Ébénisterie: des artisans en demande
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La Presse
Marie-Claude Éthier pratique depuis plus de deux ans le métier d'ébéniste. Ingénieure en aéronautique de formation, elle a quitté son emploi chez Rolls-Royce après avoir réalisé qu'elle allait y passer sa vie assise à contempler l'écran d'un ordinateur.
«J'ai besoin que ça bouge», explique-t-elle.
Après avoir terminé une formation professionnelle, la jeune ébéniste s'est lancée à son compte et partage aujourd'hui un atelier avec son frère dans la région de Lanaudière.
«J'aime la polyvalence et la flexibilité du métier, mais surtout la possibilité de travailler avec mes mains», dit-elle.
Depuis, elle accumule les créations. Commodes, bases de lit, bibliothèques et même un échiquier figurent parmi ses réalisations. Le métier l'a aussi conduite à la menuiserie. Elle conçoit maintenant autant d'armoires de cuisine que d'escaliers.
L'histoire de Marie-Claude Éthier n'est pas unique. De plus en plus de Québécoises se tournent aujourd'hui vers l'ébénisterie pour en faire une carrière.
«Il y a 10 ans, on avait de 10 à 20% de femmes inscrites à nos programmes. Aujourd'hui, on peut dire que c'est facilement la moitié», affirme Jean-Michel Lacroix, adjoint administratif et conseiller pédagogique à l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie de Montréal.
Cette institution collégiale, qui forme avant tout des ébénistes pour le secteur industriel, produit chaque année à ses pavillons de Victoriaville et de Montréal de 40 à 50 spécialistes du bois. Des diplômés qui ne chôment pas longtemps. «Il y a pratiquement deux offres d'emplois pour chaque élève», explique M. Lacroix.
On trouve aussi de plus en plus de femmes inscrites en ébénisterie artisanale. Selon Chantale Fortin, directrice adjointe à l'école des métiers d'art du cégep du Vieux-Montréal, la proportion de filles inscrites en ébénisterie au cégep est passée de 28 à 58% au cours des quatre dernières années.
«Les filles sont de moins en moins rebutées par le côté plus technique du métier», croit Jessica Beauchemin, diplômée du programme du cégep du Vieux-Montréal. «C'est mieux vu aujourd'hui qu'une fille joue avec un banc de scie», ajoute-t-elle.
Les créateurs du secteur du bois ont toutefois plus de difficulté à vivre de leur métier. Après avoir travaillé en atelier, Jessica a choisi de faire sa niche dans la création d'épingles à cheveux haut de gamme. Si elle ne peut vivre de son oeuvre pour le moment, elle ne regrette pas le choix qui l'a conduite à l'ébénisterie.
«Dans le volet industriel, c'est plus facile de trouver la rentabilité rapidement, explique-t-elle. Le mobilier dans le secteur commercial est renouvelé fréquemment, et ça crée une forte demande pour des ébénistes. Par contre, dans la commande artisanale, la compétition est vaste et c'est difficile de faire sa place.»
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