Transport intelligent

Véhicules autonomes : tondre la pelouse les bras croisés... et bien plus !

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L'équipe de l'Institut du véhicule innovant a déjà automatisé un tracteur qui évite les obstacles qu'il détecte. Des technologies semblables pourraient gagner des véhicules agricoles encore plus grands.

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Martin Primeau

Collaboration spéciale

La Presse

Pendant que plusieurs ont le regard tourné vers les voitures et navettes autonomes, d'autres planchent plutôt sur l'automatisation de véhicules spécialisés, comme une tondeuse.

C'est le cas des élèves de l'Institut du véhicule innovant (IVI), à Saint-Jérôme, qui participent au programme ARION.

Ces jours-ci, le groupe se penche sur le cas d'un petit tracteur. Sa mission : le transformer en outil de désherbage autonome, un véhicule destiné à l'industrie maraîchère.

L'équipe de ce Centre collégial de transfert de technologie (CCTT) a déjà une certaine expérience en matière d'automatisation de véhicules. L'an dernier, elle a installé un système de navigation sur un tracteur de jardin, celui-là même, oui, que certains utilisent pour tondre de grandes surfaces de pelouse.

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François Adam, directeur général de l'Institut du véhicule innovant. Photo: Marco Campanozzi, La Presse

« C'était avant tout une preuve de concept pour valider notre système de navigation», dit François Adam, directeur général de l'Institut du véhicule innovant.

Grâce à son réseau de capteurs jumelé au contrôle d'actionneurs, le véhicule détecte puis évite tout obstacle qui se présente devant lui. Son intelligence embarquée, quant à elle, le remet à la tâche.

En collaborant avec des acteurs de l'industrie, l'IVI compte adapter son système de navigation à différents types de véhicules fonctionnant hors route, c'est-à-dire dans des environnements contrôlés.

En plus des véhicules agricoles, l'équipe se penchera sur une navette autonome, mais aussi sur un tracteur de remorquage utilisé en manutention industrielle. À terme, ce dernier déplacera de façon autonome le matériel d'un entrepôt vers des chaînes de montage.

« Tout ça existe déjà, rappelle François Adam. Notre objectif, c'est d'amener les manufacturiers d'ici à rester dans la game. »

POUR BIENTÔT

Doit-on s'attendre à ce que les entrepôts québécois fourmillent de véhicules autonomes bientôt, un peu comme c'est déjà le cas pour Amazon, Target ou Walmart ?

Selon Catherine Kargas, vice-présidente chez MARCON, il ne faudrait pas se surprendre qu'ils s'en rapprochent, du moins.

« Ce qui n'est pas déjà automatisé le sera, affirme la spécialiste en mobilité électrique et autonome. Si une organisation veut concurrencer celles de plus grande taille, il lui faudra diminuer ses frais d'exploitation et laisser une plus grande place à la robotisation. »

Pareille transformation s'opère déjà dans le monde manufacturier, et gagne aussi d'autres secteurs, comme ceux des mines et de l'agriculture.

« Plusieurs activités agricoles s'appuient déjà sur la géolocalisation pour fonctionner, ajoute la spécialiste. 

Un robot de livraison autonome Starship Technologies. Photo:... - image 4.0

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Un robot de livraison autonome Starship Technologies. Photo: Starship Technologies

« Ça va dépendre de la taille des opérations, mais automatiser de gros outils servant à la récolte du blé, par exemple, pourrait devenir très rentable», dit Mme Kargas. Le secteur du transport de marchandises n'est pas en reste, ajoute-t-elle en soulignant l'annonce toute récente faite par Rolls-Royce. La division marine de l'entreprise britannique a annoncé plus tôt cette semaine un partenariat avec Google afin de concevoir un navire autonome d'ici 2020.

Et ce qui est vrai sur la mer l'est aussi sur la route, enchaîne Catherine Kargas. « Dernièrement, à Zurich, j'ai vu dans la rue un véhicule de livraison autonome que Starship Technologies teste là-bas. »

Selon elle, la venue de véhicules à la fois électriques et autonomes dans différentes industries chamboulera les modèles d'affaires de quantité d'entreprises au Québec. « Celles qui ne se prépareront pas à l'arrivée de ces technologies auront peut-être des problèmes », affirme-t-elle.




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