Deux nouveaux quotidiens à Québec?

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Deux nouveaux journaux pourraient voir le jour à Québec. À la fin du mois de mai, Le Métropole, un quotidien payant, devrait se tailler une place dans les kiosques à journaux entre Le Journal de Québec et Le Soleil.

De son côté, Quebecor songe à lancer une publication gratuite.

Ainsi, Roger Landry, homme d'affaires originaire de Montréal et ex-éditeur d'un magazine du genre Playboy, du nom de Femmes en or, jongle avec l'idée de lancer Le Métropole depuis un mois.

S'il a l'intention de publier son premier exemplaire - grand format - à la fin de mai, M. Landry, qui a retenu les services de 60 pigistes presque tous frais émoulus de l'université, n'a toutefois pas encore trouvé d'imprimeur. Il est également toujours à la recherche d'un rédacteur en chef.

D'ici là, M. Landry a l'intention d'assumer cette fonction. Pour démarrer son projet, l'homme a investi 800 000 $ et estime que chaque numéro lui coûtera 15 000 $.

De son côté, la direction de Quebecor songe à implanter un quotidien gratuit dans la capitale et affirme prendre avec un grain de sel celui que les employés en lock-out du Journal de Québec ont lancé hier matin.

«On a des quotidiens gratuits à Vancouver, Calgary, Edmonton, Toronto et on a toujours dit qu'on envisageait d'en lancer d'autres. Il n'est pas impossible qu'on en lance un à Québec un jour», a déclaré Luc Lavoie, vice-président des affaires corporatives de Quebecor.

Cela n'a pas empêché la direction de Quebecor de demander un avis juridique à ses avocats concernant la publication de leurs journalistes en lock-out. Il a toutefois précisé que pour le moment, la direction de l'entreprise n'avait pas décidé si elle comptait aller en cour.

En début de journée, Luc Lavoie laissait pourtant entendre que Quebecor faisait peu de cas du lancement du quotidien gratuit. «À ce moment-là, dit-il, je n'avais pas vu que c'était un journal de 24 pages couleur.»

De la place pour un autre quotidien payant ?

Le marché est-il assez grand à Québec pour accueillir un troisième quotidien payant ?

«Oui», répond d'emblée Roger Landry, joint au téléphone, mardi. Le fait que les journalistes du Journal de Québec aient été mis en lock-out et que les pressiers soient en grève ne lui donne pas une plus grande occasion de se tailler une place, estime-t-il, puisque le quotidien appartenant à Quebecor ne serait pas son compétiteur direct. En fait, il admet sans détour que Le Métropole serait plutôt un concurrent du Soleil.

«Depuis que Le Soleil est en format tabloïd, son contenu est complètement vide, estime M. Landry. Selon une enquête que j'ai menée, près de 30 000 anciens abonnés du Soleil souhaitent que le journal soit à nouveau imprimé en version grand format. Les gens sont habitués d'avoir différents cahiers dans leur journal, soutient-il. Ils veulent lire des articles de fond.»

Ainsi, il souhaite «combler ce vide» en publiant un journal qui serait divisé en trois cahiers: actualité-politique, divertissements (mode, télé-horaire, cinéma) et sports. Le Métropole consacrerait beaucoup d'espace aux nouvelles concernant directement la ville de Québec.

La politique provinciale et les faits divers seront également couverts. Tiré à 10 000 exemplaires le nouveau quotidien s'adressera principalement à un lectorat âgé de 18 à 40 ans.

Au Soleil, on ne semble pas s'inquiéter de l'arrivée de ce nouveau concurrent. «Ça ne nous fait pas peur, assure Mylène Moisan, directrice de l'information du quotidien. Habituellement, lorsqu'il y a de la compétition, il y a encore plus de qualité.»

Ce n'est pas la première fois que Roger Landry tente de lancer un projet à Québec. En septembre 2006, il voulait aussi mettre en place des studios de cinéma. Finalement, le projet a avorté. M. Landry soutient que le bâtiment qu'il avait alors acheté n'était pas adéquat.

Le journal des grévistes

Les journalistes du Journal de Québec ont distribué hier matin leur propre publication, un journal gratuit. Le premier numéro de Média Matin Québec a été imprimé à 40 000 exemplaires.

Depuis deux jours, les chroniqueurs vedettes du Journal de Montréal ont été peu bavards lorsqu'on leur a demandé s'ils étaient à l'aise ou non avec le fait que leurs textes étaient publiés dans Le Journal de Québec malgré le lock-out.

Dans un courriel envoyé à La Presse mardi, Richard Martineau écrivait: «J'ai signé un contrat à long terme avec Le Journal de Montréal, je me suis engagé avec eux et selon les termes de ce contrat, ils ont le droit de prendre mes textes et de les publier dans Le Journal de Québec et sur Canoe.»

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