Raffin tire à boulets rouges sur Renaud-Bray et Cominar

Les propriétaires de Raffin sont convaincus que Renaud-Bray... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Les propriétaires de Raffin sont convaincus que Renaud-Bray a utilisé de façon illégale des informations confidentielles. Renaud-Bray a entrepris des discussions au printemps 2016 en vue de racheter Raffin, pendant lesquelles plusieurs données secrètes, notamment sur les baux, ont été divulguées.

Photo François Roy, Archives La Presse

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Librairie Raffin accuse son concurrent Renaud-Bray d'avoir effectué des manoeuvres «détournées et illégitimes» pour l'évincer du local qu'elle occupe depuis 40 ans aux Galeries Rive-Nord, une situation qui menace sa survie.

Dans une demande d'injonction interlocutoire provisoire déposée le 4 janvier à la Cour supérieure du Québec, Raffin égratigne aussi Cominar, propriétaire du centre commercial de Repentigny. Le libraire estime que le groupe immobilier a agi « de mauvaise foi et de manière abusive » en mettant unilatéralement un terme à son bail au profit de Renaud-Bray.

Le noeud de l'affaire remonte à l'automne dernier. Raffin, en pleine négociation en vue de renouveler son bail pour cinq ans, attend avec impatience une réponse de la part de Cominar. La mauvaise nouvelle tombe le 15 novembre : l'entente ne sera pas renouvelée.

Le même jour, Renaud-Bray annonce l'ouverture d'une succursale dans le même centre commercial, où Raffin jouissait d'une clause d'exclusivité en matière de vente de livres. « Nul besoin de mentionner qu'il serait très surprenant que la séquence de ces évènements concomitants ne résulte que d'une pure coïncidence ! », avance Raffin dans sa requête.

ENTENTES VIOLÉES

Les propriétaires de Raffin sont convaincus que leur concurrent a utilisé de façon illégale des informations confidentielles. Il faut dire que Renaud-Bray a entrepris des discussions au printemps 2016 en vue de racheter Raffin, pendant lesquelles plusieurs données secrètes, notamment sur les baux, ont été divulguées.

Blaise Renaud, grand patron du libraire, a accepté de signer une entente de confidentialité et de ne pas concurrencer indûment Raffin pendant 36 mois si jamais les discussions achoppaient. Une promesse qui aurait été violée, affirme la requête.

«Par les informations obtenues via l'entente de confidentialité 2016, telles que les revenus de chaque succursale, Renaud-Bray a appris que la succursale de Repentigny était la plus rentable du réseau et a su exactement quoi faire pour éliminer Librairie Raffin en tant que dernière chaîne indépendante de librairies au Québec, avance le document. Et c'est exactement ce qu'elle a fait.»

Dans sa requête présentée à la Cour supérieure, Raffin demande le droit de rester dans ses locaux de Repentigny jusqu'à ce qu'un renouvellement en bonne et due forme du bail soit conclu. L'entreprise souhaite aussi empêcher Renaud-Bray d'utiliser toute information confidentielle à son endroit d'ici à ce qu'un jugement final soit rendu.

Sans se prononcer sur les allégations de Raffin, qui seront étudiées par le tribunal, la porte-parole de Renaud-Bray, Denise Courteau, souligne que la Librairie Raffin a été déboutée le 6 janvier dernier dans le cadre d'une première procédure intentée dans ce dossier. « Sa demande d'injonction provisoire contre Cominar et Librairie Renaud-Bray a été rejetée », a-t-elle souligné.

Le porte-parole de Cominar n'a pas rappelé La Presse, hier.

«« Renaud-Bray a appris que la succursale de Repentigny était la plus rentable du réseau et a su exactement quoi faire pour éliminer Librairie Raffin en tant que dernière chaîne indépendante de librairie au Québec. Et c'est exactement ce qu'elle a fait. »

- Extrait de la requête de Raffin»


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