Triton Électronik, de Pointe-Claire, à l'heure de la consolidation

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La PME Triton Électronik, de Pointe-Claire, est à la croisée des chemins. Après avoir connu une croissance phénoménale ces dernières années, ce sous-traitant en haute technologie spécialisé dans l'assemblage de composantes électroniques doit maintenant devenir le premier dans son secteur d'activité dans l'est de l'Amérique du Nord. À défaut de quoi, ses concurrents canadiens ou américains pourraient lui damer le pion.

«On ne pourra jamais concurrencer l'Asie, où les grandes entreprises font faire leur assemblage. Mais les entreprises de taille moyenne se cherchent des sous-traitants qui ne sont ni trop gros, ni trop petits. Comme il y a une demande extraordinaire, quelqu'un doit consolider ce marché. Mais pour en arriver là, ça prend des gros sous et nous avons en ce moment plusieurs investisseurs intéressés. C'est d'ailleurs là que tout va se jouer», explique Daniel Blanche, président et chef de la direction de Triton Électronik.

Confier l'assemblage de ses composantes à des fournisseurs externes n'est plus l'apanage des géants de l'électronique. Un nombre croissant d'entreprises s'y mettent. Or, selon un document interne de Triton Électronik, les clients intermédiaires à la recherche d'entreprises de sous-traitance sont actuellement mal servis, car il manque de joueurs... intermédiaires, le créneau dans lequel Triton entend marquer des points.

La PME de Pointe-Claire dit posséder plusieurs cordes à son arc, ce qui lui confère une longueur d'avance sur la concurrence. L'entreprise ne se contente pas de simplement transformer en produit fini les milliers de pièces électroniques qu'elle reçoit d'un peu partout dans le monde.

Elle peut certes garnir de composantes des cartes de circuits imprimés ou livrer un produit fini dans son boîtier. Mais au fil des ans, Triton Électronik a bonifié son offre de service: gestion de stocks, distribution, création de prototypes, service après-vente et réparation. Bientôt, elle s'aventurera même dans le design.

Autre facteur qui joue en faveur de la PME de 400 employés, elle se targue d'exceller dans cinq secteurs différents: industriel, transport, télécommunications, médical et divertissement. Bref, les métros ou les autobus d'une ville, le réseau de télécoms d'une entreprise, les instruments médicaux d'un hôpital ou les loteries vidéos d'un casino n'ont plus de secret pour Triton Électronik.

Fondée par Vital Dumais en 1985, la PME voit le jour à Saint-Eustache. M. Dumais fait grimper le chiffre d'affaires de Triton à 10 millions de dollars. Daniel Blanche, détenteur d'un MBA, se joint quant à lui à l'entreprise en 2000 après avoir notamment bossé pour Nortel et chez Emerson Electonics, où il est responsable d'usines en Asie, en Europe et en Amérique latine.

Flairant les nombreuses occasions d'affaires, M. Blanche suggère de faire de Triton un joueur plus important. Un refinancement de l'entreprise est nécessaire. En 2003, le fondateur, M. Dumais, et les autres actionnaires vendent leurs parts à des investisseurs institutionnels (Desjardins, la Caisse, la BDC et RoyNat) qui prennent le relais.

Depuis qu'il occupe la présidence de la PME, Daniel Blanche a fait décupler son chiffre d'affaires, lequel est passé, en quelques années, de 10 à 100 millions. Le volume d'affaires de l'entreprise croit de 35 % à 40 % par année. Plus de 50 % des clients de Triton sont au Québec. Les autres sont situés en Ontario (30 %) et aux États-Unis (20 %).

D'ici trois ans, M. Blanche, qui refuse de dévoiler la liste de ses clients, souhaite atteindre la barre des 250 millions au chapitre des revenus, ce qui lui donnerait le statut de premier fournisseur de taille intermédiaire de ce côté-ci du continent en matière de sous-traitance dans l'assemblage de pièces électroniques.

Du coup, le nombre total d'employés de Triton passerait de 400 à 500 dans ses installations québécoises de Pointe-Claire et Saint-Eustache, et de Kitchener en Ontario.

Selon Daniel Blanche, la sous-traitance a un avenir radieux devant elle. «Juste 13 % des entreprises dans le monde font appel à des sous-traitants. Il reste encore beaucoup de potentiel», dit-il. Et d'ajouter: «il y a tellement de possibilité qui nous sont offertes qu'il faut faire attention pour ne pas dévier de notre objectif en acceptant tout ce qui passe.»

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