Étude de cas: enfants, rires, REER, REEE...

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Quand faut-il commencer à investir pour la retraite? Cette question et bien d'autres trouvent réponses et conseils dans notre section spécialisée. À lire d'ici la fin de la saison des REER, soit le 29 février. »

«Je suis cette année en congé de maternité», annonce Valérie. Et  comme pour... (Illustration: La Presse)

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Illustration: La Presse

«Je suis cette année en congé de maternité», annonce Valérie. Et comme pour confirmer son affirmation, un petit gazouillis enfantin se fait entendre à l'arrière-plan.

Valérie a 34 ans et travaille en communication pour un salaire d'environ 56 000$.

Son conjoint Philippe, 34 ans aussi, achève un doctorat. Il reçoit une bourse non imposable de 20 000$. «Nous avons deux jeunes enfants et une hypothèque, nous ne manquons pas d'activités», dit-elle à la blague.

Valérie est propriétaire du condo, payé 135 000$ en 2004. Il était grevé d'une hypothèque de 100 000$. En dépit de leurs revenus modestes, Valérie avait réussi à déposer une mise de fonds de 35 000$. «Ça avait été le principal objectif pendant trois ans, confie-t-elle. Je m'étais privée de tout, mais j'y étais arrivée.»

Avec la fin prochaine des études de Philippe, le budget familial devrait prendre s'améliorer. Ni Valérie ni Philippe n'ont pour l'instant d'épargnes REER. «Mais on a des droits de cotisation accumulés depuis Mathusalem, et cette année, on voulait cotiser à des REER», énonce Valérie.

«Les possibilités d'épargne sont assez modestes, donc il faut arriver à attribuer les épargnes de façon à bien équilibrer entre le REEE des enfants qu'on voudrait constituer et un REER éventuel», poursuit-elle.

Mais comment répartir l'épargne entre les deux régimes?

«On voudrait éviter de se retrouver dans une situation où on met trop peu dans l'un pour que ça donne quelque chose et trop peu dans l'autre pour en tirer une retraite, et de n'arriver finalement à rien d'intéressant.»

Un troisième paramètre s'ajoute: dans ce contexte, est-il opportun de continuer à accélérer le remboursement de l'hypothèque pendant que le taux d'intérêt est fixé à 3,69%? Rien ne garantit qu'au renouvellement, en 2014, il sera aussi favorable.

Elle pose une question subsidiaire: «Je pourrais cotiser à un REER par l'entremise de mon employeur. Est-ce que c'est préférable de choisir un REER collectif ou individuel, considérant que mon employeur ne donne pas d'incitatif au REER collectif?»

Disciplinée et prévoyante

Une participation au REER collectif de son employeur permettrait à Valérie de profiter de frais de gestion moins élevés qu'un REER individuel, explique la planificatrice financière et fiscaliste Josée Jeffrey, de Focus Retraite&Fiscalité. «Une telle cotisation aurait été plus bénéfique si l'employeur avait contribué également», ajoute-t-elle.

Valérie aurait, en revanche, moins de latitude dans le choix de ses placements et ne recevrait aucun conseil d'investissement. Néanmoins, ce REER collectif propose trois portefeuilles types, qu'on choisit au moment de l'adhésion selon le profil d'investisseur.

Qu'arriverait-il si Valérie changeait d'employeur ou perdait son emploi? Elle pourrait conserver ses placements, mais elle ne pourrait plus bénéficier des taux de gestion avantageux offerts aux seuls employés, explique la planificatrice.

Ces sommes ne sont pas immobilisées. Si Valérie quitte l'entreprise, de bon ou de mauvais gré, elle pourrait transférer les sommes accumulées dans ce régime collectif dans son propre REER. «Contrairement à un régime de retraite immobilisé, le REER collectif est très accessible à l'employé qui voudrait retirer des sommes, décrit Josée Jeffrey. Il faut aussi savoir qu'il est saisissable.»

