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Les marchés boursiers ont connu un très bon départ au mois de janvier, mais les... (Illustration La Presse)

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Didier Bert, collaboration spéciale
La Presse

Les marchés boursiers ont connu un très bon départ au mois de janvier, mais les investisseurs devraient modérer leurs attentes pour l'année à venir.

Dernièrement, l'indice élargi Standard & Poor's 500 a touché son plafond depuis cinq ans. Les marchés d'actions ont bien réagi à l'annonce que le mur fiscal américain serait évité, observe Stéfane Marion, économiste et stratège en chef de la Banque Nationale. Et l'injection de liquidités par la Réserve fédérale américaine a elle aussi alimenté la hausse, précise-t-il.

Mais les États-Unis n'échapperont pas à une ponction fiscale dès la fin du premier trimestre. «Les agences de crédit ont averti qu'elles décoteraient encore le pays si les Américains ne faisaient rien», précise M. Marion. L'effet d'une deuxième décote pourrait tirer les taux d'intérêt à la hausse. Et le scénario de la reprise économique devrait alors être revu.

«Les coupes budgétaires arrivent à un moment plus adéquat que par le passé», relativise néanmoins Stéfane Marion. La hausse des prix de l'immobilier, la création d'emplois, la croissance des bénéfices des entreprises sont autant de raisons de penser que les coupes budgétaires ne plongeront pas l'économie américaine en récession. «Mais c'est assez pour réviser les bénéfices, et donc pour avoir un impact sur les indices boursiers», prévient M. Marion.

Le défi canadien

Bien entendu, ce qui se passe chez nos voisins du Sud a des conséquences sur les valeurs canadiennes. Déjà en 2012, la révolution énergétique américaine a eu «un impact foudroyant au Canada en minant la croissance des profits dans le secteur canadien de l'énergie», relève M. Marion. L'an passé, les États-Unis ont battu leur record de production d'énergie, en exploitant de nouvelles technologies d'extraction du gaz de schiste et du pétrole.

Ce surplus de production limite les débouchés pour l'énergie canadienne, qu'il faut alors vendre au rabais, estime M. Marion. En 2013, le Canada aura donc besoin de se doter de nouvelles voies d'exportation vers l'Europe ou vers l'Asie. Bonne nouvelle pour les investisseurs: le potentiel baissier du secteur est limité après avoir connu une plongée en 2012.

Hormis le secteur énergétique, les bonnes affaires canadiennes sont à chercher dans le secteur bancaire, «qui offre encore un bon dividende», observe Stéfane Marion.

Les perspectives des pays émergents

Devant les incertitudes nord-américaines, les valeurs des pays émergents pourraient convaincre davantage d'investisseurs canadiens. L'an passé, ceux-ci étaient réticents à acheter des valeurs étrangères. «Un an plus tard, on s'aperçoit que c'est le marché canadien qui a eu la moins bonne performance», observe Sophie Sylvain, planificatrice financière chez Desjardins.

De plus, les pays émergents ont un potentiel de croissance supérieur à celui des pays développés à court et moyen terme, indique M. Marion. Et ces pays, encore peu endettés, ont la possibilité de creuser leur endettement pour soutenir cette croissance.

Déjà convoitée par les investisseurs institutionnels, la Chine pourrait bientôt s'attirer les faveurs des particuliers. Le gouvernement chinois a annoncé au début de l'année son intention d'élargir l'accès à ses marchés d'actions. Les particuliers étrangers pourraient enfin investir à Shanghai, sixième place boursière mondiale.

Quant aux valeurs européennes, il est encore tôt pour s'y intéresser, compte tenu des incertitudes politiques à venir. L'année électorale y sera encore chargée, avec des élections en Allemagne et en Italie. «L'enjeu sera de faire accepter des changements structurels à la population, afin de s'assurer d'un potentiel de croissance», explique M. Marion. Enfin, le coûteux taux de change de l'euro peut repousser les investisseurs canadiens.

Bien que chères, les obligations ne sont pas à écarter. Ne serait-ce que pour conserver un certain équilibre dans son portefeuille. «Le plus important, c'est d'avoir une bonne diversification, et de s'en tenir à cette diversification, rappelle Sophie Sylvain. Et arrêter de se laisser guider par la saveur du moment ou par ses émotions.»

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