Semaine d'âpres négociations entre la Grèce et la troïka UE-BCE-FMI

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Le nouveau premier ministre grec, Antonis Samaras.... (Photo: Kostas Tsironis, Associated Press)

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Photo: Kostas Tsironis, Associated Press

Le nouveau premier ministre grec, Antonis Samaras.

Hélène Colliopoulou
Agence France-Presse
Athènes

Le nouveau gouvernement grec, après quinze jours d'inertie, entame cette semaine d'âpres négociations avec ses créanciers, zone euro et FMI, pour tenter de réviser les conditions des prêts accordés au pays.

Après avoir reporté leur visite initialement prévue la semaine dernière pour cause d'ennui de santé du premier ministre Antonis Samaras, les experts de la troïka (UE-BCE-FMI) sont attendus à Athènes mercredi pour passer à la loupe le suivi du plan d'ajustement budgétaire, surnommé «mémorandum», basé sur la rigueur budgétaire et des réformes structurelles.

Le chef de la «task force» européenne chargée d'aider la Grèce à mettre en oeuvre les réformes et à capter plus de fonds européens d'aide, l'Allemand Horst Reichenbach, sera à Athènes mardi.

Un responsable de la Banque centrale européenne (BCE), Jörg Asmussen, a rencontré dès lundi le ministre des Finances par intérim Georges Zannias ainsi que son successeur désigné Yannis Stournaras, en marge d'un colloque organisé par l'hebdomadaire The Economist.

Sans attendre de prêter serment, probablement jeudi, M. Stournaras a aussi participé lundi à une réunion interministérielle, après un week-end marqué par des réunions de ministres au domicile du premier ministre en convalescence après une opération oculaire.

«Aujourd'hui (lundi) est un jour intensif de préparation», a indiqué le porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou à la radio Flash.

Au centre des discussions, l'élaboration des positions qui seront présentées à la troïka, dont la principale est une demande d'allongement de deux ans du délai pour parvenir à un ajustement budgétaire, à 2016 au lieu de 2014, afin de faire face à la grave récession que traverse le pays pour la cinquième année consécutive.

«L'amendement des politiques qui ont été prouvées financièrement inefficaces et socialement injustes, est considéré comme une question qui doit être discutée», a indiqué dimanche le ministre adjoint aux Finances Christos Staïkouras au journal grec Typos tis Kyriakis.

Le premier ministre a rencontré dans la soirée les deux dirigeants politiques de la coalition qui participe au gouvernement, le socialiste Evangelos Vénizélos et le chef d'un parti de gauche européenne Fotis Kouvellis pour mettre au point leur stratégie de négociation.

La Grèce est censée procéder cette année à l'adoption d'un nouveau paquet de mesures portant sur 11,5 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires pour 2012 et 2013, afin de rattraper les retards pris par le pays.

M. Staïkouras a souligné qu'«il fallait le plus tôt possible se mettre d'accord avec les créanciers (...) afin que le plan d'ajustement budgétaire soit plus efficace, juste et viable».

Toutefois, les Européens maintiennent un discours ferme en estimant que la Grèce doit respecter les conditions du plan sans accumuler de retards.

«Retarder l'ajustement est risqué: il augmenterait le ratio dette-PIB du pays en 2020 au dessus du taux visé de 120 % (...) qui est la limite supérieure de ce qui est jugé viable» pour le pays, a mis en garde M. Asmussen lundi matin lors de la conférence de The Economist.

«Le nouveau gouvernement ne devrait pas perdre un temps précieux à chercher à éviter ou assouplir le programme. Il devrait au contraire se concentrer sur les moyens de maximiser l'effet des réformes», a-t-il ajouté.

Le leader de l'opposition, chef de la gauche radicale opposé au mémorandum, Alexis Tsipras, a estimé pour sa part que la Grèce devait obtenir les mêmes conditions que celles qui ont été accordées à l'Espagne et à l'Italie vendredi lors du sommet européen.

Lundi la presse évoquait le «grand marchandage» avec les bailleurs de fonds, relevant notamment que le gouvernement devait présenter à la troïka la liste des entreprises publiques qui doivent être immédiatement privatisées et des organismes publics qui seront fusionnés.

Depuis la démission du précédent gouvernement de coalition droite-socialistes début avril, le pays a traversé un vide politique de plus de deux mois, au cours duquel toutes les réformes et privatisations ont été suspendues, tandis que les urnes ont vu augmenter en flèche la résistance aux mesures d'austérité ainsi que les partis extrémistes antimémorandum.

Le premier ministre doit présenter le programme gouvernemental jeudi au parlement avant un vote de confiance prévu samedi soir.

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