Le Domaine Les Brome prend volume et notoriété

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Défi croissance

Défi croissance

Consultez notre dossier Défi Croissance. »

«Désormais il faut dire: le Québec dans notre... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

Agrandir

Photo Ivanoh Demers, La Presse

«Désormais il faut dire: le Québec dans notre assiette... et dans nos verres aussi», souligne Léon Courville, ancien président de la Banque Nationale devenu viticulteur.

(Montréal) Dix ans après avoir lancé son vignoble, l'ex-banquier Léon Courville peut lever son verre: le Domaine Les Brome est en voie de tripler sa capacité de production.

«D'ici trois ans, nous aurons 80 000 bouteilles à vendre!» lance l'économiste de 64 ans, qui a été professeur d'université et président à la Banque Nationale.

Tout est en place pour y arriver, ajoute-t-il.

L'entreprise possède, en effet, un laboratoire biochimique, des cuves thermorégulées, des équipements de traitement de moût par gravité, bref, tout le nec plus ultra pour fabriquer de bons vins.

Pour établir son vignoble, campé sur un magnifique terrain de 50 acres entre une colline et le lac Brome, M. Courville a investi plus de 3 millions. «Sans compter la terre», précise-t-il.

Du vin au Québec

Son objectif est de faire des vins de qualité avec des cépages qui ne sont pas «nobles», comme le Baco noir, le Vidal et le Maréchal Foch.

«Je ne fais pas un vin du Québec, dit-il. Je fais un vin au Québec et je veux le mesurer aux vins internationaux.»

Déjà, de grands connaisseurs ont reconnu les mérites de certains produits du Domaine Les Brome.

En décembre dernier, mon collègue Jacques Benoit s'est étonné, devant le Vidal Réserve 2006, que le Québec puisse produire des vins de ce niveau.

De plus, le mois dernier, dans nos pages, François Chartier a souligné que ce vignoble faisait partie des domaines qui s'étaient donné les moyens de prouver à la face du monde qu'il était possible de créer de très bons, voire d'excellents vins au Québec.

Le Vidal 2007, un blanc sec «au charme indéniable», et le Cuvée Julien 2007, un rouge «engageant au possible», font d'ailleurs partie de ses coups de coeur offerts à la SAQ.

L'an dernier, M. Chartier avait indiqué que le Vidal Réserve 2005 était «assurément l'un des plus dignes représentants de ce qui se fait de mieux en blanc sec au Québec».

Léon Courville sait à quel point la notoriété de son vignoble et de ses vins est importante.

«Il y a encore des préjugés face aux producteurs québécois, constate-t-il. La situation s'améliore, mais il y a une grosse côte à monter. Il faut en arriver à ce que notre notoriété permette aux gens de goûter objectivement.»

Il souhaite que les amateurs servent de plus en plus son vin dans de grandes réceptions, et dans les dîners entre amis, comme si c'était un vin français ou italien.

«J'aimerais bien que l'on boive mon «étiquette» un jour», dit le propriétaire, en souriant.

Réseau de vente

Pour le moment, la moitié des ventes se font à la boutique du vignoble.

De nombreux amateurs profitent aussi d'un service personnalisé.

Pour apporter une valeur ajoutée à ses clients fidèles, l'entreprise pourrait créer un club de vin l'an prochain. Les consommateurs auraient ainsi un accès privilégié aux produits tout en profitant de rabais.

Par ailleurs, 30% des revenus proviennent des restaurants, notamment de Montréal et de l'Estrie.

Mais dès l'an prochain, le vignoble a l'intention d'augmenter ses ventes dans différentes régions, particulièrement dans la ville de Québec.

«Nous sommes un peu présents dans des restos de la capitale, mais nous allons amorcer une offensive plus systématique. C'est d'autant plus important que Québec est reconnu pour son industrie touristique, sa culture et sa gastronomie.»

Le Domaine Les Brome veut aussi prendre sa place auprès des organismes publics, comme les mairies, les ministères et les délégations.

«On a commencé à le faire pour des réunions de la Ville de Montréal, mais il faut aller plus loin, explique-t-il. Il faut que les vins produits au Québec soient plus souvent servis dans les réceptions de nos ministres et de nos diplomates. Pourquoi ce n'est pas ainsi? Désormais il faut dire: le Québec dans notre assiette... et dans nos verres aussi!»

Sans compter, remarque-t-il, que la Société des alcools du Québec (SAQ) n'est pas un milieu hospitalier pour les producteurs d'ici.

«C'est un monopole programmé pour les grands volumes, dit-il. Ses politiques rigides désavantagent notre industrie. La SAQ devrait plutôt favoriser son émergence comme on le fait en Ontario, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse.»

Une petite partie des produits du Domaine Les Brome sont quand même offerts dans le réseau de la société d'État. Mais Léon Courville espère y vendre plus dans les prochaines années.

L'ENTREPRISE

Le Domaine Les Brome produit du raisin, fabrique du vin et fait de la vente et du marketing. Fondé il y a dix ans, ce vignoble des Cantons-de-l'Est compte cinq employés permanents et dix employés saisonniers. Il offre 13 vins (blancs, rouges et de glace).

DÉFIS

Améliorer la qualité de certains vins et faire grandir la notoriété du vignoble.

STRATÉGIES

Investir dans des équipements de production, miser sur le contrôle de la qualité, mettre au point des stratégies marketing et étendre le réseau de vente.

 

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer