Le CH rentable dans la défaite

La saison se termine en queue de poisson... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Photo Bernard Brault, archives La Presse

La saison se termine en queue de poisson pour les joueurs et les partisans du Canadien. Quoi qu'il en soit, l'équipe aura un bilan positif au terme de cette saison désastreuse sur le plan sportif.

(Montréal) Même en connaissant l'une des pires saisons de son histoire sur la glace, le Canadien ne perdra pas sur toute la ligne: l'équipe fera probablement plusieurs dizaines de millions de dollars de profits.

> Les finances du Tricolore (tableau)

La dernière fois que le Tricolore a été écarté des séries en 2006-2007, l'équipe a fait des profits de 25,2 millions selon Forbes. Au cours des 10 dernières années, le Tricolore n'a raté les séries qu'à deux reprises. En 2002-2003, l'équipe avait perdu 5,4 millions en ratant les séries, mais elle devait aussi faire face à la faiblesse du dollar canadien et une popularité chancelante auprès des amateurs de sport.

En ratant les séries cette saison, le Canadien ne pourra pas compter sur les profits d'environ 2 millions de dollars (sur des revenus de 2,9 millions) par match éliminatoire au Centre Bell, selon une source proche de l'équipe. La perte de la manne éliminatoire n'empêchera toutefois pas le Canadien de faire des profits, selon les données financières du magazine Forbes. Depuis son exclusion des séries en 2006-2007, le Tricolore a vu ses profits annuels varier de 31,3 à 53,1 millions, au gré de ses performances en séries.

Le plan d'affaires du Canadien prévoit-il des profits même si l'équipe ne participe pas aux séries? Le président Geoff Molson a décliné notre demande d'entrevue, ne voulant pas aborder des questions reliées aux finances de l'équipe.

Du côté des Sénateurs

Pendant que le Canadien pense déjà à sa prochaine saison, les Sénateurs d'Ottawa se préparent en vue des séries à l'autre bout de l'autoroute 50. Une surprise qui tombe bien pour cette équipe moins riche que ses voisins. Selon Forbes, les Sénateurs ont généré des profits de 2,8 millions en 2010-2011, comparativement à 47,7 millions à Montréal et 81,8 millions à Toronto. Pour plusieurs petits marchés de la LNH comme Ottawa, séries riment avec profits.

«Certaines années, ça peut faire la différence selon la taille de votre masse salariale et le nombre de matchs disputés en séries, mais ce n'est pas toujours le cas, dit Cyril Leeder, président des Sénateurs d'Ottawa. L'effet des séries se fait davantage sentir l'année suivante sur les ventes de billets individuels et d'abonnements.»

Heureuse coïncidence, les Sénateurs d'Ottawa veulent justement augmenter l'intérêt pour leurs matchs. Leur objectif: avoir 13 500 détenteurs d'abonnements. Ils en avaient 10 000 en 2010-2011, 13 500 cette saison et compteront 800 nouveaux détenteurs d'abonnements l'an prochain. «Nous avons beaucoup d'appels en raison de notre participation aux séries», dit Cyril Leeder.

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Dans leurs prédictions au début de la saison, la plupart des experts en hockey avaient exclu les Sénateurs des séries. Les dirigeants de l'équipe étaient certes plus optimistes, mais pas au point de prévoir des revenus de séries éliminatoires dans leur budget. «Nous le faisions il y a quelques années, mais plus maintenant», dit Cyril Leeder. Les Sénateurs ont participé aux séries durant 11 saisons consécutives entre 1996 et 2008.

Joueurs non payés

Pourquoi les séries éliminatoires sont-elles aussi rentables pour une équipe de la LNH? Parce que sa principale dépense, les joueurs, n'a plus à être comptabilisée. En vertu de la convention collective, les joueurs reçoivent 57% des revenus de la LNH en salaires, qui leur sont versés uniquement durant la saison régulière. Pendant les séries, les joueurs reçoivent seulement une indemnité minime versée par la LNH.

En contrepartie, les équipes doivent remettre à la LNH entre 25% et 40% de leurs revenus aux guichets durant les séries. La LNH redistribue ensuite ces sommes à ses équipes moins riches par l'entremise du système de partage des revenus. «Les matchs de séries sont les plus rentables. C'était encore plus vrai avec l'ancienne convention collective (quand le système de partage de revenus était différent)», dit Ian Clarke, chef de la direction financière des Maple Leafs de Toronto, une équipe qui n'a pas participé aux séries depuis la saison 2003-2004.

Pour augmenter leur rentabilité pendant les séries, plusieurs équipes haussent le prix des billets. En 2010-2011, le Canadien avait haussé le prix de ses billets en séries de 17% par rapport aux meilleurs matchs de la saison régulière (les matchs Optimum). Cette saison, les Sénateurs d'Ottawa ont opté pour une approche différente: garder les prix de la saison régulière. «Nous voulions être équitables avec nos partisans, dit Cyril Leeder. En plus, nous aurions donné une bonne partie de la hausse des billets à la LNH en raison du partage des revenus.»

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Le CH paie moins cher en péréquation

La saison 2011-2012 n'est pas totalement négative pour le Canadien : l'équipe a réduit sa facture de péréquation en raison du nouveau contrat de télé de la LNH aux États-Unis. Faisant partie des 10 équipes les plus riches de la LNH, le Canadien doit verser chaque saison une partie de ses revenus aux équipes les moins riches. Au cours des dernières années, le Canadien payait environ 10 millions de dollars en péréquation, un chiffre confirmé par l'ex-président Pierre Boivin en avril 2008. Cette saison, le Tricolore verra sa facture de péréquation diminuer en raison du nouveau contrat de télédiffusion de la LNH avec NBC. Le système de péréquation de la LNH prévoit une réduction des contributions des équipes les plus riches si les redevances télés atteignaient un certain seuil. Ce dernier a été atteint avec le nouveau contrat de 2 milliards US pour 10 ans (200 millions par année) liant NBC à la LNH à partir de la saison 2011-2012.

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Pour joindre notre journaliste: vbrousseau-pouliot@lapresse.ca

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