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Dette: répit pour Rome et Madrid, Athènes reste sous tension
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Mathieu GORSE
Agence France-Presse
Milan, Italie
L'Italie a levé comme prévu 12 milliards d'euros à court terme à des taux en chute libre tandis que l'Espagne a emprunté 9,986 milliards d'euros à moyen terme, soit le double de son objectif, à des taux en forte baisse.
«Des progrès vraiment extraordinaires» ont été faits par les pays en difficulté de la zone euro et «les marchés le reconnaissent», a déclaré le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, après la décision sans surprise de l'institution de maintenir son principal taux inchangé à 1%.
Le succès de ces émissions - dû notamment, selon les analystes, à la liquidité injectée en décembre par la BCE grâce à son prêt de 489 milliards d'euros aux banques - a entraîné une forte détente des taux obligataires et permis à l'euro de regagner du terrain.
Les pays européens ont en outre réalisé une avancée jeudi soir, en tombant d'accord sur les grandes lignes du nouveau pacte budgétaire qui doit renforcer la discipline au sein de la zone euro, ont annoncé des négociateurs à l'AFP.
M. Draghi les avait appelés à accélerer le mouvement, jugeant qu'il «serait bon» que le nouveau pacte de discipline budgétaire soit adopté en janvier et non en mars.
Les Bourses européennes ont toutefois terminé en ordre dispersé, Milan clôturant notamment en forte hausse, Madrid à l'équilibre et Paris en légère baisse.
En Grèce, les négociations avec les créanciers privés portant sur l'effacement de 100 milliards d'euros de dettes sur environ 350 se sont poursuivies dans un climat fébrile, les banques marquant leur impatience.
«Le temps commence à être compté» a déclaré l'Institut de la finance internationale (IIF), le lobby bancaire mondial, dont le patron Charles Dallara a rencontré le Premier ministre grec et le ministre des Finances pour tenter de boucler les tractations et éviter ainsi un défaut de paiement du pays en mars.
Mais alors qu'une nouvelle réunion est prévue vendredi, un haut responsable grec s'est voulu rassurant: «les négociations sont totalement sur les rails. Nous mettons à profit l'élan actuel. D'ici à la fin de la semaine prochaine, nous pourrions avoir le schéma financier final pour un accord avec le secteur privé, et d'ici à début février le lancement de l'offre officielle» a-t-il affirmé aux agences internationales.
Le ministre adjoint aux Finances Philippos Sahinidis avait auparavant jeté un froid en indiquant qu'un «soutien plus important» de la zone euro pourrait être «nécessaire» si la participation des créanciers privés à l'opération était insuffisante.
Le quotidien allemand Handelsblatt a attribué jeudi à la directrice générale du Fonds Monétaire International, Christine Lagarde, une déclaration selon laquelle il faudrait augmenter l'aide à Athènes de plusieurs «dizaines de milliards» d'euros.
Un autre test aura lieu vendredi pour l'Italie avec une émission à moyen et long terme, jugée plus révélatrice. «Ne nous emballons pas», a prévenu Ranvir Singh, PDG de la société d'analystes RANsquawk, «la zone euro reste dans une position difficile».
Il n'empêche que l'émission de jeudi est une bonne nouvelle pour le chef du gouvernement italien Mario Monti, qui espérait que la «bonne conduite politique» du pays, qui a adopté en décembre un nouveau plan de rigueur, puisse lui permettre de bénéficier de taux «raisonnables».
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