Amphithéatre à Québec: le rapport de SNC «de faible qualité»

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«C'est une étude incomplète, de faible qualité, avec peu d'explications et de références. Ce rapport ne respecte pas des règles de base. Les chiffres sont peu ou pas documentés. On semble être arrivé à des conclusions rapidement qui vont dans le sens de ce que le client demandait», dit Maurice Gosselin, directeur de l'École de comptabilité de l'Université Laval.

(Montréal) À la suite de ses découvertes, La Presse Affaires a demandé à deux professeurs d'université, experts en comptabilité, d'examiner le rapport de SNC-Lavalin sur le coût d'un amphithéâtre à Québec. Leur verdict est sévère.

«C'est une étude incomplète, de faible qualité, avec peu d'explications et de références. Ce rapport ne respecte pas des règles de base. Les chiffres sont peu ou pas documentés. On semble être arrivé à des conclusions rapidement qui vont dans le sens de ce que le client demandait», dit Maurice Gosselin, directeur de l'École de comptabilité de l'Université Laval.

«Si un de mes étudiants au MBA me donnait ce travail, il y aurait des choses à reprendre. C'est loin d'être certain que ça aurait la note de passage», dit le professeur Michel Magnan, titulaire de la chaire en comptabilité Lawrence Bloomberg de l'Université Concordia.

Les deux professeurs sont étonnés de constater les différences entre les coûts de construction officiels des amphithéâtres et ceux du rapport de SNC-Lavalin. Ces coûts sont ensuite utilisés pour estimer le coût d'un amphithéâtre à Québec. «Quand on fait des projections, il faut que le point d'ancrage soit solide. Ce n'est pas le cas ici», dit Michel Magnan.

Maurice Gosselin est fortement en désaccord avec plusieurs décisions mathématiques de SNC-Lavalin, dont celle de convertir les coûts de construction en dollars canadiens lors de l'année de construction. «Le dollar canadien est tellement dévalué à la fin des années 90 qu'il contamine la comparaison. En plus, c'est complètement farfelu d'utiliser des chiffres d'inflation au Canada pour des amphithéâtres américains.»

Le directeur de l'École de comptabilité de l'Université Laval a remarqué une erreur supplémentaire dans le rapport de SNC-Lavalin: le remboursement de TVQ a été calculé sur un taux de 7,5%. «C'était connu à l'époque que la TVQ allait augmenter à 8,5% en 2011 et 9,5% en 2012», dit-il, ajoutant qu'il est «inacceptable de ne pas citer toutes ses sources» comme l'a fait SNC-Lavalin.

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Genèse d'un rapport

Le rapport sur le coût de l'amphithéâtre a été attribué sans appel d'offres (comme la loi le permet pour les contrats inférieurs à 25 000$) par la Ville de Québec à SNC-Lavalin le 27 juillet 2009. Ayant coûté 23 000$, le rapport a été remis à Ville le 28 septembre 2009. Quand le rapport a été présenté en conférence de presse en octobre, l'Équipe Labeaume a dû compter la conférence de presse comme une dépense électorale, car elle favorisait la candidature du maire Labeaume, qui a été réélu le mois suivant. Le rapport lui-même n'a pas eu à être inclus dans les dépenses électorales de l'Équipe Labeaume.

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