Groupe Fiatlux-Ampleman: une semaine explosive

Les dirigeants de Groupe Fiatlux-Ampleman n'ont pas l'habitude de célébrer lors... (Photo : Jean-Pierre Lavoie, Cyberpresse)

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Photo : Jean-Pierre Lavoie, Cyberpresse

(Montréal) Les dirigeants de Groupe Fiatlux-Ampleman n'ont pas l'habitude de célébrer lors des festivités de la Saint-Jean et de la fête du Canada. Ou du moins célèbrent-ils autrement! Cette année, du 23 juin au 1er juillet, les employés de l'entreprise pyrotechnique installeront et feront exploser plus de 25 000 pétards dans le cadre d'une trentaine de fêtes, tant au Québec que dans le reste du Canada. «De 400 à 1000 pétards par show, explique le copropriétaire, chargé de projet et concepteur Éric Cardinal. L'installation se fait de quatre jours à la journée même de l'événement. Les entreprises pyrotechniques ne peuvent avoir d'allégeance politique, sinon elles se tirent dans le pied!»

Cette année, Groupe Fiatlux-Ampleman ajoute une célébration à sa fiche qui compte notamment, ces dernières années, Le Carnaval de Québec, les JO de Vancouver de 2010, le Barcelona Fireworks Festival et le Shanghai Music Fireworks Festival: soit les festivités du 1er juillet à Ottawa. Ce contrat de la Commission de la capitale nationale (CCN) de trois ans et une année d'option est estimé entre 50 000$ et 100 000$ annuellement. «C'est très rare, note Maude Furtado, directrice générale de Fiatlux-Ampleman. Car dans cette industrie, on fonctionne souvent par soumission chaque année.»

Récemment, les mordus de feux d'artifice et de pyrotechnie ont pu voir les membres de Fiatlux-Ampleman en action dans la série Pyros (qui a été vendue à The Weather Channel), diffusée sur la chaîne Discovery. De Montréal à Valence, en passant par Rio et Séoul, la série, entièrement consacrée à l'entreprise et produite par Omni Film, a permis de donner une voix aux employés d'une industrie méconnue. «Dans notre milieu, c'est difficile de faire de la pub, note Maude Furtado. On espère que ça ait un impact positif, que ça crée de la demande et qu'on intègre davantage de pyrotechnie dans des programmations.» Et ce, même si la diffusion de la série s'est amorcée à la fin d'avril, alors que les contrats sont déjà confiés. «Pour l'instant, on ne voit pas les répercussions au plan des affaires, mais des fans nous ont écrit», dit Maude Furtado.

«On entend beaucoup: ça humanise le travail, ajoute Éric Cardinal. Cela dit, l'émission risque d'être rediffusée et de jouer dans d'autres pays.»

Qui sait si les rediffusions ne donneront pas un élan supplémentaire à cette entreprise au chiffre d'affaires de 2 millions et à la cinquantaine d'employés en période de pointe? Pour l'instant, elle réalise le quart de son chiffre d'affaires de la Saint-Jean au 1er juillet.

Forte compétition

Fiatlux (créée en 1985) et Ampleman (créée en 1932), fusionnées en 2010, sont actifs dans un milieu très compétitif et qui ne se limite pas qu'à l'industrie des feux d'artifice. Une industrie en croissance, mais féroce, au Québec comme au Canada. «C'est l'inconvénient d'avoir créé un festival de feux d'artifice à La Ronde, il y a 28 ans (notamment par Frank Furtado, père de Maude)! Ça a créé un intérêt depuis, note Mme Furtado. Au départ, on cherchait des artificiers. Maintenant, il y en a beaucoup et de plus en plus. Par ailleurs, les feux eux-mêmes ont aujourd'hui de la compétition, car le multimédia, les méga projections, ont pris de la place. Ce sont tous des produits de luxe.»

Pour se démarquer, l'entreprise est à développer des façons de faire participer les spectateurs à leurs événements pyrotechniques. En novembre dernier, l'émission Génération inc. de la chaîne V a suggéré aux dirigeants, à titre d'exemple, une application pour que les écrans des téléphones intelligents s'ajustent aux couleurs des feux en temps réel. Question d'amener les feux plus loin. Pour éviter d'être toujours considérés comme un simple bonbon par des organisateurs d'événements. Pour arriver, après avoir frôlé la faillite (dans le cas de Fiatlux, en 2009), à avoir un chiffre d'affaires mieux réparti dans l'année. Bref, pour «ne pas célébrer» à d'autres dates que les 24 juin et 1er juillet dans l'année!

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