Les jeunes tardent à investir dans leur retraite

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Les deux tiers des retraités québécois regrettent de ne pas avoir épargné plus tôt dans la vie et 56% disent que s'ils pouvaient revenir 10 ans en arrière, ils épargneraient davantage.

Guy Paquin
La Presse

Non seulement les jeunes Québécois n'ont pas de REER, mais ils ne veulent ni épargner ni planifier en prévision de leur retraite. Selon un sondage commandé par Question Retraite à la maison SOM, 37% des jeunes de 25 à 34 ans ne possèdent aucun produit d'épargne, que ce soit le REER, le CELI ou autre.

Quand on va plus bas dans l'échelle des âges, chez les 25 à 29 ans, la proportion monte à 56%. À peu près la même proportion de ces jeunes adultes avoue ne rien connaître aux placements. La moitié déclare même qu'elle ne veut rien en savoir!

Ne pensez pas que cette attitude n'a pas d'effets à long terme. Le même sondage révèle que 21% des Québécois commencent à épargner moins de 5 ans avant leur retraite. Des anciens jeunes qui se sont réveillés un peu tard... Toujours selon ce sondage, les deux tiers des retraités québécois regrettent de ne pas avoir épargné plus tôt dans la vie et 56% disent que s'ils pouvaient revenir 10 ans en arrière, ils épargneraient davantage.

Qu'est-ce qui explique que, malgré des effets négatifs ressentis à la retraite, les jeunes aient toujours cette attitude d'évitement par rapport à l'épargne-retraite?

«D'abord la frénésie de la consommation, répond Jocelyne Houle-LeSarge, présidente de Question Retraite. Nos jeunes sont trop sollicités par le crédit à la consommation et les faibles taux d'intérêt. Je pense aussi qu'il y a un vent de découragement. Ils voient les caisses de retraite d'État - la Régie des rentes du Québec pour ne pas la citer - menacées de ne pas répondre à leurs besoins quand ils seront plus vieux. Ils voient l'âge de l'accès à la Sécurité de la vieillesse repoussé. Alors, ils se disent qu'il vaut mieux profiter de la vie maintenant et au diable l'épargne!

«Pour être juste, je pense aussi qu'il y a cette incapacité de se voir vieux, typique des jeunes dans la vingtaine. Puis, hormis la consommation de pur plaisir, il y a certainement le fait que leurs obligations financières sont très lourdes à cet âge-là. Et, un dernier point: les parents. Notre sondage montre que pour 7 jeunes sur 10, l'influence prédominante quant aux habitudes financières est l'influence parentale, devant celle du conjoint ou de l'aisance relative de sa famille.»

Un mea-culpa

L'industrie des produits financiers, elle, fait son mea culpa. «Nous les avons négligés, avoue Hélène Simard, conseillère jeunesse à la Caisse Desjardins Richelieu-Saint-Mathias. Nous ne les avons placés dans notre ligne de mire que depuis trois ans, chez Desjardins. Mais nous faisons de gros efforts maintenant.»

Même son de cloche à la Banque Royale. «On n'a pas su les informer ni piquer leur curiosité, reconnaît Kathleen Wolfe, planificatrice financière. Mais nous avons pris le virage et nous les abordons systématiquement au comptoir même maintenant.»

Et ça marche? «Je conseille personnellement 1600 jeunes de 18 à 30 ans, déclare Hélène Simard. Leur démarche préférée quant à l'épargne est l'accès à la propriété. Ils ne veulent plus aller en appartement parce que c'est trop cher. Quand je leur explique le fonctionnement du couple REER-RAP (Régime d'accession à la propriété), ils mordent. La semaine dernière, j'en ai eu trois, de 21, 23 et 24 ans respectivement, qui se sont acheté de beaux petits condos entre 78 000 et 146 000$. Ils ont fait une mise de fonds minimale et ont acquitté la taxe de bienvenue (droits de mutation). Ils sont chez eux.»

Ce pas dans la bonne direction est encore trop rare, selon Mme Wolfe. «Chez les moins de 34 ans, la combinaison REER-RAP n'est utilisée que par 6% d'entre eux.» Les institutions financières ont encore du pain sur la planche. Les parents aussi.

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