L'enseignant devenu millionnaire du placement

«Les gens doivent comprendre que lorsqu'ils investissent en... (Photo fournie par Andrew Hallam)

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Photo fournie par Andrew Hallam

«Les gens doivent comprendre que lorsqu'ils investissent en Bourse, ils deviennent propriétaires d'une partie d'entreprises bien réelles. En majorité, ces entreprises vont augmenter leurs revenus sur le long terme. Et, sur le long terme, la Bourse va toujours refléter cette croissance.»

(LOS ANGELES) Sur papier, Andrew Hallam ne devrait pas être riche.

Originaire de Vancouver, M. Hallam, 42 ans, enseigne l'anglais à Singapour à des élèves du secondaire. Il n'a pas de sécurité d'emploi ni de régime de retraite. Tout cela, dans un pays où le coût de la vie peut décimer le budget d'un expatrié.

«Or, écrit Hallam, je suis devenu millionnaire, sans dette, à la trentaine. Je n'ai pas couru de risques exceptionnels. Et je n'ai pas hérité un cent de qui que ce soit.»

Son truc? Premièrement, Hallam n'est pas devenu riche du jour au lendemain: il a su éviter plusieurs pièges en cours de route. Et, deuxièmement, son histoire est moins une formule miracle qu'un exposé frappant sur les limitations des fonds communs de placement et l'extraordinaire pouvoir des intérêts composés et de la Bourse.

Lancé l'an dernier, son premier livre, Millionaire Teacher, vogue vers les 100 000 exemplaires vendus dans le monde, et est actuellement en train d'être traduit en mandarin.

La Presse l'a contacté à Singapour.

Q Quand avez-vous commencé à investir?

R J'ai commencé à investir en 1989. À l'époque, le marché montait en flèche. La Bourse a produit des gains d'environ 18% par année entre 1982 et 2000, et j'ai commencé à investir au milieu de cette période. Quand le marché s'est mis à baisser, les gens ont été surpris. Heureusement, en 2001, j'ai lu une phrase de Warren Buffett qui m'a frappé: «Les marchés à la hausse sont mauvais pour les jeunes investisseurs.» Le marché est comme n'importe quel bien de consommation courante: il est préférable de l'acheter quand il est en vente (et souhaiter que la vente se poursuive le plus longtemps possible).

Q Les gens ont souvent peur d'investir en Bourse, qui semble monter et baisser de façon aléatoire et arbitraire.

R Les gens doivent comprendre que lorsqu'ils investissent en Bourse, ils deviennent propriétaires d'une partie d'entreprises bien réelles. En majorité, ces entreprises vont augmenter leurs revenus sur le long terme. Et, sur le long terme, la Bourse va toujours refléter cette croissance. Depuis 90 ans, le rendement moyen de la Bourse américaine est de 9% par année. Et ce, en tenant compte des crises de 1929, 1973-1974, 1987, et 2008-2009.

Par contre, à court terme (et 10 ans, ce n'est rien en Bourse), le marché semble être dirigé par un fou, un maniacodépressif. Or, si le marché chute de 15% une année, est-ce dire que la somme des entreprises a vu ses revenus chuter de 15%? Bien sûr que non.

Les investisseurs devraient ignorer les nouvelles et les aléas de la Bourse. Sur le court terme, le marché boursier est comme du crack: il ne faut jamais tomber sous son influence. Il faut garder la tête froide, et continuer, chaque mois, d'acheter des Fonds négociés en Bourse [ETF en anglais]. Ces fonds représentent des milliers d'actions et d'obligations, et leurs frais annuels sont une fraction de ceux perçus par les fonds communs.

Comme je l'explique dans mon livre, j'aime que le rendement suive mon âge, donc 42% de mon portefeuille est investi dans un fonds d'obligations, plus stable, et le reste est investi dans des fonds d'actions. Je rééquilibre mon portefeuille une fois l'an. C'est tout.

Q Vous avez commencé à investir à l'âge de 19 ans, et vous rajoutez immanquablement de l'argent dans votre portefeuille depuis. D'où vous vient cette rigueur?

R Nous étions quatre enfants dans ma famille, et mon père était mécanicien. Nous n'avions pas beaucoup d'argent à dépenser à gauche et à droite. Quand je voulais quelque chose, je devais me l'acheter moi-même. Je n'aimais pas tellement mes boulots à temps partiel, donc si je travaillais à 5$ l'heure, et que je voulais m'acheter quelque chose qui coûtait 100$, je me posais la question: «Est-ce que je suis prêt à faire 20 heures de travail manuel pour ça?» Souvent, la réponse était non.

Q Les Canadiens sont accros à l'immobilier. Quels conseils donneriez-vous à un couple âgé de 30 ans qui s'apprêterait à prendre une deuxième hypothèque pour investir dans l'achat d'un appartement?

R Je leur suggèrerais d'examiner le rendement de leur investissement. Un appartement est comme une entreprise. Quel est le rendement de l'entreprise? Si l'appartement coûte 250 000$, et que les revenus mensuels de location (après avoir soustrait tous les frais) sont inférieurs à 1500$, je ne serais pas intéressé. Cela donnerait à l'investisseur un rendement de 7,2%. Mais l'appartement n'est qu'une source de revenus, et si le locataire ne peut plus payer, l'investisseur doit assumer les paiements. Si l'investisseur est prêt à courir ce risque, et que le rendement dépasse nettement les 7%, alors je donnerais mon feu vert.

Millionaire Teacher: The Nine Rules of Wealth You Should Have Learned in School. Andrew Hallam. Édition Wiley. 208 pages.

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