Gérer le succès, façon Coeur de pirate

Béatrice Martin, alias Coeur de pirate.... (Photo: Bernard Brault, archives La Presse)

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Photo: Bernard Brault, archives La Presse

Béatrice Martin, alias Coeur de pirate.

Que faire quand sa carrière ou son entreprise prend son envol? Garder le contrôle. Continuer de prendre soi-même les décisions importantes. Ne pas se laisser distraire par le succès. Faire confiance à son entourage de la première heure.

Ces conseils pourraient provenir d'un manuel pour gestionnaire de start-ups, mais ils sont plutôt ceux de Béatrice Martin, alias Coeur de pirate.

À l'âge de 19 ans, l'artiste montréalaise a lancé en 2008 sa carrière musicale dans l'anonymat le plus complet avant de devenir une sensation en France et au Québec quelques mois plus tard. «Un après-midi, je pensais jouer devant 20 personnes dehors dans un festival en Belgique, mais il y a eu 7000 personnes», dit-elle en entrevue à La Presse Affaires, après avoir participé hier à une conférence de l'Université McGill sur les secrets de la réussite.

Le secret de son succès (outre son talent de musicienne, bien entendu)? Avoir réussi à garder le contrôle sur sa carrière, notamment en signant un contrat plus limité (un contrat de licence) avec sa maison de disques plutôt qu'un contrat global d'artiste.

Une décision qui lui a permis de garder la propriété de ses chansons. «C'est tentant, le gros contrat. On fait l'album qu'on veut avec le producteur qu'on veut, toutes les dépenses sont permises. J'ai eu la chance d'avoir le choix de la part de ma maison de disques, que j'adore. J'ai pensé plus petit: on va faire un album de 20 000$, mais on va faire le meilleur avec ça», dit Béatrice Martin, qui a sorti deux albums qui ont connu un succès autant critique que commercial, en plus de gagner des Félix au Québec et un trophée Victoire en France.

Les médias sociaux l'ont aussi aidée à gérer son ascension fulgurante. «C'est important de garder une emprise, de pouvoir réagir tout de suite», dit-elle.

Ne pas perdre la tête

Pour la gestion de ses affaires, elle a rapidement fait confiance à son père. «Il était toujours dans le portrait, dit-elle. J'ai aussi eu la chance de travailler beaucoup. Quand on travaille beaucoup, on ne se laisse pas distraire. Je suis restée concentrée, je n'ai jamais perdu la tête.»

À 23 ans - un âge où bien des gens sortent des bancs d'université -, Béatrice Martin a eu une expérience professionnelle de gestion peu commune. Et une opinion bien arrêtée sur l'industrie de la musique.

«C'est un business, dit-elle. Le travail et le talent entrent en ligne de compte, mais il y a aussi de quoi on a l'air, ce qu'on a à dire, quelle est notre histoire. C'est tout ça mis ensemble. Les artistes sortent des clips tous les trois mois, des singles tous les six mois parce qu'il faut toujours être présent. Je trouve [le succès] merveilleux, mais je ne l'ai jamais cherché. Je ne me suis pas levée à 5 ans en me disant que j'allais devenir une pop star.»

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