Prof de l'année selon The Economist: une montréalaise en finale

Johanne Brunet qui enseigne le marketing depuis dix... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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Photo Olivier Jean, La Presse

Johanne Brunet qui enseigne le marketing depuis dix ans à l'école de gestion affiliée à l'Université de Montréal fait partie des quatre finalistes d'un concours organisé par l'hebdomadaire The Economist, qui couronnera en mars le «Business Professor of the Year».

Marie-Michèle Sioui
La Presse

La professeure agrégée de HEC Montréal Johanne Brunet n'ira pas à Sotchi, mais elle se prépare quand même pour ses propres Jeux olympiques.

Celle qui enseigne le marketing depuis dix ans à l'école de gestion affiliée à l'Université de Montréal fait partie des quatre finalistes d'un concours organisé par l'hebdomadaire The Economist, qui couronnera en mars le «Business Professor of the Year». Le sprint final sera le cours de 35 minutes qu'elle devra donner à des étudiants réunis à Londres le 14 mars prochain, au terme duquel le grand gagnant du concours sera nommé et récompensé avec une bourse de 100 000 dollars US.

À propos de sa nomination et de ses adversaires, Johanne Brunet demeure humble et joviale. «Ce sont tous des gens qui ont beaucoup de métier, ce sont de grandes pointures», lance-t-elle en riant. «Je pense qu'on arrive pas mal tous égaux. C'est comme un 100 mètres; c'est une petite seconde qui va faire la différence.»

Au départ, 222 professeurs, certains du Mexique ou de la Suisse, d'autres des États-Unis et de l'Angleterre, notamment, étaient dans la course, car un de leurs étudiants - actuel ou diplômé - avait suggéré leur candidature.

Mais «Johanne», comme l'appelle l'étudiant qui l'a fait entrer dans la course, a reçu la faveur du public et des juges pour atteindre la ronde finale, à l'instar de trois autres professeurs, dont deux sont canadiens également. «Le talent de Johanne repose dans sa passion incroyable pour le sujet qu'elle enseigne et sa capacité de rendre ses cours intéressants», a écrit Ali dans le texte qu'il a envoyé à The Economist.

C'est ainsi que la professeure s'attèle depuis quelque temps à préparer sa «bataille d'enseignement», un «live teach-off» en anglais, qui portera sur un sujet qui, dit-elle prudemment, lui tient à coeur. «Tout le monde garde le thème de son cours dans son veston, il y a de la compétition», observe-t-elle, sans perdre son ton de voix enjoué. Quand même, les thématiques qui la passionnent s'invitent dans la conversation. «Je crois au marketing bien fait, celui qui fait en sorte que les consommateurs et les entreprises en sortent gagnants», avance-t-elle. «J'adore ce que j'enseigne.»

Avant de se lancer dans la recherche et l'enseignement, Johanne Brunet a été cadre à Radio-Canada et à TV5. Elle a complété un doctorat sur la créativité et l'innovation à l'université Warwick, en Angleterre. Selon le directeur de HEC Montréal, c'est entre autres cette expérience «de l'autre côté de la clôture» qui fait sa marque. «Elle a joint l'école avec un bagage de cadre, c'est une belle combinaison [avec l'enseignement]», affirme Michel Patry. «En plus, ses habiletés de communication sont assez exceptionnelles.» Le 14 mars, Johanne Brunet fera une présentation devant 55 étudiants en affaires choisis par The Economist. Sa prestation sera également suivie sur le Web. Johanne Brunet sera entre autres évaluée sur sa capacité à captiver les étudiants, qu'ils soient dans la salle ou derrière leur écran d'ordinateur. Les votes des personnes présentes dans la salle détermineront le gagnant du concours, qui en est à sa première édition. «C'est déjà une victoire, mais on lui a dit de revenir avec un trophée», lance Michel Patry à la blague. «Je ne suis pas étonné que Johanne fasse partie des finalistes. On est dans les ligues majeures, et on est assez confiants.»

La dernière manche d'un long processus

Johanne Brunet fait partie des quatre finalistes du concours «Business Professor of the Year», organisé par la division Intelligence Unit de l'hebdomadaire britannique The Economist avec l'appui de l'École internationale Hult, dont les campus sont surtout aux États-Unis, mais également à Londres, Shanghaï, Dubaï et São Paulo.

La compétition a commencé cet automne, quand les étudiants et les diplômés en affaires de la planète entière ont été invités à inscrire un de leurs professeurs dans la course, qui était ouverte à tous ceux qui enseignent les affaires au premier et au deuxième cycles universitaires.

Le vote en ligne s'est terminé à la fin du mois de novembre, et dix professeurs ont été retenus par le public. «On a tous voté pour elle», rappelle avec enthousiasme le directeur de HEC Montréal, Michel Patry. Les juges du concours ont ensuite sélectionné cinq professeurs supplémentaires, et les 15 personnes choisies sont passées à l'étape des nominations finales. Les juges ont finalement sélectionné quatre candidats, qui se rendront à Londres le 14 mars prochain pour donner un cours de 35 minutes sur le sujet de leur choix devant des étudiants, qui suivront la leçon dans la salle de classe ou sur le Web.

Johanne Brunet fait partie de ces quatre finalistes, en lice pour un prix de 100 000 dollars US. Ses adversaires sont les Canadiens Darren Dahl et Kevin Kaiser, de l'Université de la Colombie-Britannique et de l'école INSEAD, respectivement. Le quatrième professeur dans la course est Vijay Sethi, qui enseigne à l'Université de la technologie de Nanyang, à Singapour.

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