La vie après le REER

On passe sa vie à tenter de contribuer le plus possible à son Régime enregistré... (Illustration Francis Léveillée, La Presse)

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Illustration Francis Léveillée, La Presse

On passe sa vie à tenter de contribuer le plus possible à son Régime enregistré d'épargne retraite. On nous incite d'ailleurs fortement à commencer à le faire le plus tôt possible dès notre vie de jeune adulte. C'est bien beau de passer sa vie à chercher à faire fructifier son REER mais comment en dispose-t-on une fois à la retraite? Bref, c'est quoi la vie après le REER?

De façon générale, on accumule de l'épargne à l'abri de l'impôt en vue de la retraite de deux façons.

Lorsqu'on est travailleur autonome ou salarié dans une entreprise qui n'offre pas de fonds de pension collectif, on contribue normalement au maximum à son REER en vue de se constituer un fonds qui nous permettra de maintenir un certain train de vie au moment de la retraite. C'est le cas d'un nombre grandissant de travailleurs au Québec.

Lorsqu'on est salarié et que l'on contribue à un régime privé de retraite, le montant de nos cotisations à un REER est limité et il sera fonction des sommes que vous et votre employeur aurez versées dans votre fonds de pension.

Ceci dit, même si l'âge légal (pour l'instant) de la retraite est fixé à 65 ans, on peut contribuer à son REER jusqu'à l'âge limite de 71 ans. Une fois cet âge vénérable atteint, vous devez obligatoirement transférer toutes les sommes accumulées dans votre REER dans un FERR (un Fonds enregistré de revenu de retraite).

Le fisc québécois et canadien obligent les contribuables à retirer une partie de leur FERR à chaque année à partir de 71 ans. Le pourcentage du retrait obligatoire a été fixé à 7,38% du total de votre FERR pour la première année. Durant les années subséquentes le pourcentage du retrait obligatoire augmente de quelques centièmes de point par année. Il passe ainsi à 7,48% à 72 ans, puis à 7,59% à 73 ans, et ainsi de suite pour les années suivantes.

Caroline Nalbantoglu, planificatrice financière chez Planification financière CNal, suggère toutefois aux retraités de 65 ans et plus qui doivent uniquement compter sur les revenus de la Régie des rentes du Québec et de la pension fédérale de la Sécurité de vieillesse pour subvenir à leurs besoins de transférer immédiatement leur REER dans un FERR.

«À 65 ans, vous êtes encore passablement actif, vous avez donc des besoins financiers plus importants qu'à 80 ans. En transférant leur REER dans un FERR, un couple de retraités peut donc retirer le minimum permis par la loi et partager leurs revenus, ce qui va réduire leur impôt à payer», observe-t-elle.

Miguel Mediavilla, de Globevest Capital, estime pour sa part qu'il peut être avantageux pour un retraité peu fortuné d'attendre jusqu'à la limite des 71 ans avant de transférer son REER en FERR.

«De 65 ans jusqu'à 71 ans, il pourra profiter du Supplément de revenu garanti qui s'ajoute à la pension de la Sécurité de la vieillesse. C'est plus de 6000$ par année qu'il pourra toucher avant de commencer à encaisser ses REER», propose-t-il.

«Ceux qui peuvent attendre jusqu'à 71 ans avant de transférer leur REER dans un FERR peuvent par contre essayer de profiter du délai pour faire fructifier davantage leur REER en prenant un peu plus de risques que s'ils étaient à la retraite. Évidemment, cela dépend du niveau d'endettement du ménage, de son niveau de vie et de sa tolérance au risque», précise aussi Mme Nalbantoglu.

Que vos fonds soient encore dans votre REER ou que vous les ayez transférés dans un FERR, ils sont toujours c ensés produire un minimum de rendement.

«Même à la retraite il faut chercher une certaine croissance mais c'est évident qu'il faut réduire au minimum son exposition au risque. La grande majorité des portefeuilles de retraités sont des portefeuilles équilibrés avec une certaine pondération dans le marché boursier mais dans des fonds très conservateurs», souligne Caroline Nalbantoglu.

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