Une contribution au REER - collectif ou non - apporte un autre avantage: en abaissant le revenu, elle augmente la Prestation fiscale canadienne pour enfants. Ainsi, une cotisation annuelle de 5000$ peut accroître cette prestation fiscale de 400$ par année et le Soutien aux enfants, de 200$.

Cependant, il faut également prendre en considération les importants frais de garde que le couple devra payer pour ses enfants. Au retour au travail de Valérie, en avril, les frais pour le bébé seront de 46$ par jour, et de 41$ pour l'aîné, âgé de trois ans et demi. Ces frais seront grandement réduits dans un an et demi quand ce dernier entrera à l'école et que ceux pour le plus jeune baisseront à 41$.

Tant que ces frais demeureront importants, la déduction d'une cotisation au REER ne sera pas avantageuse, en raison du taux d'imposition peu élevé qu'ils entraînent. «Par exemple, pour l'année 2011, une cotisation au REER de 5000$ lui procurerait une économie de 981$», décrit notre planificatrice.

Valérie pourrait tout de même cotiser au REER collectif de son employeur dès cette année et reporter les déductions à une année ultérieure, quand elles seront plus avantageuses.

Autre solution, elle pourrait plutôt verser ces épargnes dans un CELI, où elles croîtront - espérons-le - à l'abri de l'impôt, et pourrait également y combiner un remboursement du capital de son hypothèque. Quand Philippe reviendra à plein temps et à plein salaire sur le marché du travail, le couple reprendrait alors ses cotisations aux REER.

Mais, véritable fourmi doublée d'un écureuil, Valérie épargne déjà 5000$ par année, qu'elle réserve au remboursement de son hypothèque. Elle verse en outre 40$ à intervalle de deux semaines en paiement accéléré de cette hypothèque. Josée Jeffrey, elle, recommande plutôt de consacrer ces 5000$ d'épargne à un REEE familial pour ses enfants, répartis en deux parts égales. Au cours des prochaines années, cet effort d'épargne sera dirigé vers le REEE à raison d'un maximum de 2500$ par année par enfant, de manière «à profiter des subventions maximales des deux gouvernements», indique Mme Jeffrey. En y versant l'argent qu'ils auraient consacré aux cadeaux à leurs petits-enfants, les grands-parents - voire les oncles et les tantes - peuvent eux aussi participer à ce projet.

«De toute façon, fait valoir notre planificatrice, avec le conjoint aux études et les frais de garde importants, Valérie a droit à un gros remboursement d'impôt qu'elle pourra remettre sur le capital de son hypothèque.»

Car Valérie n'épargne aucun effort.

Josée Jeffrey.... (Photo: Focus Retraite & Fiscalité) - image 2.0

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Josée Jeffrey.

Photo: Focus Retraite & Fiscalité

EN BREF

La situation

Valérie et Philippe s'interrogent: avec deux jeunes enfants, à quoi doivent-ils consacrer l'épargne? Philippe termine un doctorat, Valérie achève son congé de maternité. Est-ce une bonne idée de participer au REER collectif de son employeur?

Les données

Valérie, 34 ans

Revenu: 51 000$

Propriété: condo d'une valeur de 200 000$

Solde hypothécaire: 63 500$

Épargne annuelle: 5000$

Philippe, 34 ans

Revenu: 20 000$ (bourse non imposable)

L'analyse

Le REER collectif présente l'avantage de frais de gestion minimes. Intéressant pour Valérie. Mais les importants frais de garde des enfants réduisent pour l'instant son taux d'imposition. Peut-être vaut-il mieux déduire ses cotisations REER lors d'une année plus propice, ou encore verser pour l'instant son épargne dans son CELI.

«Avant d'investir ses économies dans ses REER, REEE et hypothèque, Valérie doit veiller à se constituer un fonds d'urgence représentant trois mois de son coût de vie.»

- Josée Jeffrey, planificatrice financière et fiscaliste, Focus Retraite&Fiscalité

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