SNC poursuit Bebawi et Ben Aissa

Riadh Ben Aissa prétendait payer des consultants étrangers... (Photo François Roy, Archives La Presse)

Agrandir

Riadh Ben Aissa prétendait payer des consultants étrangers pour obtenir des accès au marché libyen mais, dans certains cas, il versait plutôt les fonds dans des entreprises coquilles qu'il contrôlait en sous-main et dont il pouvait disposer à sa guise par la suite.

Photo François Roy, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Litiges économiques

Litiges économiques

Ne manquez rien de notre dossier sur les crimes économiques »

Nouvelle salve de SNC-Lavalin dans sa campagne pour se présenter en victime d'employés renégats plutôt qu'en promoteur institutionnel des pratiques de corruption: le géant du génie-conseil vient de déposer une poursuite de 127 millions de dollars contre deux de ses anciens cadres, dont le délateur de la GRC Riadh Ben Aissa.

L'autre ancien cadre visé par la requête est Sami Bebawi, autre ancien dirigeant mêlé aux activités de la firme en Afrique du Nord qui a déjà été le superviseur de Riadh Ben Aissa. Des avocats et des banquiers étrangers qui les auraient aidés à détourner des fonds destinés à la corruption sont aussi ciblés par la réclamation de SNC-Lavalin déposée au palais de justice de Montréal.

«Ben Aissa et Bebawi ont pu exécuter leur détournement de fonds et détourner plus de 127 millions de fonds appartenant au plaignant, pour leur propre bénéfice et pour le bénéfice de leurs amis, familles et entités légales liées respectives», écrivent les avocats de SNC-Lavalin dans leur requête.

Un autre point de vue que la police

Rappelons qu'en février dernier, des accusations criminelles de fraude et corruption d'agents étrangers ont été portées contre SNC-Lavalin au Canada.

Selon la GRC, l'entreprise aurait corrompu un ou plusieurs agents publics libyens avec des pots-de-vin de 47,7 millions entre 2001 et 2011. Les paiements auraient été arrangés par Riadh Ben Aissa, qui prétendait payer des consultants étrangers pour obtenir des accès au marché libyen mais qui, dans certains cas, versait plutôt les fonds dans des entreprises coquilles qu'il contrôlait en sous-main et dont il pouvait disposer à sa guise par la suite.

Au cours de la même période, SNC-Lavalin et ses filiales auraient fraudé l'État libyen pour 129,83 millions. Selon des documents judiciaires de la GRC déjà rendus publics, cette somme fait référence à l'obtention de quatre contrats publics de grande envergure.

L'enquête de la GRC se base notamment sur les déclarations de M. Ben Aissa, qui a déjà été condamné en Suisse dans ce dossier et qui s'est ensuite mis à table avec les policiers canadiens, en sachant qu'il ne pouvait être accusé dans deux pays différents pour la même affaire. Ses déclarations ont aidé les policiers à faire accuser l'entreprise elle-même, plutôt que seulement des individus.

Dans sa poursuite, SNC-Lavalin insiste sur le fait que Ben Aissa a caché ses manoeuvres à la direction, laquelle ignorait que les prétendus consultants étrangers embauchés pour la Libye étaient en fait les «alter ego» de Ben Aissa.

Elle exige donc que ce dernier, ainsi que Bebawi et tous ceux qui auraient aidé à la manoeuvre, retourne les 127 millions qui auraient été détournés dans les aventures libyennes de la firme.

Poursuite semblable

SNC-Lavalin a déjà utilisé une poursuite semblable dans le dossier du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Riadh Ben Aissa est accusé d'avoir versé 22,5 millions de dollars en pots-de-vin, à même les fonds de l'entreprise, pour s'assurer qu'elle obtienne le gigantesque contrat de construction d'un nouvel hôpital. SNC-Lavalin a récemment déposé une poursuite pour exiger qu'il rembourse ces 22,5 millions.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer