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Dette: le Canada a déjà perdu sa note «AAA»
Agence France-Presse
Washington, DC
Rares sont les pays qui ont réussi à grimper vers cet échelon.
Mais les États-Unis ont un exemple tout près de chez eux: le Canada, qui avait perdu en 1992 son «AAA» sur sa dette libellée en monnaie étrangère chez Standard and Poor's, l'a regagné en 2002. Sa dette en dollars canadiens a en revanche toujours été notée «AAA» depuis qu'elle existe, soit depuis 1992.
Entre-temps, le pays a rééquilibré son budget fédéral de l'équivalent de plus de 8% du PIB selon l'OCDE, via une succession de règles limitant le montant des dépenses autorisées à Ottawa et une vaste réflexion sur le modèle économique et le projet de société du pays.
Ces objectifs et les mesures pour y parvenir faisaient l'objet d'un consensus national difficile à imaginer aujourd'hui aux États-Unis.
Dans la même veine, trois pays scandinaves connus aussi pour leur aptitude au consensus politique ont vu leurs efforts de redressement des finances publiques couronnés par le retour d'un «triple A» perdu les années 1990: le Danemark en 2001, la Finlande en 2002 et la Suède en 2004.
L'Australie est un modèle peut-être plus difficile à imiter. Ce pays a perdu en 1986 le «AAA» attribuée à sa note en monnaie étrangère par S&P, pour ne le retrouver qu'en 2003. Pendant ces 17 ans, Canberra a fait preuve d'une discipline budgétaire inflexible, arrêtant à partir de 1997 d'augmenter le montant de sa dette en dollars.
La croissance a bondi avec la transformation de l'économie, une modernisation du système financier, une dérégulation de nombreux secteurs qui avaient perdu leur compétitivité et le développement d'une puissante industrie minière qui a profité du décollage économique de la Chine.
Plus récemment, trois pays européens ont réussi à se hisser vers une note «triple A», mais sans s'y maintenir. Ils avaient pour point commun une bulle spéculative dans l'immobilier qui a gonflé leurs recettes fiscales: l'Irlande de 2001 à 2009, l'Islande de 2005 à 2008, et l'Espagne de 2003 à 2010.
Dans deux cas, les notes sont lourdement retombées. L'Irlande («BBB+» chez S&P) n'est plus capable d'emprunter sur les marchés de la dette depuis fin 2010, tout comme l'Islande («BBB-») le fut pendant trois ans, entre 2008 et 2011.
Quant à l'Espagne, malgré une note encore bonne («AA»), elle emprunte aujourd'hui avec les taux d'intérêt les plus élevés qu'elle ait jamais connus depuis la création de la zone euro.
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