- Accueil >
- Affaires >
- Dossiers >
- Dette américaine >
- Les marchés européens et asiatiques cèdent à la panique
Les marchés européens et asiatiques cèdent à la panique
Photo: Reuters
En Espagne et en Italie, respectivement quatrième et troisième économies de la zone euro, qui sont dans le collimateur des marchés financiers et des agences de notation, les Bourses étaient également en baisse: Madrid perdait 0,25% et Milan 0,23%. Sur la photo, un opérateur en Bourse, à Milan.
-
Luc OLINGA
Agence France-Presse
PARIS
Après les premiers échanges marqués par une forte volatilité, la panique a rattrapé les investisseurs sur les deux rives de l'Atlantique.
Francfort a fini la séance sur un plongeon de 5,02%, Paris sur une chute de 4,68% tandis que Londres lâchait 3,39%.
Les Bourses de Madrid et de Milan ont terminé sur des baisses respectives de 2,44% et 2,43%, relativement épargnées grâce à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'acheter des obligations espagnoles et italiennes, dans le collimateur des marchés financiers ces derniers temps.
«Les investisseurs ont de plus en plus l'impression que l'on va au-delà de la crise financière, vers un risque systémique, et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marchés», a résumé Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, parlant d'un «scénario de découragement».
À Wall Street, vers 12H40, le Dow Jones perdait 2,96% et le Nasdaq 3,97%.
On restait toutefois loin d'un krach comparable à celui qui avait suivi la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008.
À Moscou, l'indice RST s'est effondré de près de 8% en clôture. Athènes a terminé la séance sur un plongeon de 6%.
En Asie, la Bourse de Tokyo a perdu 2,9%, Shanghai 3,79%, Sydney 2,9%, Séoul 3,82%, Hong Kong 2,11%. La Bourse de Bombay, elle, est retombée à son plus bas depuis 2010 (-3%).
L'euro a cédé du terrain lundi face au dollar à 1,4192 dollar (vers 16H40 GMT) contre 1,4281 dollar vendredi à 21H00 GMT.
«La dégradation de la note américaine réveille les pires scénarios sur l'économie mondiale», avance Eric Edelfelt, gestionnaire d'actions chez Meeschaert Gestion Privée à Paris. «On peut tout imaginer: une dégradation des notes de pays de la zone euro».
Signe d'une grande nervosité, les actifs qui font office de valeur-refuge restaient pris d'assaut, comme l'or, dont l'once a dépassé 1700 dollars américains pour la première fois lundi.
L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a brisé vendredi un tabou, en retirant aux Etats-Unis, première puissance économique mondiale, la prestigieuse note «AAA», attribuée aux emprunteurs les plus fiables.
Cette décision a créé une onde de choc au sein de la communauté financière même si les deux autres grandes agences, Moody's et Fitch, n'ont pas franchi le pas, la première jugeant «prématuré» un éventuel abaissement tandis que la seconde estime qu'il faut encore y réfléchir.
Pressés d'apporter une réponse concertée à la crise de la dette en zone euro, qui menace d'emporter de grands pays comme l'Italie et l'Espagne, et aux nouveaux signes d'essoufflement de l'économie américaine, les dirigeants des pays les plus riches de la planète n'ont pas ménagé leurs efforts.
Le président américain Barack Obama devait s'exprimer sur la crise à 17H00 GMT. Se voulant rassurant, son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a pris les devants, affirmant que les gouvernements et banques centrales avaient «largement de la marge» pour répondre à la crise.
Lundi, peu avant l'ouverture des places européennes, ce sont les pays du G20 qui se sont dits prêts à agir de concert pour stabiliser les marchés financiers et protéger la croissance, dans un communiqué.
Et d'assurer qu'«aucun changement dans les fondamentaux ne justifie les tensions financières subies récemment par l'Italie et l'Espagne».
Un peu plus tôt, les dirigeants et les banquiers centraux des sept pays les plus riches de la planète (G7) ont resserré les rangs en annonçant qu'ils allaient coopérer pour contrer des mouvements de change excessifs.
La Banque centrale européenne (BCE) a tenté de jouer les pompiers en annonçant dès dimanche qu'elle allait racheter de la dette publique sur le marché secondaire ou de gré à gré.
Selon le ministre français de l'Economie, François Baroin, la BCE est prête à racheter de la dette espagnole et italienne, «si d'aventure il doit y avoir des investisseurs qui se retirent».
Conséquence: les taux auxquels Rome et Madrid empruntent sur les marchés de la dette, qui s'étaient envolés ces derniers jours au risque d'étouffer les deux pays déjà étranglés par une dette colossale, sont redescendus. Les taux espagnols et italiens à dix ans sont repassés sous les 6%.
Economistes et analystes estiment que l'Italie est un trop grand pays pour être renfloué par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), comme c'est le cas de la Grèce. En cas de défaut de paiement, Rome et Madrid pourraient faire imploser la zone euro, affirment-ils. D'où les appels du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn à «réévaluer» le montant de ce fonds.
Mais l'Allemagne et la France, les deux piliers de l'Union monétaire européenne, divergent sur ce point.
Alors que Paris, par la voix de son ministre de l'Economie, a estimé que «s'il fallait aller plus loin, nous irions plus loin», Berlin a tout simplement opposé lundi une fin de non recevoir arguant que le FESF devait rester tel quel.
Créé en 2010 pour venir en aide à l'Irlande puis au Portugal, le FESF est doté de 750 milliards d'euros, avec une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros, jugée insuffisante pour sauver un pays comme l'Italie.
«La décision de la BCE n'est pas une arme fatale (...) avec un impact de la dégradation de la note des Etats-Unis difficile à évaluer», a prévenu Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank.
Â
Partager |
|
Tweet |
|
La Presse Affaires vous suggère
Décote de la dette américaine: le monde retient son souffle
Les investisseurs retiendront leur souffle lundi matin alors que les grandes Bourses ouvriront pour la première fois depuis la dégradation de la... »
Le choc du lendemain
Dans le dessin animé Road Runner, le coyote ne peut jamais prévoir le nombre de bosses qui lui pousseront sur la tête ou encore les étoiles... »
Nouveaux signes de ralentissement mondial
Les principales économies mondiales montrent de nouveaux signes de ralentissement, a averti lundi l'Organisation de coopération et de développement... »
Les dernières munitions de la Fed
Les intervenants sur les marchés boursiers et obligataires spéculent depuis plusieurs jours sur l'annonce mardi par la Réserve fédérale américaine... »
Décote américaine: la Chine est furieuse, le Canada reste confiant
La décote américaine n'a pas tardé à faire réagir les grandes puissances mondiales ce week-end. Si la plupart des États semblent garder confiance en... »
Dette: qui sont les champions du «AAA»?
Treize pays dont onze européens conservent la meilleure note, un triple «A», auprès des trois grandes agences de notation depuis l'abaissement par... »
Les Bourses paniquent, sourdes aux appels au calme
Premier concerné, le président Obama a tenu un discours volontariste depuis la Maison-Blanche, défendant le statut des États-Unis et assurant que... »
Le pétrole lâche 6% à New York, au plus bas depuis novembre
Les prix du pétrole ont chuté de plus de 6% lundi à New York, à leurs plus bas niveaux depuis novembre, dans un marché où l'abaissement de la note de... »
Record: l'once d'or s'installe autour de 1700 $ US
Le prix de l'or s'est installé lundi autour du seuil de 1700$ pour la première fois de son histoire, porté toujours plus haut par une ruée des... »
publicité
publicité
publicité
publicité
