Déclin du nombre d'entreprises de taille moyenne

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Un certain nombre d'entrepreneurs disent ne pas vouloir grossir leur entreprise au-delà d'une certaine taille en raison de la croissance du fardeau fiscal et réglementaire, qui réduit alors les gains de rentabilité anticipés.

L'état de santé des entreprises de taille intermédiaire est-il négligé dans l'économie canadienne, comparativement à l'attention portée aux PME et aux grandes entreprises?

C'est du moins ce que demande une analyse effectuée par la Banque de développement du Canada (BDC), et dont les résultats avertissent d'un déclin significatif du nombre de moyennes entreprises (ME) au Canada depuis quelques années. Les ME comprennent les entreprises de 100 à 500 employés avec un chiffre d'affaires d'au moins 10 millions de dollars par année, ou 34 millions en moyenne.

Selon l'étude de la BDC, le nombre de ME canadiennes est passé de 9370 à 7814 depuis 2006, ce qui représente une baisse de 17%. Dans le seul secteur de la fabrication, de loin le plus touché par ce déclin, plus de la moitié des ME ont disparu de 2001 à 2010, passant de 2807 à 1381.

Selon la BDC, un peu plus du tiers (37%) des ME au Canada étaient encore établies en Ontario en 2010, et 23% au Québec. Toutefois, c'est en Ontario que le déclin de la population des ME a été le plus accentué (25%) durant les cinq années précédentes, entre 2006 et 2010 inclusivement.

Au Québec, en contrepartie, ce déclin du nombre de ME durant cette période a été moindre que la moyenne canadienne. Par conséquent, la part québécoise de cette population de ME au Canada a légèrement crû de 24% à 26% en 2006 et 2010.

Selon l'étude de la BDC, les ME ne représentent plus que 0,85% du nombre total des entreprises au pays, mais elles contribuent encore de façon appréciable à l'économie. On leur attribue jusqu'à 16% des emplois, 12% du produit intérieur brut (PIB) de l'économie canadienne et jusqu'à 17% de la valeur des exportations.

Concurrence féroce

Quant aux principaux facteurs du déclin du nombre de ME, un sondage parmi leurs dirigeants effectué pour la BDC par la firme Harris/Decima identifie la concurrence féroce à laquelle font face ces entreprises, qui serait devenue le plus important frein à leur croissance. Pour les entreprises qui souhaitent croître, l'accès au financement représente également une importante contrainte.

Ce constat d'un déclin du nombre de ME n'étonne guère à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui est le principal regroupement de PME au pays. «Ce n'est pas une surprise. Et nous savons que ce déclin du nombre de ME est dommageable pour l'économie canadienne et québécoise», a commenté Martine Hébert, vice-présidente de la FCEI pour le Québec.

«Les conclusions de l'étude de la BDC reflètent les commentaires d'un certain nombre d'entrepreneurs qui disent ne pas vouloir grossir leur entreprise au-delà d'une certaine taille en raison de la croissance du fardeau fiscal et réglementaire, qui réduit alors les gains de rentabilité anticipés.»

Selon l'étude de la BDC, quelque 14% des ME recensées au Canada en 2006 ont rapetissé au niveau de petites entreprises (moins de 100 employés) durant les années suivantes. Et à peine 1,4% des ME sont au contraire devenues de grandes entreprises, c'est-à-dire ayant plus de 500 employés.

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