employés.

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Marc Tison
La Presse

C'est avec une audacieuse proposition s'inspirant du jardin islamique traditionnel que la firme québécoise d'architectes Lemay a remporté le concours international d'aménagement de la promenade du bord de mer de Casablanca, au Maroc.

La bonne nouvelle leur a été confirmée le 14 décembre dernier à Casablanca, quand le roi Mohammed VI a officiellement lancé les travaux de la Promenade maritime de la mosquée Hassan II.

Le projet de 200 millions de dirhams (26 millions de dollars, si vous préférez) s'étend sur 3,5 km de littoral.

Lancé en avril 2016, le concours portait sur deux corniches, celle bétonnée d'El Hank, qui jouxte la prestigieuse mosquée Hassan II, et celle d'Ain Diab, qui comporte une section balnéaire.

Lemay, qui travaillait déjà au Maroc à une étude de planification urbaine, a été présélectionnée en juin avec cinq autres firmes - une américaine, une australienne et trois européennes.

Chacune avait environ deux mois pour préparer une proposition pour la clôture du concours, en septembre.

PROPOSITION AUDACIEUSE

Une vingtaine d'architectes, architectes paysagers, urbanistes et designers de Montréal se sont penchés sur le problème, au coeur de l'été.

« On aime les concours où on est capables de mettre en oeuvre l'ensemble de nos spécialités de façon intégrée. » - Louis T. Lemay, président de la firme homonyme

Dirigée par René Hubert, directeur de Lemay pour l'international - il était à l'étranger au moment de l'entrevue - , l'équipe a travaillé de concert avec la firme marocaine Geodata, spécialisée en topographie et ingénierie.

Il s'agissait de « comprendre la culture locale et la réinterpréter de façon contemporaine », décrit Louis T. Lemay.

Les concepteurs ont présenté une proposition s'inspirant du jardin islamique. Cet aménagement traditionnel se caractérise par une composition en gradins, qui s'échelonne de haut en bas de l'étage d'ombre à l'étage des fleurs, puis à l'étage de l'eau.

Lemay a transposé cette déclinaison à l'horizontale en strates parallèles qui courent le long du rivage : une promenade en béton, une zone ombragée, une strate végétale, une bande littorale en bois. L'étage d'eau ? Il s'étale à perte de vue.

Associé principal création et dirigeant du lemayLab, Michel Lauzon décrit l'aménagement comme « une procession du citoyen qui va vers la mer ».

« C'est assez risqué, parce que c'est un archétype de la culture islamique. Si on l'interprète mal, ça peut aussi nous nuire. Mais pour gagner des concours, il faut prendre des risques. »  - Louis T. Lemay

AUCUNE OBSTRUCTION

À intervalles réguliers, des passages transversaux, formant de petites places, font communiquer la ville et le bord de mer.

De part et d'autre de ces passages, les édicules de services - sanitaires, cafés, boutiques - semblent émerger de la promenade en béton, qui se soulève pour les laisser apparaître, mi-enfouis.

De la ville, la vue sur la mer n'est aucunement obstruée par ces constructions fondues dans l'aménagement.

« C'est ce qui nous a permis de nous différencier », informe Michel Lauzon.

Dans le pôle naturel du projet, la proposition d'un jardin biofiltrant pour les eaux grises a aussi fait vibrer la fibre du développement durable, particulièrement sensible au moment où se tenait la 22e Conférence des parties sur le climat (COP22) à Marrakech, en novembre dernier.

LA RÉALISATION

La première phase doit être complétée en décembre 2107. Le reste des travaux sera effectué en 2018. « Une fois qu'il été soumis, le Palais s'est intéressé au projet et a décidé d'en faire un projet phare, souligne Michel Lauzon. Ça a fait la une de tous les médias marocains. C'est LE projet au Maroc. »

La promenade maritime de Casablanca servira de carte de visite pour d'autres projets d'envergure en Afrique du Nord, où Lemay veut accroître ses activités.

« On exporte un savoir-faire », formule Louis T. Lemay, insistant sur le respect du contexte culturel de leurs interventions. « On ne veut pas faire des ovnis » : des objets architecturaux qui se posent sans aucun lien avec le milieu.




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