Négociation dans l'hôtellerie: quatre ententes de principe

Les 175 employés de l'hôtel Gouverneur Place Dupuis... (Photo: Olivier PontBriand, La Presse)

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Photo: Olivier PontBriand, La Presse

Les 175 employés de l'hôtel Gouverneur Place Dupuis ont débrayé pendant 24 heures aujourd'hui.

Le renouvellement des conventions collectives de 35 hôtels de la province a connu un important déblocage au cours de la fin de semaine. Quatre ententes de principe ont été conclues, ce qui porte à neuf le nombre d'établissements ayant mis fin au conflit de travail.

Le plus récent règlement est survenu dimanche matin au Reine Élizabeth de Montréal, où les employés venaient tout juste de déclencher une grève. Les 700 employés de l'hôtel ont débrayé en matinée dans le but d'accentuer la pression sur la partie patronale. Cette stratégie semble avoir porté ses fruits, puisqu'une entente a été conclue quelques heures plus tard.

Après un «marathon de 40 heures de négociations», un règlement est également intervenu au cours de la nuit de samedi à dimanche au Hilton Bonaventure, où travaillent 250 personnes. À ces deux ententes s'ajoutent celles conclues samedi au Hilton Québec et au Holiday Inn Laval.

Paix syndicale jusqu'en 2016

Si elles sont acceptées par les syndiqués, ces nouvelles conventions collectives assureraient une paix syndicale jusqu'en 2016. Les ententes, toutes similaires, prévoient des augmentations salariales de 3% par année. La cotisation des employeurs au régime de retraite des employés sera majorée de 2% du salaire gagné.

La CSN, qui mène ces négociations concertées pour 35 syndicats et 5500 travailleurs, précise que diverses clauses pour protéger les emplois de ses membres ont également été acceptées. Les hôteliers auraient ainsi accepté de limiter le travail des cadres et s'engagent à ce que la réduction des services d'entretien n'affecte pas les heures travaillées par les syndiqués.

Malgré cette percée, le conflit de travail est encore loin d'un règlement. Pour l'instant, 9 des 35hôtels touchés par la ronde de discussions en sont arrivés à un règlement, soit le quart des établissements.

La CSN voit néanmoins comme un bon signe les nombreuses ententes intervenues au cours de cette fin de semaine marquée par une menace de débrayage de 24 heures. «On a senti beaucoup de déblocages aux autres tables de négociations et on se rapproche d'un règlement. L'objectif de notre débrayage de 24 heures, qui était de forcer les employeurs à s'asseoir et à négocier, a été atteint», s'est réjoui Michel Valiquette, porte-parole syndical. Les syndicats de l'hôtellerie affiliés à la CSN négocient de façon concertée depuis 25 ans.

Des conflits perdurent

Plusieurs conflits perdurent tout de même - certains depuis près de deux mois. Quatre hôtels montréalais sont ainsi en lock-out, soit le Regency Hyatt depuis le 25 juillet, le Holiday Inn Select Sinomonde du quartier chinois depuis le 5 août, l'Espresso depuis le 16 août et le Maritime depuis le 1er septembre.

Le secteur hôtelier a connu un mois de juillet difficile, alors qu'il s'agit habituellement d'un des meilleurs mois de l'année. Les plus récentes données du ministère du Tourisme indiquent en effet que le nombre de chambres louées a diminué de 1,8% par rapport à 2011. Le recul est plus prononcé à Montréal, où les hôtels accusent un retard de 2,2%.

Ce recul fait toutefois suite à un mois de juin record. L'achalandage des hôtels a bondi de 5,5% à l'échelle du Québec durant cette période. La hausse est encore plus marquée à Montréal, où les hôtels ont enregistré une augmentation de 11,6% des chambres louées.

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