La Grèce veut renégocier avec ses créanciers

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Sur la photo, un garde devant le parlement grec d'Athènes.

Agence France-Presse
ATHENES

Le nouveau gouvernement grec de coalition qui se prépare à recevoir lundi les représentants de la troïka des créanciers du pays UE-BCE-FMI veut renégocier la liste et l'intensité des efforts à fournir pour sortir le pays de l'ornière et obtenir deux ans de grâce pour y parvenir.

Dans un document publié samedi, le gouvernement dirigé par le conservateur Antonis Samaras a expliqué qu'il comptait limiter les licenciements de fonctionnaires et insisté pour que la révision qu'il réclame du plan de sauvetage imposé au pays par l'UE et le FMI permette d'étendre «d'au mois deux ans», c'est-à-dire jusqu'en 2016, «les réformes d'ajustement budgétaire».

Ce délai pourrait impliquer un nouveau prêt de 16 à 20 milliards d'euros, selon l'agence de presse grecque Ana.

Ces demandes étaient inscrites dans le programme électoral de M. Samaras et font l'objet d'un accord politique entre les trois partis qui soutiennent ce gouvernement de coalition et détiennent 179 voix sur 300 au parlement.

L'objectif de ce plan est de parvenir à réduire le déficit «sans ajouter de nouvelles coupes de salaires, de pensions et d'investissements publics», dit le document, annonçant un gel des suppressions de fonctionnaires et une revalorisation des allocations chômage.

Le gouvernement souhaite «éviter les suppressions d'employés permanents et économiser sur les coûts non salariaux en réduisant la bureaucratie», indique le texte.

Selon le mémorandum signé par la Grèce avec ses bailleurs de fonds en échange d'un deuxième plan d'aide, le pays s'était engagé à réduire de 150 000 le nombre total de salariés du secteur public, dont 15 000 cette année.

La nouvelle administration voudrait aussi revoir les réductions de salaire minimum et les mesures prises en début d'année sous pression des créanciers du pays pour favoriser les suppressions d'emploi dans le secteur privé, indiquant que les accords de conventions collectives allaient retourner «aux niveaux définis par les lois sociales en vigueur et les acquis européens».

Le document estime que les employeurs et les syndicats devraient être autorisés à fixer le niveau du salaire minimum dans le secteur privé, qui a été abaissé de 22% à 586 euros en février dans le cadre des conditions imposées à Athènes par ses bailleurs de fonds.

La Grèce reste sous une forte pression de ses créanciers pour poursuivre l'assainissement de ses comptes malgré la contestation de plus en plus vive des méthodes utilisées passant par une sorte de «dévaluation intérieure» ou abaissement des coûts de production du pays, qui, jusqu'à présent, n'a pas relancé l'économie, mais plutôt nourri la récession, pour la cinquième année consécutive.

Environ un quart de la population active grecque est au chômage, 1,12 million selon les chiffres officiels.

Côté européen, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a indiqué en fin de semaine que la mission des inspecteurs de la troïka serait «d'actualiser» le programme de réformes et de rigueur du pays, qui a pris du retard en raison des atermoiements politiques.

Le FESF va aussi débloquer un milliard d'euros pour la Grèce «d'ici la fin du mois», a dit M. Juncker. Cette somme n'avait pas été versée début mai, la zone euro estimant que la Grèce n'en avait pas un besoin immédiat.

M. Samaras a annoncé que son premier chantier était de «réviser les conditions du mémorandum» de rigueur, mais «sans mettre en danger la voie européenne du pays ou son maintien dans l'euro».

Si les Européens ont entrouvert la porte à un possible prolongement du délai donné au pays pour atteindre l'équilibre budgétaire, ils attendent aussi qu'Athènes respecte ses engagements.

Le programme d'aide à la Grèce est «largement sorti des rails» et devra être «renégocié» cet été, avec le choix entre de nouvelles mesures d'austérité et un allongement des délais qui se traduirait par un nouveau chèque des Européens, avait estimé mercredi Thomas Wieser, un haut responsable de la zone euro.

La ministre finlandaise des Finances, Jutta Urpilainen, a déclaré pour sa part que son pays n'était «pas prêt à donner plus de temps à la Grèce».

Alors que des lignes de fracture se dessinent entre les tenants de la relance et ceux qui préfèrent s'en tenir à l'austérité toute germanique, reste à savoir quel sera l'accueil accordé à Bruxelles par ses partenaires au nouveau premier ministre grec pour sa première visite depuis une élection qui a marqué la fin de près de deux mois de psychodrame politique en Grèce.

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