Les bars sportifs craignent un lock-out dans la LNH

L'ambiance endiablée lors des matchs du Canadien n'atteint... (Photo François Roy, archives La Presse)

Agrandir

Photo François Roy, archives La Presse

L'ambiance endiablée lors des matchs du Canadien n'atteint son paroxysme qu'au cours des séries, mais le lock-out appréhendé dans la Ligue nationale fera certainement mal aux restaurants et bars sportifs du Québec.

(Montréal) Il y a trois ans, la direction de Bruno Sport Bar a installé trois écrans de télévision de 100 pouces chacun dans son bar de la rue Beaubien, à Montréal. Un investissement de 20 000$. Depuis, chaque fois que le Canadien de Montréal saute sur la patinoire, l'endroit de 50 places est plein à craquer et la bière se vend bien.

En cas de lock-out dans la LNH, si les joueurs et les propriétaires des équipes de hockey ne parviennent pas à s'entendre sur un contrat de travail, l'endroit risque de ne pas être aussi convoité cet automne. «Sans match, c'est tranquille, il n'y a personne et je perds des ventes en alcool, résume le gérant Dominico Berrillo. On risque de connaître une baisse des ventes de 30% à 50%.»

«C'est sûr que ça va nous affecter, dit une employée de Bar Sportif Dallas, à Laval. Il y aura au minimum la moitié moins de monde.»

Il y a bien sûr les soirées de boxe et l'Euro pour remplir le bar. «Mais ces événements sont rares, dit Dominico Berrillo. On compte sur les machines de loterie pour attirer des clients.»

Diversification chez les plus grands

Cela dit, les chaînes telles Les Rôtisseries St-Hubert prévoient être moins affectées que les endroits où on consomme d'abord de l'alcool. «Le lock-out va causer une perte de clientèle mineure, dit Josée Vaillancourt, conseillère principale des communications, de Rôtisseries St-Hubert. Mais heureusement, nous ne sommes pas qu'un bar sportif. On a quelques soirées réservées au hockey, mais il y a plusieurs soirées thématiques, latino, humoristiques et avec des chanteurs locaux. Grâce à cette autre façon d'exploiter nos bars St-Hub, on espère qu'on ne perdra pas complètement notre clientèle. Cela dit, ça ne fait pas tellement longtemps qu'on propose du hockey, car on ne voulait pas entrer en compétition avec la Cage aux Sports.»

Le fait de miser sur la diversification et l'amélioration de son menu permettra aux 26 Boston Pizza du Québec de se prémunir contre une baisse d'achalandage, croit la direction. «Nous sommes prêts, dit Carl Pichette, directeur principal du marketing de Boston Pizza. On a un bon plan commercial en place. On lance un nouveau menu et une carte pour enfants. Nous sommes convaincus que ça va attirer des gens. On a des bars sportifs, mais aussi une salle à manger. On se concentre vraiment sur la nourriture. On ne peut compter sur la LNH pour faire notre business.»

L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) suggère aux propriétaires de resto-bar de multiplier les promotions cet automne pour limiter la baisse de fréquentation. «Et pour que la clientèle reste sur place plus longtemps, dit François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ. Par ailleurs, lors du dernier lock-out (2004-2005), la Cage aux Sports a diversifié son offre de diffusion. L'entreprise a beaucoup investi dans la boxe, entre autres.»

Mais la saison régulière, ce n'est pas les séries éliminatoires, rappelle François Meunier. «Un match du mardi soir en saison régulière ne crée pas le même engouement qu'un match de finale en séries, souligne-t-il. Il n'y a pas forcément de surplus de clientèle.»

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer